Beaucoup d’informations cette semaine :

Pot-pourri politique

Albert Soued et www.nuitdorient.com N° 182 - le 15 janvier 2017

(avec des liens importants au bout)

État islamique (EI)

Selon Davka.com, grâce à d’importantes saisies de territoire dans le Nord du Sinaï, l’EI contrôle l’accès aux stations balnéaires de la côte Est et menace la frontière égypto-israélienne. Après avoir gagné une partie du Nord Sinaï et de ses principales routes, les terroristes de l’EI montrent un dynamisme certain dans leur plan ambitieux d’occuper une large bande de terre à l’Est du Sinaï central. Le contrôle égyptien de la vaste péninsule du Sinaï est en train de se perdre rapidement.

Il est grand temps à l’Occident d’aider financièrement Al-Sissi afin qu’il puisse contrôler les tribus, seule voie raisonnable d’éviter une catastrophe au Sinaï, comme celle d’Irak, après le départ du général Petraeus.

Autorité palestinienne(AP)

- Abou Ahmad, commandant du bataillon Nidal Al-Amoudi des Brigades des martyrs d’Al-Aqsa à Gaza, a déclaré que « le Fatah s’était égaré quand il a déposé les armes en ces temps révolus, en s’engageant dans les Accords d’Oslo », ajoutant que « tant que le Fatah et l’entreprise nationale seront en vie, il faudra que la Palestine soit libérée par la force de ses combattants et non par de futiles négociations ». S’exprimant sur Alkofiya TV, une chaîne palestinienne affiliée à Mohammed Dahlan, Abou Ahmad a appelé tous les dirigeants du Fatah à « guérir nos blessures et unir nos rangs, vers une confrontation totale contre l’occupation ».

- Après l’écrasement d’une trentaine de jeunes militaires juifs, provoquant 4 morts et nombre de blessés, par un camion conduit par un terroriste arabe de Jérusalem, œuvrant sous l’inspiration de l’État islamique, lesdits Palestiniens de Cisjordanie se sont mis à danser et à distribuer des bonbons et des friandises dans la rue.

Tant que les Arabes aimeront plus la mort que la vie, tant qu’ils inciteront leurs congénères à persévérer dans la haine et à tuer les juifs et les infidèles, ils continueront à vivre en victimes et serviteurs du Mal et ne pourront jamais former une nation et un État viable. Même si les journalistes de la BBC et de l’AFP se réjouissent de leurs méfaits et continuent à désinformer l’Occident.

- Selon Davka, une partie de la jeunesse palestinienne s’auto-radicalise sous l’influence de jeunes Jordaniens de leur âge sur les réseaux sociaux. Ces jeunes sont affiliés à la Confrérie des frères musulmans.

- Mohamed Shtayyeh, un proche de Mahmoud Abbas, prétendant à sa succession, vient de lancer un appel à l’Union européenne, lui demandant d’adopter lors de la réunion à Paris des « 70 nations », l’initiative dite de paix française lancée en juillet dernier, c’est-à-dire la reconnaissance officielle d’un État palestinien à l’ONU. Cette initiative a été préparée par la diplomatie française avec le plein accord de l’AP, de John Kerry et de pays comme le Qatar…

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UNESCO

Résumé de Bat Yéor par Michel Garroté: « La résolution de l’UNESCO sur Jérusalem cherche, avec le soutien de nombreux gouvernements d’Europe et d’autres pays chrétiens,  à islamiser l’histoire ancienne du peuple d’Israël. Mais qu’implique donc cette résolution pour l’Europe et le christianisme ? Le christianisme ne serait-il pas né d’Israël ? Jésus aurait-il cessé d’être un juif de Judée, comme les apôtres et les évangélistes ? À moins que Jésus n’ait prêché l’islam, en arabe et dans les mosquées ? Les grandes voix catholiques ou protestantes se sont-elles fait entendre contre cette islamisation du christianisme ? Cette passivité, cette indifférence laissent penser que l’Europe va bientôt ressembler au Liban. Les pays européens reconnaissent le terrorisme partout dans le monde, sauf en Israël, où ils sont alliés à ces mêmes terroristes qu’ils nomment “combattants de la liberté” ou “militants contre l’occupation”. Cette alliance a ruiné l’Europe — parce que les ennemis d’Israël sont aussi les ennemis du christianisme et de l’Europe. Comment peut-on s’allier avec ceux qui veulent vous détruire, sans s’éliminer soi-même ? La haine obsessionnelle d’Hitler contre Israël a fini par ruiner l’Europe. Cette haine a persisté à travers l’Union européenne contre l’État juif. La grande ironie est qu’en essayant de détruire Israël, l’Europe s’est elle-même détruite ».

