Sœur Monika de Jérusalem, témoin de l’unité autour de la personne malade

Pèlerinage de la Lieutenance, 25 octobre 2014

À l’hôpital Saint-Louis de Jérusalem, nous sommes accueillis par sœur Monika Durman, infirmière en chef et responsable de cet établissement ; elle est membre de la congrégation française de Sœurs de Saint-Joseph de l’Apparition, très présente en Terre sainte, à travers des écoles, hôpitaux, maisons de personnes âgées…

Après quelques mots d’un chaleureux accueil, sœur Monika nous présente son établissement et d’abord son histoire : il est fondé en 1887 par un Français, le comte Amédée de Piellat, qui construit le bâtiment et en fait cadeau aux sœurs ; dans la chapelle, on voit d’ailleurs des travaux de fresques qu’il a réalisés lui-même. Situé actuellement dans une zone tampon entre l’Est et l’Ouest de la ville de Jérusalem, cet hôpital a connu une époque difficile, de 1948 à 1967, à cause de la frontière qui passait juste devant cet établissement et sœur Monika nous raconte quelques anecdotes illustrant ces difficultés. Ces petites histoires sont « de véritables histoires de vie, signes de réconciliation et de paix », alors qu’elles pourraient être des drames. La caractéristique de l’hôpital, c’est qu’il accueille sans différences les communautés musulmane, juive et chrétienne pour une offre de soins palliatifs : en ce sens, c’est un lieu unique. Par exemple, il existe ici une cuisine kachère ; un rabbin vient régulièrement et fait d’ailleurs preuve d’une certaine indulgence par rapport à certaines observances. Aidé par un groupe de 25 bénévoles, il y a ici 10 religieuses, dont 7 à la retraite (en Terre sainte, 75 sœurs sur un total de 400 dans le monde). Sœur Monika témoigne devant nous de cette vie en commun où « l’on s’aperçoit que l’autre est comme soi ». L’hôpital accueille des mourants, et c’est bien à ce moment-là que l’on peut comprendre qu’il n’y a plus de différences entre communautés, « puisque la dernière étape de la vie, c’est encore la vie », selon la belle et émouvante formule de sœur Monika. Avec l’énergie qui la caractérise, elle nous dit aussi que c’est la nécessité qui souvent oblige à passer outre aux blocages interreligieux, « parce qu’il y a un dialogue de vie » et que, finalement, « la maladie est un facilitateur ».

Aidé de façon très importante par l’ordre du Saint-Sépulcre : sur un montant annuel d’aides, hors aide du Vatican, de 1,2 million d’euros, l’Ordre contribue à hauteur de 75 % ; l’État d’Israël ayant intégré l’hôpital Saint-Louis au système de santé israélien et l’ayant classé en hôpital gériatrique, il arrête le prix de journée et paie pour les indigents, mais il ne verse aucune subvention pour les bâtiments. Compte tenu d’un important programme de mises aux normes, notre aide est donc essentielle pour la poursuite de cette œuvre hors norme, fondée par un Français.

Jean-Claude Hermet.

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