Accueil de réfugiés

J’étais un étranger, et vous mavez accueilli.

Mt XXV, 35.

Aimez donc l’immigré, car au pays d’Égypte, vous étiez des immigrés.

Dt X, 19.

En vue du jubilé de la miséricorde, je lance un appel aux paroisses, aux communautés religieuses, aux monastères et aux sanctuaires de toute l’Europe à manifester laspect concret de lÉvangile et accueillir une famille de réfugiés. Un geste concret pour préparer lannée sainte de la miséricorde. Que chaque paroisse, chaque communauté religieuse, chaque monastère, chaque sanctuaire d’Europe accueille une famille.

Pape François.
Angélus du 6 septembre 2015.

Nous avons tous des informations quotidiennes sur le problème des migrants, et plus particulièrement sur la tragédie qui frappe les chrétiens d’Orient. Cette situation dramatique amène en Europe des réfugiés qu’il s’agit d’accueillir : acheminement dans les villes daccueil, logement, repas, démarches administratives, apprentissage du français, scolarisation, insertion, etc. La France a accepté d’en accueillir 30 572, dont 600 seulement sont effectivement arrivés.

La Lieutenance de France est sensibilisée de longue date à l’extension de notre solidarité à l’ensemble de ce que le Cardinal Grand Maître appelle les « territoires bibliques » dans une lettre du 14 septembre 2015 à tous les lieutenants européens. Elle participe depuis sa création, le 29 octobre 2014, au Comité catholique d’accueil des réfugiés chrétiens d’Orient (CCARCO), qui a pour vocation de soutenir l’accompagnement humain et social des réfugiés et des demandeurs d’asile irakiens et syriens. Le CCARCO est présidé par le vicaire général de l’Ordinariat des catholiques des Églises orientales résidant en France et son secrétariat est assuré par l’Œuvre d’Orient avec deux employées.

Références

Besoins

Plusieurs cas relayés par le secrétariat du CCARCO ont pu trouver une aide de membres de l’Ordre à la suite de sollicitations ciblées. Inversement, des particuliers et des paroisses souhaitent répondre généreusement à l’appel du pape François en mettant à disposition des hébergements ou en offrant leur aide.

Merci aussi de nous faire connaître vos possibilités, où et dans quel domaine. Nous en dressons un tableau récapitulatif et en assurons la remontée et le suivi. En particulier :

  • les dons en numéraire qui nous sont envoyés à l’ordre du « Saint-Sépulcre-France-réfugiés » sont reversés aux œuvres les mieux à même de répondre aux besoins réels du moment ;
  • pour l’apprentissage du français, le Secours catholique, pilote en la matière, recherche :
      • des bénévoles,
      • des locaux adaptés et notamment des laboratoires de langue ;
  • les besoins d’hébergement touchent toute la France, mais :
      • plutôt en ville qu’à la campagne, où sont situées beaucoup des 300 offres recensées au 13 octobre 2015 mais où l’intégration est difficile,
      • plus particulièrement à Paris et en région parisienne, à Calais et à Vintimille.

Cependant, le délai de délivrance de visas pour l’asile aux minorités religieuses, notamment chrétiennes, serait passé de deux mois en août 2014 à dix mois en janvier 2016. et les réfugiés arrivent en France au compte-gouttes :

L’association Bienvenue-⁠Ahlan Wa Sahlan (اهلا و سهلا, « bienvenue » en arabe) a été créée le 18 mars 2015 (Journal officiel du 18 avril 2105 ; SIREN 814 675 195). Son objet est « d’accueillir, en assurant hébergement et accompagnement temporaires, des familles du Moyen-Orient contraintes de quitter leur pays à cause de leurs convictions religieuses ; cet accompagnement concerne notamment les domaines des démarches administratives, de la santé, du logement, de la scolarisation des enfants ; elle anime un réseau de correspondants locaux au plus près des familles et mutualise avec eux les informations, les procédures et les ressources correspondant aux domaines de son action ; l’association agit dans un esprit de diaconie et de solidarité. » Il a été reconnu d’intérêt général par rescrit de la direction générale des finances publiques du 26 juin 2015.

