La retraite nationale annuelle 2011 de la lieutenance de France de l’ordre du Saint-Sépulcre a eu lieu du 1er au 3 avril à Rocamadour. Une centaine de participants (conjoints compris) avait répondu à l’appel autour du Lieutenant, S.E. le général Fleuriot.

La retraite était prêchée par l’abbé Pierre-Édouard de Bruchard. Ce dernier décline le thème de la retraite : « l’Ordre du Saint-Sépulcre, lieu de conversion », en quatre instructions successives.

Sur le modèle de la Visitation

La première, « Sur le modèle de la Visitation », invite à méditer sur l’attitude de Marie rendant visite à sa cousine Élisabeth. Savoir faire le premier pas : lors de la Visitation, c’est la Mère du Seigneur qui fait le premier pas, qui s’avance vers sa cousine. Dans la vie entre confrères également, il faut toujours savoir faire le premier pas, discerner chez notre confrère ce que celui-ci porte en lui, ce qui en lui est présence du Christ. Il y a une rencontre entre confrères dans la foi. Nous appartenons à un ordre, d’une certaine manière comme les jésuites ou les dominicains ; notre engagement est semblable dans sa spiritualité à celui d’un tiers-ordre. La prière nous fait voir plus loin, nous fait voir en l’autre ce qu’il y a de bon. Un véritable confrère, c’est celui qui croit en l’autre. Un groupe spirituel, c’est ainsi une réunion de confrères où chacun participe, exprime une étincelle de lumière… Dans cet esprit, il nous faut regarder notre annuaire avec un œil neuf ; s’arrêter sur ce que chacun est ; en faire un « livre de prière »… Chacun a en effet une mission. Il nous faut prier pour chacun, même pour ceux que l’on ne connait pas.

À la lumière de la Trinité

La deuxième instruction, « À la lumière de la Trinité », explore les contours du mystère de la Trinité : le mystère n’est pas ce qui est incompréhensible, mais ce qui ne s’épuise pas, étant inépuisable. La raison de notre vie confraternelle est d’aller au bout de notre relation aux autres. Poussés par l’Esprit, nous devenons chevaliers. C’est l’Esprit qui nous fait devenir, de plus en plus et de mieux en mieux, chevaliers : il nous « travaille » en profondeur pour faire de nous des frères. Dans le Christ, nous sommes frères les uns des autres. Plus la fraternité est forte, plus le Père est glorifié. Dieu est le but ultime de notre vie. Nous sommes saisis dans ce mouvement trinitaire. Notre vie confraternelle ne peut tenir qu’en Dieu… C’est dans cette participation à la vie divine que nous sommes authentiquement chrétiens. « Confrères » : un terme qui va très loin ! Nous sommes liés en tant que frères. Nous n’appartenons ni à un club de service, ni à une association de bienfaisance, mais à un ordre ; nous sommes donnés par Dieu les uns aux autres. C’est Dieu qui est à l’origine de nos liens entre nous. C’est Dieu-Trinité qui est le premier acteur dans l’Ordre, afin que la multiplicité des chevaliers fasse un ordre, et c’est notre attachement à Dieu qui fait de nous de véritables confrères. Il nous faut méditer la portée théologique du mot « confrère », qui nous unit les uns aux autres parce qu’il nous unit à Dieu dans son mystère trinitaire.

Dans le mystère de l’Église

La troisième instruction, « Dans le mystère de l’Église », nous invite à nous pencher sur le mystère de l’Ordre. Notre communion entre nous, entre confrères, fait de nous une partie de l’Église. Notre vie confraternelle dépasse de beaucoup l’Ordre et nous ouvre à la dimension de l’Église universelle. Qu’est-ce que l’Église ? C’est passer de « ma foi » à « notre foi » ; de « mon Dieu », à « notre Père » : se faire une âme plurielle. Ne plus se penser comme « chevalier » du Saint-Sépulcre, mais comme ordre du Saint-Sépulcre. Nous nous portons les uns les autres. Nous sommes aussi responsables des autres.

Le Père de Bruchard rappelle alors les exigences qui s’imposent aux chevaliers. Il nous invite à relire fréquemment les Directives pour le renouveau de l’Ordre, les Normes de comportement, etc., pour les faire nôtres et devenir d’authentiques confrères pratiquant la vertu d’obéissance. Une obéissance qui n’est pas une soumission passive, mais une écoute attentive. Savoir entendre, pour tenir compte de l’autre.

Avec Amadour, le sacrement des frères

La dernière instruction s’intitule : « Avec Amadour, le sacrement des frères ». Regarder notre frère du Saint-Sépulcre comme sacrement : un sacrement de la rencontre de Dieu. Le chapitre 53 de la règle de saint Benoit stipule que tous les hôtes qui se présentent seront « reçus comme le Christ lui-même ». Le pape Benoit XVI insiste beaucoup sur cet accueil de l’autre. Ce qui distingue les chrétiens, c’est ce regard sur les autres, ce regard de foi sur l’autre : un regard contemplatif dans la foi. Voir avec les yeux du Christ, avec les yeux de Marie. La foi, c’est le monde par temps de soleil : tout change, tout est éclairé.

Le Père de Bruchard nous invite à méditer profondément quelques textes des épîtres de saint Paul et de les faire nôtres : Romain XV, 5 ; Philippiens II, 1-4 ; Corinthiens II, 13-11 ; tout particulièrement Colossiens III, 12 : « Vous donc, les élus de Dieu, ses saints et ses bien-aimés, revêtez des sentiments de tendre compassion, de bienveillance, d’humilité, de douceur, de patience… » Nous sommes tous très liés les uns aux autres, même si nous ne le savons pas, ou n’en avons pas conscience. Un lien considérable existe entre nous. Nous avons en tant que chevaliers, le poids de tout l’Ordre. Notre progrès vers la sainteté fait progresser l’Ordre.

Le Père de Bruchard cite encore saint Paul (I Corinthiens, XII, 26) : « un membre souffre-t-il ? Tous les membres souffrent avec lui. Un membre est-il à l’honneur ? Tous les membres se réjouissent avec lui. » Dans notre confrère, sachons voir les trésors qu’il porte en lui. C’est parce que l’on croit en nous que nous sommes capables de faire des merveilles. Saint Luc, VI, 36 : « Montrez-vous compatissants comme votre Père est compatissant. Ne jugez pas et vous ne serez pas jugés ; ne condamnez pas et vous ne serez pas condamnés ; remettez et il vous sera remis. Donnez et l’on vous donnera… » C’est sur ces paroles du Christ à la fin des Béatitudes que le Père de Bruchard achève sa dernière instruction.

 

Au cours de cette retraite très riche, le général Fleuriot a fait un point détaillé sur les activités en cours dans la Lieutenance de France, sur le contenu de l’engagement de chevalier, enfin sur les devoirs essentiels des chevaliers : participation aux groupes spirituels, au rayonnement de l’Ordre, pèlerinage en Terre sainte, liens permanents avec nos paroisses, participation fréquente aux diverses manifestations de l’Ordre, etc.

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