1992-2013

Un jour merveilleux de 1979, un jeune cardinal polonais fut élu pape et osa s’écrier du balcon de Saint-Pierre : « N’ayez pas peur ». Or, depuis plusieurs années, sur quoi se porte sa catéchèse ? Sur les psaumes ! Chaque mercredi, il continue à expliquer ceux-ci. Une chorale un peu maigre, sans doute, chante ces psaumes et le Saint-Père les explique en toutes les langues au grand profit de la foule immense qui l’écoute pendant deux heures d’affilée.

Cela doit nous inciter à mieux connaître ces psaumes. Il semble qu’ils aient été réunis par David et qu’un certain nombre d’entre eux aient été composés par lui. Mais beaucoup sont antérieurs et d’autres ultérieurs. Tous comportent un enseignement humain et forment la base de la connaissance divine.

C’est pourquoi notre Lieutenant a suivi le souhait de notre Grand Prieur pour qu’on prenne le chemin de la connaissance des psaumes. Cela à l’occasion de ceux qui se trouvent dans des messes particulièrement significatives.

Michel Bonnet.

Quelques généralités sur les psaumes

Les textes d’hymnes ou de prières sont multitude ; cependant, la liturgie chrétienne continue à utiliser les psaumes : les cent cinquante, dans leur entier, répartis au long de quatre semaines, dans la « liturgie des heures » de l’office monastique, ou sous forme d’extraits, dans la liturgie de la messe, en réponse à la lecture de l’Ancien Testament (première lecture). Pourquoi ?

  • On affirme ainsi que l’Ancienne Alliance fait corps avec l’événement du Christ.
  • Jésus les a priés, les a cités.
  • C’est le livre de l’Ancien Testament le plus fréquemment cité par le Nouveau Testament ; ils sont aussi évoqués dans les récits évangéliques (par exemple le psaume 22 (21) dans le récit de la Passion) ; le Christ est présenté comme « accomplissant » les psaumes (« accomplissant les Écritures » en général).
  • Ce sont des prières qui correspondent à toutes les situations de la vie, surtout aux moments de crise, quand rien ne va plus ; ces situations sont de tous les temps, car l’homme est dans le monde, avec d’autres hommes, amis ou « ennemis », et l’homme croyant vit cela en relation avec Dieu ; on y trouve des reflets de notre existence. Ce qui a frappé, c’est la liberté avec laquelle le psalmiste s’adresse à Dieu ; il Lui dit des choses que l’on n’aurait pas osé dire !
  • Nous pouvons assumer la lecture juive, mais ce qui était attente prend, pour nous, dans l’expérience du Christ ressuscité, une plénitude de sens.
  • Ils nous aident à prier à condition de nous expliquer sur le vocabulaire, qui correspond parfois à une façon de parler de Dieu désormais obsolète ; certains versets « vieillissent » plus ou moins bien dans leur expression ; c’est pourquoi ils sont parfois omis dans la liturgie de la messe, qui concerne tous les fidèles, parce qu’ils ne sont plus adaptés à notre présent religieux.

Le Psautier s’est constitué progressivement au cours de l’histoire d’Israël, par agrégation de petits recueils pour composer le livre de prière du second Temple.

Psaumes vient du grec psalmos, du verbe psallô, qui signifie « faire vibrer la corde d’un instrument de musique ». Le terme hébraïque est « louanges ».

La tradition juive, à l’époque même de Jésus, référait le livre des Psaumes à David (la Sagesse et les Proverbes à Salomon). En 1 Samuel XVI, David joue de la cithare auprès du roi Saül afin de l’apaiser ; en 2 Samuel VI, il danse devant l’arche. Au retour de l’Exil, la tradition lui attribuait l’organisation du chant liturgique (1 Chroniques XV, 16). Les livres d’heures ouvraient le Psautier par une miniature représentant David jouant de la harpe.