Lire la suite : Association Bienvenue-⁠Ahlan Wa Sahlan dans le Finistère

Le diocèse de Périgueux s’est engagé auprès de la préfecture de la Dordogne dans le cadre d’une cellule de référence d’accueil des réfugiés, animée par Nathalie Geneste, membre du conseil diocésain à la solidarité.

Les démarches administratives nécessitent du savoir-faire et doivent être prises en charge par une ou des personnes averties. Celles tendant à leur obtenir le statut de réfugiés dès leur arrivée sont lancées trois mois auparavant.

Les réfugiés ont besoin à la fois :

  • d’apprendre le français. Le Secours catholique a répondu (partiellement) à la demande de formation complémentaire des réfugiés syriens, qui ont réalisé de bons progrès grâce à deux heures par jour de conversation, l’écoute de disques en français, la lecture de livres trilingues édités au Liban, etc. ;
  • d’accéder à la toile pour communiquer longuement avec leur famille dispersée.

Lire la suite : Accueil de réfugiés syriens et irakiens dans la Dordogne

L’appel du pape François (…) nous concerne tous et nous invite à continuer, voire à accroître nos actions vis-à-vis des réfugiés. (…)

Depuis l’été 2014, près de 150 Irakiens (chrétiens, chassés de chez eux), et des réfugiés syriens ont été accueillis en Alsace. (…)

Jinvite les catholiques dAlsace à bien accueillir cet appel dhumanité et de charité, et à participer, selon leurs moyens, à cette action commune de solidarité.

Mgr Jean-Pierre Grallet, archevêque de Strasbourg.
Prise de position du 8 septembre 2015.

Où et pourquoi les chrétiens sont-ils persécutés, dans le monde ? Que pouvons-nous faire pour les chrétiens d’Orient chassés de chez eux et pour les réfugiés ? Paroisses, communautés, communes, nous sommes tous appelés à aider.

Les Associations familiales catholiques du Bas-Rhin, présidées par notre confrère Jean Paillot, ont organisé une soirée exceptionnelle sur les persécutions et le soutien aux chrétiens d’Orient mercredi 14 octobre 2015 en l’église Sainte-Madeleine de Strasbourg, animée par :

  • Michel Varton, directeur général de l’association Portes ouvertes-France, auteur d’un rapport annuel sur les persécutions anti-chrétiennes dans le monde ;
  • le chanoine Rodolphe Vigneron, délégué diocésain de l’Œuvre d’Orient, coordonnateur de l’accueil de nombreux réfugiés, notamment d’origine irakienne ;
  • Jean-Luc Brachet, coordinateur de l’accueil des chrétiens d’Irak par la communauté de paroisses de Schiltigheim.

Dans une époque où les distances et les frontières s’effacent devant la mondialisation économique et culturelle, notre volonté de solidarité ne peut pas s’enfermer dans le cadre restreint de notre pays. Les événements dramatiques qui frappent les populations du Moyen-Orient ou d’Afrique jettent sur les routes et sur la mer des centaines de milliers de réfugiés, véritables naufragés humains. Quand la Jordanie et le Liban reçoivent des millions de réfugiés, comment notre pays pourrait-il reculer devant la perspective d’accueillir et d’intégrer quelques dizaines de milliers de ces victimes ?

Mais plus largement que l’accueil des réfugiés, nous devons nous interroger sur la manière dont nous traitons des migrants arrivés dans notre pays depuis plusieurs années. Est-il aujourd’hui tolérable que des milliers d’hommes et femmes et d’enfants vivent sur notre territoire dans des conditions trop souvent inhumaines ?

