Cette semaine aura été plus calme. Effet de la « trêve des confiseurs » ?

Rien n’est réglé pour autant, et rien ne laisse entrevoir l’instauration de la paix sur cette Terre sainte qui nous est chère. Fort des votes de différents parlements européens, Abou Mazen a repris son bâton de pèlerin auprès des organisations internationales. Pour quel résultat ? Il sait très bien, comme nous tous, qu’il se heurtera toujours au veto américain. Sur ce sujet, l’article de Samuel Cogolati paraît tout à fait objectif.

Le Patriarche chaldéen propose un jeûne strict pour la libération de Mossoul

18 DÉCEMBRE 2014

Le Patriarche de l’Église chaldéenne, Monseigneur Louis Sako, a invité les chrétiens d’Irak à pratiquer lors des trois jours qui précéderont Noël un jeûne strict, et de prier pour la fin de la guerre, la libération de Mossoul et de la plaine de Ninive ; il a par ailleurs suggéré de ne pas organiser de réjouissances trop importantes et coûteuses à l’occasion de la fête de la Nativité, mais plutôt de consacrer de l’argent et du temps aux réfugiés et victimes de la guerre qui secoue le pays. Le Patriarche a justifié cette demande en disant, en faisant référence aux islamistes de l’État islamique, que « cette race de démons ne s’expulse que par la prière et le jeûne ».

Le Hamas retiré de la liste des organisations terroristes par la justice européenne

Le Hamas a été retiré, le 17 décembre, de la liste européenne des organisations terroristes après un vice de procédure constaté par la Cour de justice de l’Union européenne. Le gel de ses avoirs en Europe est toutefois maintenu.

POT POURRI POLITIQUE sans PERIODICITE ni PRIORITE

Albert Soued et www.nuitdorient.com – N° 127 - le 19 décembre 2014

Autorité Palestinienne (AP)

(…)

- L'AP a obtenu le statut de membre observateur à la Cour pénale internationale (CPI) lors du dernier "sommet" des 122 membres.

(…)

- Au lieu de s'attacher à améliorer les conditions de vie de sa population à Gaza, le Hamas poursuit ses préparatifs pour un nouveau conflit, y consacrant ses ressources et son énergie, creusant de nouveaux tunnels, testant de nouveaux missiles en mer et rétablissant des relations amicales avec l'Iran, pour reprendre le trafic des armes.

Égypte

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- Israël a accepté le déploiement de 13 bataillons supplémentaires, avec chars et hélicoptères, pour aider les Égyptiens à venir à bout des terroristes dans le Sinaï.

Jordanie

- Après l'Irak et la Syrie, l'État Islamique (EI) chercherait à s'introduire en Jordanie où les milieux islamistes sont nombreux, les plus importants étant concentrés dans les villes de Zerqa au nord et de Maan au sud. (…)

- Les brigades rebelles syriennes Al Yarmouk Shouhada (2000 mb), formées par les Américains en Jordanie pendant 2 ans et soutenues par Tsahal, ont soudainement rejoint l'EI. Leur chef, Mousab Ali Qarfan dit Zaytouneh, a signé un pacte d'alliance avec Abou Baqr Al-Baghdadi. Cette défection constitue une menace pour le Golan, ces brigades opérant le long de 45 km (sur 76 km) de la frontière syro-israélienne. Elle constitue une menace aussi pour la zone druze et pour la Jordanie, car opérant à Deraa' non loin de la frontière syro-jordanienne où les États-Unis ont organisé la défense de ce pays.

(…)

Israël

- Israel’s Ratio Oil a découvert à 150 km au large des côtes un nouveau champ gazier qu'elle a dénommé Roy. Roy contiendrait plus de 90 milliards de m3 de gaz et serait le 3ème gisement le plus important après Leviathan et Tamar. Le rapport est basé sur une étude sismique en 3 dimensions réalisée en 2010, sur une superficie de 505 km2.