Seulement la moitié environ des psaumes porte en suscription « de David » (parfois en précisant les circonstances de sa vie) ; d’autres sont attribués à des lévites (chargés du culte liturgique au Temple). Même si David ne les a pas composés lui-même tels quels, la figure de David et de la royauté est dominante dans ce livre. On peut dire :

  • avant même le Temple, il y avait la louange ;
  • le vrai roi d’Israël est Dieu, et plusieurs psaumes célèbrent sa royauté ; le roi terrestre n’en est que le « lieu-tenant » ; à travers des psaumes qui célèbrent l’intronisation royale s’est fait jour l’espérance messianique d’un roi totalement fidèle à Dieu et victorieux des forces du mal ;
  • le roi est, d’une certaine façon, la figure collective et emblématique du peuple ;
  • David eut une vie particulièrement mouvementée ; il est une figure du croyant aux prises avec les aléas de l’histoire ; il ne fut pas sans péché (dans son aventure avec Bethsabée, il avait enfreint toutes les interdictions de la seconde table du Décalogue), mais il a su se retourner vers son Dieu (cf. Ps LI, Miserere), et, dans ses différentes épreuves, Lui faire confiance.

Les psaumes sont de la poésie hébraïque. Destinés à être mémorisés, ils sont rythmés, et chaque verset présente une respiration en son centre ; ils utilisent des parallélismes dans les images permettant d’approfondir une idée, ou des parallélismes antithétiques, des allitérations, etc. La traduction fait perdre beaucoup de ces finesses poétiques.

Le premier mot qui ouvre le Psautier est « heureux ». « Heureux l’homme qui… » ; c’est un chemin de bonheur qui est proposé en dialogue avec Dieu, mais il y a des mauvaises pistes à éviter.

Dans les psaumes, nous trouvons des louanges, des supplications, et encore des louanges. On a cité Ps VII, 2 : « Seigneur, mon Dieu (rappel de l’alliance), toi, mon abri (louange), on me poursuit (exposé de la situation) ! sauve-moi ! délivre-moi ! (supplication) » C’est un schéma qui se retrouve dans la plupart des psaumes. Il y a des psaumes tout entiers de louanges, mais les supplications s’adressent toujours à quelqu’un que l’on nomme. La prière est toujours sous-tendue par la confiance en la fidélité de Dieu qui veut la vie pour l’homme.

Anne Moreau, Sabine Berthault, Christiane Dupouy-Camet.

 

1. Questions autour de l’eucharistie dans son lien avec le mystère trinitaire
2. D’après l’Écriture, quelle était l’intention de Jésus en instituant l’eucharistie ? Quel est le rapport de l’eucharistie avec le repas pascal juif, d’une part, et la Passion, d’autre part ?
3. La place de l’eucharistie dans la vie chrétienne (personnelle et ecclésiale) ? Variante : la place de l’eucharistie dans la famille des sacrements, notamment par rapport au mariage
4. Le mouvement d’ensemble d’une célébration eucharistique : quelle mention ou quelle action plus particulière du Père, du Fils et de l’Esprit-Saint aux différents moments de la messe ?
5-7. Étudiez de près et comparez plusieurs prières eucharistiques (par exemple, la IIIe, la IVe et l’une ou l’autre des prières pour la réconciliation) : que disent-elles sur Dieu, Père, Fils et Esprit-Saint ?
8. Le culte eucharistique ne se limite pas à la messe. Le congrès eucharistique qui se tiendra à Rome au mois de juin 2000 insistera sûrement sur ce point. Quel est le sens du culte eucharistique au-delà de la célébration eucharistique ?
9. Le mot « communion » est un des plus beaux de la langue chrétienne ; quelles dimensions donnez-vous à la « communion » ? Comment mieux vivre l’eucharistie et mieux vivre de l’eucharistie ?

 

  Chapitres du hors-série de Fêtes et saisons (Cerf)
1. Dieu dans l’Ancien Testament Ier
2. Dieu tout-puissant II
3. Dieu créateur III et IV
4. Un Dieu qui pardonne V
5. Le père de Jésus-Christ VI
6. Quelques passages des évangiles VII
7. « Notre Père » VIII
8. Vivre en fils IX
9. Vivre en frères X

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