Une volonté d’intégration ne peut se réaliser sans accompagnement des ruptures culturelles. La seule recherche de solutions économiques est vouée à l’échec si rien n’est entrepris pour la promotion culturelle, promotion d’une culture enracinée, qui donne ou redonne le sens d’une vie collective nationale.

2017, année électorale, quelques éléments de réflexion,
déclaration du Conseil permanent de la Conférences des évêques de France, 15 juin 2016, § 5.

Mgr Georges Pontier, archevêque de Marseille, président de la Conférence des évêques de France, a évoqué l’accueil des réfugiés dans ses deux discours d’ouverture et de clôture à l’assemblée plénière d’automne 2015 de la Conférence des évêques de France à Lourdes.

 

Que va-t-il leur arriver si nous ne les accueillons pas ?

(…) Au cours de ces journées de Synode, souvent le visage du drame vécu par les familles frappées par des guerres atroces ou des conditions de vie sans avenir nous a été rappelé par les patriarches des Églises orientales spécialement. Une fois encore, ils nous ont décrit le sort de nos frères chrétiens condamnés à l’exil, à une patience héroïque, à des replis dans des zones voisines plus sûres. Souvent les familles en sont éclatées, pour que l’un parte à la recherche de ressources pour tous. Leur sentiment profond est que ce qui leur arrive ne vient pas surtout d’eux-mêmes, mais bien de facteurs politiques qui les dépassent et dont l’Occident n’est pas exempt de responsabilités graves. Ils nous demandent de faire entendre la voix de leurs peuples auprès de nos gouvernants. À partir d’autres endroits du monde, le cri des hommes a également habité notre aula : de l’Ukraine, toujours en guerre, au Nigeria et au Nord-Cameroun, qui subissent les exactions de Boko Haram, de la Centrafrique au Burkina Faso, de tant d’autres pays encore. Et chaque fois les répercussions destructrices sur les vies de famille étaient mises en valeur.

Ici, en Europe, cette question des réfugiés et des migrants a pris depuis quelques mois une ampleur continentale. La question de la solidarité entre nos pays pour accueillir et accompagner ces frères et sœurs en humanité qui fuient leurs terres natales et viennent chercher chez nous aide et fraternité manifeste au grand jour nos peurs, nos égoïsmes, mais aussi nos générosités et nos prises de conscience. Au cours de notre assemblée, nous prendrons un temps de réflexion sur ce sujet. Nous avons invité le cardinal Montenegro, archevêque d’Agrigente, sur le territoire duquel se trouve l’île de Lampédouse. Il nous partagera ce qu’avec ses diocésains il a observé depuis des années et ce qu’ils font de façon exemplaire et persévérante. Mgr Jaeger et des membres du service national des migrants nous parleront aussi de ce qui se passe à Calais. Au-delà des solutions politiques dont les décisions nous échappent, nous savons l’importance de l’opinion publique, du tissu associatif, de l’engagement de chacun à son niveau. C’est un problème profondément humain que certains malheureusement ne manquent pas d’instrumentaliser en flattant les peurs et les égoïsmes. C’est aussi une question évangélique. Ne rappelle-t-elle pas la parabole du bon samaritain ? Les deux premiers passants se sont posé la question de savoir ce qui allait leur arriver s’ils s’arrêtaient auprès de l’homme tombé aux mains des bandits. Le troisième s’est posé la question inverse : que va-t-il lui arriver si je ne m’arrête pas auprès de lui ? Il m’apparaît que dans les débats de société, la même question morale s’exprime avec clarté. On se demande souvent : que va-t-il nous arriver, à nous et à notre pays, si nous accueillons ceux qui même parfois, pour effrayer davantage, sont qualifiés de horde envahissante ? Tout homme et les chrétiens en particulier, à la suite de Celui qui a dit à la fin de la parabole : « Va et fais de même », sont invités à se poser la véritable question, celle qui s’impose à leur conscience : Que va-t-il leur arriver si nous ne les accueillons pas ? L’histoire de notre pays comme celle de beaucoup sur cette terre enseigne combien les nations se sont faites par des vagues successives de migrants qui ont apporté une fois accueillis la richesse de leurs capacités, de leurs formations, de leur énergie amplifiée par la joie d’avoir enfin trouvé une terre hospitalière qui devient un jour la leur et celle de leur descendance. Notre devoir d’éclairer les consciences en ce domaine est évident et urgent. Voilà bientôt un an au Parlement européen de Strasbourg, le pape François s’exprimait ainsi : « Il est nécessaire d’affronter ensemble la question migratoire. On ne peut tolérer que la mer Méditerranée devienne un grand cimetière ! Dans les barques qui arrivent quotidiennement sur les côtes européennes, il y a des hommes et des femmes qui ont besoin d’accueil et d’aide. L’absence d’un soutien réciproque au sein de l’Union européenne risque d’encourager des solutions particularistes aux problèmes, qui ne tiennent pas compte de la dignité humaine des immigrés, favorisant le travail d’esclave et des tensions sociales continuelles. L’Europe sera en mesure de faire face aux problématiques liées à l’immigration si elle sait proposer avec clarté sa propre identité culturelle et mettre en acte des législations adéquates qui sachent en même temps protéger les droits des citoyens européens et garantir l’accueil des migrants ; si elle sait adopter des politiques justes, courageuses et concrètes qui aident leur pays d’origine dans le développement sociopolitique et dans la résolution des conflits internes — cause principale de ce phénomène — au lieu de politiques d’intérêt qui accroissent et alimentent ces conflits. Il est nécessaire d’agir sur les causes et non seulement sur les effets. » C'est une fois de plus à la responsabilité, à la solidarité que nous sommes appelés, à l’étude objective de ces phénomènes migratoires et à la perception que tous les pays d’Europe n’en sont pas touchés de façon identique, ce qui nécessite une organisation juste, respectueuse des projets des personnes et à la hauteur des défis de ce dramatique exode. (…)

