C’est au cœur du bocage vendéen, à Saint-Laurent-sur-Sèvre, que se déroule du vendredi 14 au dimanche 16 mars 2014 la retraite nationale de la Lieutenance de France. Son organisation est confiée à la nouvelle commanderie Saint-Philibert. Soixante chevaliers, dames et sympathisants se retrouvent auprès des tombeaux de saint Louis-Marie Grignion de Montfort et de la bienheureuse Marie-Louise de Jésus (au siècle, Marie-Louise Trichet) afin de prier et de méditer sur le thème choisi : « Chevaliers et dames, vivons chrétiennement les conflits et bâtissons la paix ». L’abbé Pierre-Édouard de Bruchard prêche la retraite. Qu’il nous soit permis de vous en livrer un récit forcément imparfait mais plein de reconnaissance envers le Seigneur qui nous a donné de vivre ce temps de grâce.

Peu de temps après leur arrivée, les retraitants sont accueillis par le responsable de la commanderie de Vendée, Jean Durez. Puis, le recteur de la basilique, le père Efrem Assolari, vient parler de celui qui a fondé sa congrégation : saint Louis-Marie Grignion de Montfort. Le Lieutenant lui succède pour un court mot d’accueil et le rappel de la vocation spirituelle de l’Ordre.

Dans sa première instruction, le père Pierre-Édouard de Bruchard insiste sur l’aspect chevaleresque de notre spiritualité. Après avoir précisé que le conflit est omniprésent dans l’histoire de l’Église, il montre que le chevalier (et plus généralement le chrétien) se doit de lui répondre en vivant des trois vertus théologales que sont la foi, l’espérance et la charité. Ainsi, il apparaît à chacun que l’autre n’a pas qu’un seul visage tant il est vrai qu’en hébreu, le mot visage n’existe pas au singulier.

Après le temps de l’instruction de l’âme vint celui de la prière liturgique. C’est dans la très belle et priante crypte de la basilique que se déroule la majeure partie des offices. Les vêpres sont chantées, suivies d’un repas pris en commun, à l’issue duquel, après le Salve Regina, le père de Bruchard recommande que chacun parte dans le silence rejoindre sa chambre.

Le samedi, après la prière des Laudes chantées et le petit-déjeuner, les retraitants entendent la deuxième instruction. Le père de Bruchard nous explique que le chrétien confronté aux conflits se doit de réfléchir à la manière dont Dieu lui-même les gère ; il illustre son propos et nous fait parcourir le livre de la Genèse en partant du premier péché et en allant jusqu’à l’épisode de Sodome et Gomorrhe. Après cette solide nourriture scripturaire, la messe est célébrée à la crypte. Une chorale improvisée et un organiste de talent (en la personne de l’abbé Michel Simonnet) permettent à tous de prier et de rendre grâce. Afin de prolonger le recueillement, le repas qui suit est pris en silence sur fond musical.

Le début de l’après-midi est consacré à une troisième et dernière instruction où l’abbé de Bruchard nous fait continuer notre voyage scripturaire depuis les prophètes jusqu’à l’Évangile. Afin que les instructions ne restent pas de simples réflexions, la cérémonie pénitentielle et le sacrement de réconciliation reçu donnent vie aux mots entendus. Régénérés par la grâce, les retraitants chantent les vêpres. Après un temps de repos ou d’activité libre, et le repas du soir, en chœur nous chantons le Salve Regina.

Le dernier jour, notre groupe se joint à la communauté paroissiale pour la messe dominicale. La participation de quelques-uns à la procession ainsi que la récitation de la prière à Notre-Dame de Terre sainte permettent d’associer plus étroitement l’Ordre à la célébration.

Après un dernier déjeuner, chacun repart avec, au cœur, l’expression du psalmiste : « Oui, il est bon, il est doux pour des frères de vivre ensemble et d’être unis ! » (Ps 132, 1).

