À Bordeaux, en 1265, le trépas du bienheureux Simon Stock, prêtre. D’abord ermite en Angleterre, il entra dans lordre des carmes, quil dirigea admirablement. Célèbre par sa dévotion singulière envers la Vierge Marie, il mourut en visitant les couvents de son ordre en France.

Martyrologe romain.

Biographie

Simon Stock naquit dans le comté de Kent vers 1165. Après avoir vécu en ermite, il entra dans l’Ordre du Carmel. Il y joua un rôle important quand celui-ci dut quitter la Terre sainte en 1244 pour échapper aux Sarrasins et vint s’établir en Europe. En 1245, il fut élu prieur général. C’est lui qui fut chargé par le Saint-Siège de faire passer les ermites du mont Carmel au statut d’ordre mendiant comme les dominicains et les franciscains. Les carmes demeurèrent ce qu’ils étaient en Orient : contemplatifs, mais le côté cénobite de leur genre de vie fut accentué. D’autre part, ils se trouvèrent orientés, plus qu’ils ne l’étaient auparavant, vers le ministère des âmes et la prédication. Ils durent aussi se consacrer à l’étude, d’où leur installation dans les villes universitaires (Cambridge, 1247 ; Oxford, 1248). Sous l’influence de Simon, l’Ordre prit par ailleurs une vaste expansion. Ils étaient à Bordeaux autour des années 1264. Simon Stock, outre l’impulsion qu’il donna à son ordre, lui imprima une note mariale accentuée, dont sa vision du scapulaire marqua le sommet. Il mourut à Bordeaux le 16 mai 1265 au cours d’une visite qu’il effectuait des maisons de son ordre en Aquitaine.

Mémoire

Le culte liturgique de Simon Stock apparaît à Bordeaux en 1435, en Irlande et en Angleterre en 1458, dans le reste de l’Ordre en 1564. Sa réputation de sainteté était étendue et à partir de 1423, il y eut de fréquents prélèvements de ses reliques. La primatiale Saint-André de Bordeaux ayant l’insigne honneur de posséder les reliques de Simon Stock, qui est à l’origine de la dévotion du scapulaire, il est bon de suivre à travers les siècles l’histoire de ces précieux ossements.

Le couvent du Carmel de Bordeaux, où le saint mourut, fut morcelé au début de la révolution par deux voies perpendiculaires : la rue Honoré-Tessier et le prolongement de la rue Labirat. Son emplacement est actuellement délimité par le quadrilatère que forment la rue Sainte-Catherine, le cours Victor-Hugo, le cours Pasteur et la rue André-Domecq.

Par esprit de pénitence et d’humilité, Simon Stock avait désigné pour le lieu de sa sépulture le seuil de la chapelle du carmel, près des anciens fossés, en bordure de ce que nous appelons maintenant le cours Victor-Hugo. Dès l’année qui suivit sa mort, l’archevêque de Bordeaux, Pierre de Roncevaux, fit ériger en chapelle la chambre où était mort le saint prieur général des Carmes, et y fit transporter les précieux restes pour qu’on les vénère plus aisément. De nombreux miracles vinrent illustrer ce premier culte, qui fut confirmé par le Saint-Siège.

Commença alors une ample distribution des reliques aux diverses églises de l’ordre carmélitain. Guillaume Costallo, prieur des carmes de Bordeaux, donna en 1423 un bras de Simon Stock aux carmes de Gand, précieuse relique qui, malheureusement, disparut en 1578, sous la fureur des hérétiques, avec d’autres fragments vénérés dans les carmels flamands.

Entre-temps, de France et d’Espagne, des pèlerinages nombreux s’organisèrent au tombeau du saint. On vit arriver à Bordeaux en 1595 un célèbre docteur de Salamanque qui se fit offrir un os d’une jambe pour l’église du convent des Carmes de Salamanque et l’une de ses côtes pour l’église des carmes de Valence. Une autre côte du saint fut envoyée au couvent des carmes d’Orléans. En 1617, les religieuses carmélites du monastère de Paris obtinrent aussi quelques ossements sur l’intervention de M. Marc-Antoine de Gourgues, premier président du parlement de Bordeaux.