Discours d’ouverture, 3 novembre 2015.

Choisir l’accueil, la fraternité et la confiance

(…) Que dire du long temps de réflexion et de partage sur la situation tragique de tant de migrants ou de réfugiés qui essaient de franchir la Méditerranée pour venir  en Europe ? Le cardinal Montenegro, archevêque d’Agrigente, nous a parlé de l’expérience de l’accueil si enrichissante et si éprouvante qui se vit sur l’ile de Lampédouse et ailleurs depuis des décennies. Il l’a comparée à une forme de long martyre où le croyant est appelé à témoigner de sa foi envers et contre tout par un accueil simple, inconditionnel et inlassable, et cela malgré l’expérience d’une réelle impuissance qui peut conduire au découragement, à la lassitude et à l’abandon. Le pire pour eux serait d’y perdre ainsi leur âme en devenant durs et inhospitaliers. Il nous a parlé de ces moments de bonheur vécus dans ces gestes humains dont les pauvres ont le secret quand ils accueillent des pauvres : un sourire, de la nourriture partagée, un vêtement lavé, une douche proposée, une maison ouverte. Autour de Calais, la même expérience se vit. La présence persévérante et fraternelle de tant et tant de bénévoles est un rayon de bonheur dans ce qui est souvent qualifié  d’enfer.

« Qui nous fera voir le bonheur ? » Sûrement pas les peurs, les rejets, les murs dressés, les replis sur soi. Nous invitons les catholiques et tous les hommes de bonne volonté à choisir l’accueil, la fraternité et la confiance. Nous les invitons à s’engager dans la recherche de projets significatifs et adaptés aux situations. Nous les invitons à faire entendre leur voix auprès des responsables politiques pour que des décisions courageuses, humaines et solidaires soient prises dans notre pays et en Europe. Nous les invitons encore à leur rappeler le nécessaire soutien au développement des pays les plus pauvres comme à la recherche de solutions justes et durables aux nombreux conflits. (…)

Discours de clôture, 8 novembre 2015.

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