Extrait de l’exhortation apostolique Evangelii gaudium

Non à la mondanité spirituelle

(...)
97. Celui qui est tombé dans cette mondanité regarde de haut et de loin, il refuse la prophétie des frères, il élimine celui qui lui fait une demande, il fait ressortir continuellement les erreurs des autres et est obsédé par l’apparence. Il a réduit la référence du cœur à l’horizon fermé de son immanence et de ses intérêts et, en conséquence, il n’apprend rien de ses propres péchés et n’est pas authentiquement ouvert au pardon. C’est une terrible corruption sous l’apparence du bien. Il faut l’éviter en mettant l’Église en mouvement de sortie de soi, de mission centrée en Jésus Christ, d’engagement envers les pauvres. Que Dieu nous libère d’une Église mondaine sous des drapés spirituels et pastoraux ! Cette mondanité asphyxiante se guérit en savourant l’air pur du Saint Esprit, qui nous libère de rester centrés sur nous-mêmes, cachés derrière une apparence religieuse vide de Dieu. Ne nous laissons pas voler l’Évangile !

Non à la guerre entre nous

98. À l’intérieur du Peuple de Dieu et dans les diverses communautés, que de guerres ! Dans le quartier, sur le lieu de travail, que de guerres par envies et jalousies, et aussi entre chrétiens ! La mondanité spirituelle porte certains chrétiens à être en guerre contre d’autres chrétiens qui font obstacle à leur recherche de pouvoir, de prestige, de plaisir ou de sécurité économique. De plus, certains cessent de vivre une appartenance cordiale à l’Église, pour nourrir un esprit de controverse. Plutôt que d’appartenir à l’Église entière, avec sa riche variété, ils appartiennent à tel ou tel groupe qui se sent différent ou spécial.

99. Le monde est déchiré par les guerres et par la violence, ou blessé par un individualisme diffus qui divise les êtres humains et les met l’un contre l’autre dans la poursuite de leur propre bien-être. En plusieurs pays ressurgissent des conflits et de vieilles divisions que l’on croyait en partie dépassées. Je désire demander spécialement aux chrétiens de toutes les communautés du monde un témoignage de communion fraternelle qui devienne attrayant et lumineux. Que tous puissent admirer comment vous prenez soin les uns des autres, comment vous vous encouragez mutuellement et comment vous vous accompagnez : « À ceci tous reconnaîtront que vous êtes mes disciples : si vous avez de l’amour les uns pour les autres » (Jn 13,35). C’est ce que Jésus a demandé au Père dans une intense prière : « Qu’ils soient un en nous, afin que le monde croie » (Jn 17,21). Attention à la tentation de l’envie ! Nous sommes sur la même barque et nous allons vers le même port ! Demandons la grâce de nous réjouir des fruits des autres, qui sont ceux de tous.

100. À ceux qui sont blessés par d’anciennes divisions il semble difficile d’accepter que nous les exhortions au pardon et à la réconciliation, parce qu’ils pensent que nous ignorons leur souffrance ou que nous prétendons leur faire perdre leur mémoire et leurs idéaux. Mais s’ils voient le témoignage de communautés authentiquement fraternelles et réconciliées, cela est toujours une lumière qui attire. Par conséquent, cela me fait très mal de voir comment, dans certaines communautés chrétiennes, et même entre personnes consacrées, on donne de la place à diverses formes de haine, de division, de calomnie, de diffamation, de vengeance, de jalousie, de désir d’imposer ses propres idées à n’importe quel prix, jusqu’à des persécutions qui ressemblent à une implacable chasse aux sorcières. Qui voulons-nous évangéliser avec de tels comportements ?

101. Demandons au Seigneur de nous faire comprendre la loi de l’amour. Qu’il est bon de posséder cette loi ! Comme cela nous fait du bien de nous aimer les uns les autres au-delà de tout ! Oui, au-delà de tout ! À chacun de nous est adressée l’exhortation paulinienne : « Ne te laisse pas vaincre par le mal, sois vainqueur du mal par le bien » (Rm 12, 21). Et aussi : « Ne nous lassons pas de faire le bien » (Ga 6, 9). Nous avons tous des sympathies et des antipathies, et peut-être justement en ce moment sommes-nous fâchés contre quelqu’un. Disons au moins au Seigneur : “Seigneur, je suis fâché contre celui-ci ou celle-là. Je te prie pour lui et pour elle”. Prier pour la personne contre laquelle nous sommes irrités c’est un beau pas vers l’amour, et c’est un acte d’évangélisation. Faisons-le aujourd’hui ! Ne nous laissons pas voler l’idéal de l’amour fraternel !

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