Les reliques de Simon Stock étaient alors enfermées dans une châsse en argent et en bois de cyprès, placée sur l’autel de la chapelle des Carmes. Par mesure de prudence, au moment de la Révolution, elles furent retirées de ce reliquaire et cachées dans une caisse en bois ordinaire, placée derrière l’un des autels d’une nef latérale. Malheureusement, la chapelle avait été fermée par l’autorité révolutionnaire et mise sous scellés. Mais veillait et s’inquiétait un religieux de grande valeur, auteur d’un manuel pour la Confrérie du Saint-Scapulaire et d’une vie de Simon Stock, homme d’un grand courage, qui devait mourir sur l’échafaud en haine de la foi, le père Martinien Pannetier, âgé de plus de 70 ans. Il s’entendit avec le père Guillaume Soupre, né à Bordeaux le 25 août 1766, le plus jeune des carmes du couvent ayant fait leur profession. Tous deux décidèrent de s’emparer des reliques au péril de leur vie. Une des fenêtres de la chapelle donnait dans l’ancien dortoir des carmes, où l’on pouvait encore avoir accès. Le père Soupre descendit dans l’église par cette fenêtre, au moyen de draps de lits noués ensemble, prit la caisse précieuse, l’attacha solidement à l’extrémité des draps qui lui servaient d’échelle, remonta au dortoir, attira à lui les reliques vénérées, puis les descendit par une autre fenêtre du dortoir donnant sur la rue Bouhaut (aujourd’hui rue Sainte-Catherine), où le père Martinien reçut le précieux dépôt. Deux laïcs présents mentionnent les bons offices d’un troisième religieux, le frère Daniel, plus tard vicaire à Sainte-Eulalie, sous le nom de l’abbé Dumeau. On s’accorde à dire que la caisse fut remise au 14 de la rue Sainte-Eulalie, actuellement 28 rue Paul-Louis-Lande, où le père Chaminade (aujourd’hui bienheureux) disait habituellement la messe et où le père Martinien venait quelquefois célébrer.

On n’aura jamais trop de reconnaissance et d’admiration pour ce père Guillaume Soupre, qui est le vénéré fondateur des religieuses de la Doctrine chrétienne, et l’on comprend les liens qui unissent cette congrégation au culte de Simon Stock.

Le père Soupre put échapper à la guillotine le 21 juin 1793. Il ne rentra en France qu’à l’époque du Concordat. Il reprit alors possession de son trésor précieux. En 1808, il le confia à la sacristie de la cathédrale Saint-André, où elles restèrent en dépôt de 1808 à 1820, sous la garde de M. Montgardey, sacristain. Entre-temps, il devenait vicaire à Saint-Jean de Libourne (1803), à Saint-Martial en 1806, à Saint-Michel en 1809, curé de Sainte-Croix en 1816. Il devint chanoine honoraire en 1825, chanoine titulaire en 1835, et décéda pieusement le 16 décembre 1853 à Bègles. Il est inhumé au cimetière de la Chartreuse à Bordeaux, où une inscription dans l’angle gauche de la pierre tombale rappelle son souvenir.

Le 7 novembre 1816, M.le chanoine Boyer, vicaire général, président du chapitre, fit reconnaître par Mgr d’Aviau, archevêque de Bordeaux, la caisse conservée dans la sacristie de la primatiale Saint-André, comme étant celle qui contenait les reliques de Simon Stock et qui avait été heureusement soustraite aux perquisitions des révolutionnaires. M. Soupre, curé de Sainte-Croix, vint apporter son témoignage formel. M. le chanoine Boyer rapporta avoir recueilli la même attestation du père Poumicau, religieux de ladite maison des Grands Carmes, et du frère Honoré Minvielle, tous deux vivants lors de la soustraction et tous deux ayant reconnu la caisse, alors scellée aux armes des pères carmes de Bordeaux, ainsi que les reliques qui y étaient contenues. Lorsque M. le chanoine Boyer ouvrit la caisse devant eux, Mgr d’Aviau ordonna alors que les reliques fussent placées dans une châsse convenable, scellée de son sceau et déposée dans le piédestal de la statue de la Sainte Vierge à l’autel de la chapelle de Notre-Dame-du-Mont-Carmel.

