J’étais malade, et vous m’avez visité.

Mt XXV, 36.

En Palestine, la situation économique, sociale et politique est difficile, particulièrement pour les chrétiens, minorité dont la proportion se réduit d’année en année. À la déficience des infrastructures, aux obstacles à la circulation s’est ajouté le manque pratiquement complet de pèlerins et de touristes à la suite de la Deuxième Intifada (2000 – 2005). Cela a fait fermer nombre d’entreprises, a provoqué un chômage pouvant atteindre jusqu’à 60 % de la population active dans certaines régions et a contribué à la pauvreté économique, à l’impossibilité de continuer à payer un loyer, de la nourriture et de l’eau, des services et d’autres produits de première nécessité, surtout quand survient le besoin de soins médicaux. Dans ces circonstances, beaucoup de chrétiens sont tentés par l’exil. Les jeunes en particulier, bien éduqués mais incapables de subvenir aux besoins d’une famille faute de travail, émigrent chaque année en grand nombre vers l’Occident (Europe, Amérique ou Australie).

Coordination des organisations humanitaires catholiques

L’Ordre a été la première organisation catholique en Terre sainte à intervenir. Afin de les conforter sur leur terre malgré les difficultés, le Grand Magistère a assumé en mai 2001 la distribution d’une aide humanitaire afin d’aider les familles chrétiennes en grande difficulté et de leur garantir notamment une aide médicale, l’approvisionnement en eau et en électricité.

Dès que d’autres institutions chrétiennes se sont également organisées pour assurer l’aide humanitaire aux communautés et aux familles dans le besoin, une commission a été créée pour coordonner leurs efforts sous la direction du président du Secrétariat de solidarité de la délégation apostolique de Jérusalem. Les participants comprennent les représentants du Patriarcat, de Caritas Jérusalem, de la Mission pontificale, etc. Le devoir de cette Commission est d’identifier les besoins les plus urgents du moment et de définir les priorités en ce qui concerne l’assistance donnée à travers les organisations humanitaires et les paroisses du Patriarcat, qui sont d’efficaces conseillers pour combler les besoins des familles.

Les demandes sont directement soumises à la Commission pour la Terre sainte du Grand Magistère par 14 organismes catholiques en lien mensuel avec le Patriarcat, pour une décision généralement prise sous 24 heures. La Commission reçoit aussi de nombreuses demandes d’autres agences et même de particuliers. Les subventions personnalisées transitent normalement par le Secrétariat de solidarité, mais pour certains besoins urgents en matière médicale et de création d’emploi, un crédit est aussi ouvert dans les comptes du Patriarcat, moyennant un comptabilité  rigoureuse de son emploi.

Aide humanitaire de l’Ordre

L’Ordre a ainsi distribué plusieurs millions de dollars pour couvrir les besoins principaux des familles, pour créer des postes de travail, même temporaires ; cela permet aux chômeurs de gagner un salaire, plutôt que de les assister au moyen d’aides financières qui humilieraient les personnes les recevant ou les habitueraient à compter sur ces aides. Tout comme les médicaments gratuits, soins hospitaliers et prises en charge d’opérations chirurgicales, tout cela permet aux familles chrétiennes en difficulté de survivre à des situations dramatiques plutôt que d’être forcées de quitter leur terre d’origine.

Fourniture de médicaments

Avec la coopération du Patriarcat, de la lieutenance d’Allemagne et de M. Michael Wirtz, chevalier, président de la section d’Aix-la-Chapelle et PDG de la société pharmaceutique allemande Grünenthal, un nouveau fonds a été créé en vue de distribuer des médicaments à travers huit pharmacies de Ramallah, Beit-Sahour, Jéricho, Bethléem, Beit-Jala et Jérusalem. Plusieurs centres (le Patriarcat, les Caritas de Bethléem et de Jérusalem, les Sœurs de la Charité, les Sœurs de Saint-Joseph à Bethléem et les différentes paroisses) sont autorisés à donner aux patients pauvres un formulaire qui leur permet de se rendre dans l’une des pharmacies susmentionnées et ainsi d’obtenir des médicaments gratuits. Les médicaments sont donnés pour un mois, renouvelable aussi longtemps qu’il est nécessaire. Si le médicament prescrit sur l’ordonnance est cher, on suggère au patient d’aller dans une compagnie d’assurance. Les pharmacies qui participent à ce programme s’attendent à recevoir un prix minimal. Plusieurs milliers de patients ont profité de ce programme.

Aide aux opérations chirurgicales et à l’hospitalisation

Des centaines de vies humaines ont été sauvées grâce à l’aide de l’Ordre, dont les fonds ont couvert les frais hospitaliers pour des patients indigents. Voici quelques exemples qui pourront aider à apprécier ce qui a été fait.

