Au terme de cette célébration, je voudrais vous faire part de quelques réflexions en espérant vous les faire partager.

 

Tout d’abord pour vous dire combien je suis heureux que nous ayons pu nous retrouver ce soir à Saint-Leu-Saint-Gilles. Vous savez que cette église est l’église capitulaire de l’Ordre. Je souhaite qu’elle le soit de plus en plus après un sommeil un peu long.

Encore fallait-il que le curé de la paroisse accepte notre présence ce soir. De ce point de vue, je voudrais remercier très chaleureusement le père Nicolas, qui, non seulement a donné son plein accord à notre projet, mais a mis à notre disposition tous les moyens dont il disposait.

Encore fallait-il également que l’aspect spirituel de cette veillée soit assuré. J’ai en mémoire la veillée qui s’était déroulée l’an dernier, pratiquement jour pour jour, à Saint-Louis-des-Français pour les adoubements de 2013. Cette veillée que vous aviez présidée, Mgr Franco, avait été, de l’avis de tous ceux qui y ont assisté, l’occasion de nous faire partager votre foi et votre espérance dans l’avenir. Cette année encore, Excellence, vous avez accepté d’être parmi nous et croyez que nous vous en sommes vivement reconnaissants.

 

Puisque l’occasion m’en est donnée, je voudrais vous dire, très brièvement, ce qu’est pour moi l’Ordre.

Tout d’abord ce n’est pas une institution française, quoique puissent en penser certains, marqués par un relent de gallicanisme. C’est une institution romaine, pourrait-on dire, et je suis d’autant plus sensible à la présence ici ce soir des représentants du Grand Magistère, qu’ils soient français ou étrangers.

Mais l’Ordre n’est pas seulement romain. Il est le rassemblement de lieutenances chacune installée dans son pays respectif et qui œuvrent pour le bien de l’ensemble, et je me réjouis que, pour la veillée de ce soir comme pour la cérémonie de demain, nos amis de différents pays aient souhaité être parmi nous pour prier ensemble.

Enfin l’Ordre a un objectif : servir les chrétiens de Terre sainte. Mais je voudrais dire qu’en la matière, tout n’est pas réductible à l’aspect financier des choses : certes l’aide matérielle est nécessaire, elle est même indispensable, mais elle n’est pas réductrice de tout.

L’amour aussi est essentiel et de ce point de vue, comment ne pas être ému par le fait que — je crois pour la première fois —, ces cérémonies vont se dérouler en la présence du vicaire du Patriarcat latin de Jérusalem, Mgr William Shomali. C’est un geste de reconnaissance et l’amitié auquel nous sommes particulièrement sensibles.

 

Mes remerciements vont évidemment à tous ceux qui ont fait que cette veillée soit ce qu’elle a été. Je citerai les chevaliers qui ont organisé les choses, les servants d’autel, les chantres, l’organiste et vous tous, car une assemblée, c’est également tout le peuple qui y participe. Merci à tous.

 

Il ne vous étonnera pas, Excellence, que je dise un petit mot sur ce qui fait l’originalité de la lieutenance pour la France : l’existence d’écuyers et de demoiselles. Je n’insisterai pas sur ce sujet que — vous vous en souvenez sans doute — j’ai évoqué lors de la réunion des lieutenants européens au printemps dernier. Les écuyers sont une initiative française que parfois certaines lieutenances amies observent avec intérêt. Nous souhaiterions que ce mouvement fasse l’objet d’une attention toute particulière au moment où les statuts de l’Ordre sont réexaminés. Ce mouvement doit être examiné à l’aune de ce qu’il faudra faire dans les années à venir.

 

Puisque je parle d’avenir, je voudrais maintenant me tourner vers ceux et celles qui seront investis dans l’Ordre.

Nous nous sommes retrouvés au moment de votre retraite et, à cette occasion, je voudrais remercier le maître des impétrants et ceux qui l’ont aidé ainsi que l’aumônier qui les a guidés. J’aimerais aussi que nous ayons tous une intention particulière pour Laurent Villemin qui, depuis l’Inde, pense à nous comme nous pensons à lui.

Chers amis, vous vous êtes préparés, pour certains, depuis plusieurs années. Demain, vous allez vous engager, mais pas seulement par des mots. Demain, comme saint Jean-Paul II le 22 août 1997, vous allez fouler le sol de la cathédrale d’Évry, dernière cathédrale construite en France, témoignage d’une époque, comme toutes les cathédrales l’ont été en leur temps, dans un contexte bien précis.

J’en termine maintenant. Il n’est pas dans mon intention de vous donner des conseils. Puis-je simplement vous faire une suggestion ? Demain à Évry, vous serez accueillis par l’évêque du lieu, Mgr Dubost. Il a écrit un livre, Les Voyageurs de l’espérance, qui est une méditation sur la première épître de Pierre. Vous n’aurez pas à aller bien loin pour lire, en page 13, ce qui peut paraître comme un conseil encore plus valable pour un chevalier : ne croyez pas faire partie de l’équipe gagnante. La deuxième remarque en forme de conseil est un peu en lien avec la première : « Refusez la tentation zélote qui est d’imposer le royaume de Dieu, refusez la tentation illuministe qui est de vivre dans le monde sans y participer, de se replier sur le religieux, sur le secret et parfois sur le sectaire ».

Bon vent dans l’Ordre !

 

Pierre Murret-Labarthe.
Saint-Leu-Saint-Gilles, 5 septembre 2014.

Connexion

Si vous êtes inscrit, la connexion vous donne accès à certaines informations privées.

Inscription

Si vous n’êtes pas encore inscrit, demandez à l’être :

Inscription

Calendrier

Octobre 2018
D L Ma Me J V S
30 1 2 3 4 5 6
7 8 9 10 11 12 13
14 15 16 17 18 19 20
21 22 23 24 25 26 27
28 29 30 31 1 2 3