- L'historien militaire Aryeh Yitzhaki pense que la tension électorale en cours inhibe l'attention du public sur l'imminence d'une offensive terrestre surprise cet hiver par le Hezbollah contre la Galilée, s'ajoutant à un tir de missiles sur tout le pays. Il se base sur l'acquisition par cette organisation de matériel russe sophistique anti-aérien, partiellement détruit par Tsahal récemment, et sur le climat général anti-israélien créé par une forte propagande arabe, relayée par les medias européens.

(…)

- Les gardes islamistes de la Mosquée al Aqsa sur le Mont du Temple à Jérusalem, en partie responsables des troubles sur l'esplanade, ont été remplacés par 75 Jordaniens qui doivent assurer la sécurité des lieux.

(…)

États-Unis

- Le Département de la Santé semble vouloir revenir au remboursement de l'opération de circoncision qu'il pratiquait auparavant, les études menées en Afrique ayant démontré l'efficacité de l'opération dans la prévention du Sida et des maladies vénériennes. D'aucuns pensent que la raison serait l'augmentation de la population musulmane dans le pays…

- Un texte de loi déclarant Israël comme "partenaire stratégique majeur" a été adopté par le Congrès. Il permet d'améliorer le statut israélien en matière de commerce, de coopération énergétique, d'ingénierie de l'eau, de recherche et développement, et augmente sensiblement le stock d'armes de réserve empilées dans le Négev en cas de conflit (1,8 milliards $). Le sénateur démocrate Eliot Engel a déclaré avant le vote: "Israël est une lumière brillante dans une région sombre, très sombre". Ce texte sécurise à long terme l'aide américaine qui doit maintenir "la dissuasion militaire israélienne à un niveau élevé" (qualitative edge)

- D'après des sources proches de la Maison Blanche, l'administration Obama "ruminerait des sanctions contre Israël, du fait de l'extension des implantations, tout en menaçant d'opposer son veto à de nouvelles sanctions contre l'Iran" – Un membre du Congrès aurait dit: "Si ces rapports sont vrais, cela marque une nouvelle ère d'hostilité sans précédent de la Maison Blanche contre notre allié le plus puissant au Moyen-Orient"

- Joshua Muravchik, membre de l'Institut politique de l'Université Johns Hopkins a publié un livre "Comment le monde s'est retourné contre Israël". Il explique ainsi: "Au moment de la naissance d'Israël, ses détracteurs venaient pour la plupart de la Droite; mais aujourd'hui le moteur de l'hostilité à Israël est sur la Gauche. C'est extrêmement important parce que, alors que la Gauche constitue une majorité dans quelques pays, elle constitue une majorité décisive dans l'enceinte de l'université, du journalisme, du divertissement, bref, dans le monde du discours".

- Selon des sondages réalisés par Saban Forum, 34% des Américains soutiennent la solution d'un seul État dans le conflit israélo-palestinien (contre 39% pour la solution à 2 États) -- avec des droits égaux pour tous les citoyens -- soit une augmentation de 10% en un an. Par ailleurs, 31% de la population soutient Israël dans toute négociation contre 4% qui favoriserait les Arabes, le reste souhaitant la neutralité.

(…)

La Libre.Belgique -

Israël-Palestine: au-delà de la solution à deux États

CONTRIBUTION EXTERNE Publié le lundi 15 décembre 2014 à 13h00 - Mis à jour le lundi 15 décembre 2014 à 13h02

http://www.lalibre.be/debats/opinions/israel-palestine-au-dela-de-la-solution-a-deux-etats-548dbe1e35707696bb31464c

OPINIONS

Une opinion de Samuel Cogolati, chercheur en droit international (KU Leuven).

Chacune des résolutions récentes de reconnaissance de l’État de Palestine (…) nous rappelle que la solution bi-étatique est la seule option envisageable. Qui risquerait de critiquer l’issue à deux États telle que plébiscitée par les Nations Unies, les États-Unis, et même Netanyahu et Abbas ? Cette conception du futur au Proche-Orient semble couler de source depuis plus de trente ans : deux États pour deux nations, l’une juive et l’autre palestinienne.