  • Nathiriah, une femme de 60 ans de Beit-Sahour, a subi une opération douloureuse : on lui a enlevé un kyste au cerveau. Elle était incapable de marcher et avait des troubles cognitifs tels que perte de mémoire à court terme et faible capacité de concentration. Elle a donc reçu des soins de réhabilitation à la Société arabe de réhabilitation de Bethléem. Elle a été aidée car elle est veuve et ses deux enfants sont sans emploi.
  • Georges est un homme de 42 ans de Bethléem. Il a souffert de problèmes aux yeux depuis 2001. Il a été soigné à la Société arabe de Bethléem. Après plusieurs séries de traitements et divers examens, un cancer a été décelé et a été traité à Saint-Pétersbourg, en Russie, avec l’aide de l’Ordre.
  • Faris était un nouveau-né prématuré d’environ 792 grammes, né d’une affectueuse famille de Bethléem. Il resta dans une des couveuses de l’hôpital des familles de Bethléem pendant 90 jours. Maintenant il va bien.
  • Anton, un jeune garçon de 10 ans, est l’un des quatre enfants d’une famille de Ramallah. On lui a diagnostiqué une leucémie après un examen de la moëlle osseuse et il a dû subir une chimiothérapie intensive. Le traitement a coûté 4 000 dollars.
  • Elias est un homme de 68 ans atteint d’un cancer du poumon. Il vit à Beit-Sahour avec sa femme et ses deux filles étudiantes. Son opération a eu lieu à l’Hôpital charitable islamique de Makassed à Jérusalem. Il a eu besoin de radiothérapie et de chimiothérapie, effectuées à l’Hôpital italien de Haïfa. Accompagné de sa femme et de sa fille, ils ont tous été hébergés à l’hospice Saint-Charles à Haïfa pendant toute la durée du traitement.
  • Saideh est une ravissante jeune fille de Bethléem appartenant à une pieuse famille orthodoxe syrienne. Elle a subi avec succès une transplantation du rein, en Égypte, qui coûta 27 065 dollars. Son père, un professeur, fut assisté par une autre agence, mais il restait un solde de 11 000 dollars ; l’Ordre paya cette somme.
  • Karimeh a 45 ans et vit dans le village de la rive occidentale de Beit-Jala avec son mari et leurs 4 enfants. Elle combattait un cancer de la thyroïde depuis 1992 quand elle dut subir, en même temps, un traitement chirurgical et de la chimiothérapie. Karimeh était physiquement très faible et avait besoin d’examens réguliers et de soins à long terme. Son médecin lui a recommandé un unique traitement radioactif à l’iode au lieu de soins continus à la thyroxine. Son mari travaille dans une petite usine du village, où il touche un salaire inférieur à 225 dollars par mois. Ce maigre revenu est tout à fait insuffisant pour une famille de six personnes. L’Ordre finança le traitement de Karimeh.
  • Mishleen a 39 ans, a trois enfants, et vit à Bethléem. Depuis le début de l’Intifada, elle a travaillé en dehors de la maison comme professeur afin d’arrondir les fins de mois, progressivement en baisse, de son mari, Rubi. Autrefois très occupé, il a trouvé un petit travail à Bethléem comme chauffeur de taxi. La famille vit dans un petit deux-pièces. En plus des frais de son propre ménage, Rubi a à sa charge ses parents âgés et malades, qui requièrent des soins à plein temps et un suivi médical régulier. Ces restrictions économiques ont été accentuées par la découverte d’une tumeur cérébrale étendue au cerveau de Mishleen. Il y a un an, elle eut des crises de convulsion qui ont été contrôlées avec succès par les médicaments. Cependant, sa condition a nécessité une anesthésie totale et un respirateur artificiel. On lui a recommandé de subir une opération chirurgicale. Le coût de cette opération a été de 9 250 dollars. Une bonne partie a été couverte par l’Ordre.
  • Riccardo vit à Bethléem. Il a 47 ans, est marié et père de deux enfants en âge scolaire. Riccardo est le seul gagne-pain de sa famille. Avant l’Intifada, il travaillait comme ouvrier à la journée à Jérusalem, mais est resté au chômage plus de deux ans, à la suite de la fermeture de Bethléem. Riccardo souffrait d’un cancer de la vessie, dont il a été soigné pendant deux ans. Les tests effectués ont révélé que la tumeur était en train de se propager vers les reins et les médecins ont recommandé une opération chirurgicale le plus tôt possible. Le coût total de 2 676 dollars, à l’hôpital Saint-Joseph de Jérusalem, a été pris en charge par l’Ordre.
  • Issa est retourné en 1990 à Bir-Zeit, en Palestine, après la guerre du Golf. Il a perdu toutes ses propriétés en raison des conditions précaires et a décidé de rentrer chez lui et de recommencer à zéro. Mais depuis l’an 2000, il est sans travail. La femme d’Issa a eu quatre enfants. Deux d’entre eux sont morts d’anémie, Juana mourut à 14 ans et Christina quand elle avait 8 ans. Les deux étaient nés avec des problèmes sanguins. Leur troisième fille, Jiana, une adorable fillette de 12 ans, a été hospitalisée pour les mêmes problèmes. Elle a eu un besoin urgent d’injections pour avoir la vie sauve. Ces injections l’ont aidée à reconstruire de solides défenses immunitaires. Le père ne pouvait pas se permettre de payer ces injections coûteuses, dont le prix était de 341 dollars chacune.
  • Nicolas, de Beit-Jala, a 9 ans aujourd’hui et est le seul garçon parmi six sœurs. Il y a cinq ans, il était élève au jardin d’enfants du Patriarcat quand il fut atteint à la main par une balle et subit une opération de sept heures pour sauver sa main. Après plusieurs jours, il fut atteint de gangrène et il fallut donc l’amputer de cette main. La vie ne sera plus la même pour ce petit garçon. Il a été aidé par la lieutenance d’Allemagne, qui lui paya une main artificielle et envoie des dons réguliers à sa famille.

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