Cinq ans après le rétablissement des carmes en France, et la venue des carmes à Bordeaux en 1846, M. le chanoine Dudouble, archiprêtre de la primatiale, remit pour le noviciat au père Louis-de-Gonzague-du-Saint-Sacrement, ancien provincial de l’Ordre, une relique extraite de la châsse. Enfin, le couvent des Carmes de Londres possède un os du tibia de Simon Stock, relique dont la transmission eut lieu le 16 mai 1864 sous la présidence du cardinal archevêque de Westminster.

Ajoutons que le bâton de Simon Stock est pieusement conservé dans l’église Sainte-Eulalie.

La châsse avait été de nouveau ouverte et les ossements reconnus le 17 août 1821 par Mgr d’Aviau, le 20 avril 1843 et le 4 juin 1860 par le cardinal Donnet. Le cardinal Andrieu remit également un fragment de tibia de six à sept centimètres, le 7 juin 1923, au père carme Marie-Armand-de-Saint-Joseph, et Mgr Domecq-Cazaux, protonotaire apostolique, délégué par Son Excellence Mgr Feltin, a remis un fragment analogue du tibia, de quatre à cinq centimètres, au père Baptiste-de-Jésus-Crucifié.

Le 12 septembre 1950, la châsse a été de nouveau ouverte et les ossements reconnus par Mgr l’archevêque de Bordeaux, qui a remis « la boîte crânienne incomplète, à laquelle étaient rattachés quelques os de la face », au révérend père Groeneveld, secrétaire général de la curie généralice des Père carmes de l’Antique Observance, pour le monastère d’Auylesfort en Angleterre, ainsi que le « maxillaire inférieur » pour l’église élevée à New York en l’honneur de Simon Stock. D’après le procès-verbal dressé par le docteur de Miollis, qui assistait à la reconnaissance des reliques avec Mgr Cabiro, vicaire général, le chanoine Le Barazer, doyen du chapitre, et plusieurs chanoines titulaires, sont conservés actuellement dans le reliquaire exposé à la vénération des fidèles dans la primatiale : un os coxal droit, un coxal gauche, l’extrémité supérieure du fémur droit, l’extrémité inférieure du fémur droit, l’extrémité supérieure du fémur gauche, l’extrémité inférieure du fémur gauche.

Les actes des diverses reconnaissances faites par Mgr d’Aviau et ses successeurs sont enfermés dans le reliquaire même, et leur copie certifiée se trouve aux archives du chapitre.

Selon une ancienne tradition, on doit à Simon Stock la seconde partie du Je vous salue Marie, c’est-à-dire « Sainte Marie, mère de Dieu, priez pour nous, pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort… »

Ainsi, par Simon Stock, Bordeaux se trouve étroitement relié à l’histoire de l’ordre du Carmel et au développement du culte de la Vierge.

Abbé Jean-Claude Veissier.
Ancien prieur de la commanderie Saint-Seurin.

Simon Stock est bienheureux selon le Saint-Siège et saint selon l’Ordre du Carmel. Sa fête est célébrée le 16 mai. Le bienheureux Simon Stock est le saint patron de la province de Bordeaux.

Connexion

Si vous êtes inscrit, la connexion vous donne accès à certaines informations privées.

Inscription

Si vous n’êtes pas encore inscrit, demandez à l’être :

Inscription

Calendrier

Décembre 2017
D L Ma Me J V S
26 27 28 29 30 1 2
3 4 5 6 7 8 9
10 11 12 13 14 15 16
17 18 19 20 21 22 23
24 25 26 27 28 29 30
31 1 2 3 4 5 6