Il est dès lors risqué de mettre en doute ce qui apparaît aujourd’hui encore comme le dernier lambeau de consensus possible au Proche-Orient. (…)

La solution à deux États ne coule plus de source

Là où le bât blesse, à mon sens, c’est que nos parlementaires "enchaînent" toute idée de reconnaissance de l’État de Palestine à la solution à deux États. Sûrement faute d’alternative perçue comme crédible. (…) Néanmoins, il faut regarder la vérité en face : la promesse des deux États est illusoire.

D’abord, la solution à deux États est tout bonnement devenue impossible à mettre en œuvre. Depuis les Accords d’Oslo de 1993 qui jetèrent les premiers jalons sérieux d’une solution à deux États, Israël n’a cessé de grappiller toujours plus de territoire en Palestine, de manière souvent irréversible. Malgré l’opposition de la communauté internationale, y compris des États-Unis, l’expansion des colonies où vivent déjà plus de 380 000 Israéliens - un chiffre qui a triplé en 21 ans - met chaque jour un peu plus à mal l’idée même d’un État palestinien. Malgré la détermination par la Cour internationale de justice en 2004 de l’illégalité de l’édification d’un mur dans les territoires occupés, le mur de séparation empiète largement sur la frontière de 1967. Au total, le mur annexe 9,4 % de la Cisjordanie et de Jérusalem-est pour englober des colonies ou intégrer des sources d’eau. La réalité saute aux yeux à quiconque se rend dans les territoires occupés : la solution à deux États dont tout le monde parle n’est plus plausible.

Ensuite, la solution bi-étatique ne résout rien au problème des plus de 5 millions de Palestiniens (…) qui vivent aujourd’hui dans des camps de réfugiés (…). Le projet des deux États oublie aussi le million de Palestiniens qui résident sous un statut de citoyens de seconde classe au sein même d’Israël - soit 20 % de la population israélienne. Qu’en est-il de ces Palestiniens en dehors des territoires occupés ?

Last but not least, la solution à deux États ne doit pas nous aveugler : l’État d’Israël n’acceptera jamais d’avoir à ses côtés un État palestinien libéré et souverain contrôlant la totalité de ses frontières, disposant de sa propre armée, et profitant de toutes ses sources d’eau. La solution des deux États ne peut au mieux promettre aux Palestiniens qu’un futur de subordination.

Quelle alternative ?

À l’image d’intellectuels palestiniens tels que Sari Nusseibeh ou Edward Said, et d’une part croissante de la population palestinienne, en particulier chez les jeunes, il est aujourd’hui temps d’oser imaginer des alternatives au paradigme stérile des deux États. D’autres idées novatrices sont déjà sur la table, mais restent le plus souvent négligées : un seul État mixte, trois États si l’on comprend Jérusalem en tant que corpus separatum, une confédération binationale, ou même - pourquoi pas ? - un modèle fédéral à la belge. (…)

Ce qui rend ce conflit si difficile, quasi insurmontable, c’est que deux peuples se battent pour le même territoire de la Palestine sous mandat britannique. La seule solution que nos pays européens avancent est de couper la poire en deux en répondant aux aspirations nationalistes de deux États exclusifs et homogènes, mais cette stratégie est une voie sans issue.

Si l’on veut vraiment atteindre une paix durable au Proche-Orient, il n’y a pas d’autre choix que d’octroyer aux citoyens d’Israël et de Palestine les mêmes droits, privilèges, et obligations. Voilà l’essence du droit à l’autodétermination. Le projet peut paraître utopique, mais je préfère l’idéal d’un vivre ensemble multireligieux et multiculturel au drame d’un État-camouflage de confiscations de territoires et d’apartheid. Comme en Afrique du Sud, Israéliens et Palestiniens doivent partager le même territoire entre le Jourdain et la Méditerranée, dans une société démocratique basée sur l’égalité et la liberté de circulation de tous. C’est pourquoi la reconnaissance de la Palestine doit aller au-delà de la "solution" à deux États.

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