Israël

- Informer les nations des problèmes de sécurité d’Israël est devenu une gageure. Car qui ne veut pas comprendre est atteint brutalement de surdité. Il faut vaincre les « mantras islamo-gauchistes », mais aussi les « affaires étrangères », les médias et les agences de presse, acquis à l’antisionisme pour des raisons diverses, pas forcément idéologiques. Sans tomber dans une vulgaire propagande, utilisée par l’ennemi, cette information nécessite beaucoup de relations et de persuasion. Mais aussi, quand il le faut, il faut savoir taper du poing sur la table. Et aujourd’hui le pays ne manque pas d’atouts matériels et immatériels pour parvenir à expliquer qu’il n’est plus candidat au suicide, pour faire plaisir à une série d’antisémites attardés.

- 30 000 immigrants bédouins illégaux, venant de Cisjordanie et des États arabes voisins, résident dans le Négev, du fait de la polygamie, 30 à 35 % des familles étant polygames. Les hommes ont des femmes réparties dans divers pays avec des enfants, et ces femmes immigrent illégalement en Israël, avec leurs enfants. La population bédouine du Négev a été multipliée par 20 en 70 ans, atteignant 210 000 habitants, et constitue le 1/3 de la population.

- Sur le plan des négociations avec les Arabes pour une paix durable, le Statu quo reste pour le moment la situation la moins défavorable au pays. Il faut savoir que cette paix durable n’est pas dans l’esprit de l’adversaire qui ne cherche qu’à obtenir des avantages par le biais d’une guerre asymétrique et des actions subversives auprès d’institutions internationales corrompues.

Pour sortir du Statu Quo, il faut des atouts de négociation. Or après que Rabin et Olmert aient offert le maximum possible de territoires et essuyé des refus successifs, il ne reste plus qu’à trouver de nouveaux atouts. Or l’atout « implantations » vient d’être enlevé par la résolution 2334. Pour aller plus loin, il ne reste plus aujourd’hui qu’à récupérer les atouts acquis par l’adversaire, l’un après l’autre, avec le concours de la nouvelle administration américaine.

- Aussi bienveillante soit-elle à l’égard du pays, cette nouvelle administration a pour seul objectif de défendre les intérêts américains à l’intérieur comme à l’extérieur, par le biais de « négociations serrées ». Le gouvernement israélien n’est pas dupe et doit se battre durement pour obtenir ce qu’il a obtenu avec le Président G. W. Bush, le rattachement à Israël des principales implantations. Il faudra obtenir l’annexion du Golan, le non-partage de Jérusalem et le contrôle de la vallée du Jourdain. Ou si possible l’annexion de la zone C.

Il faudra obtenir aussi la neutralisation concrète du nucléaire iranien, de l’hostilité des satellites de l’Iran et celle des résolutions ONU-UNESCO et tutti quanti anti-israéliennes. Le transfert de l’ambassade américaine à Jérusalem n’est qu’un atout de négociation des Américains pour aider Israël.

- Les relations d’Israël avec la Grèce et Chypre sont un atout considérable qui rapproche l’État juif de l’Europe dans plusieurs domaines, notamment sur les plans sécuritaire, commercial, et énergétique. Ces trois pays sont des démocraties agissant dans une région turbulente où la majorité des régimes sont instables et non démocratiques.

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Grande-Bretagne

La condamnation par la première ministre britannique Theresa May du discours de John Kerry : « nous ne pensons pas que la bonne façon de négocier la paix soit de se focaliser seulement sur les constructions dans les implantations, alors que le conflit entre les Israéliens et les Palestiniens est clairement bien plus complexe ». Theresa May faisait clairement référence au refus septuagénaire des Arabes palestiniens de reconnaître Israël en tant qu’État du peuple juif et de cesser leurs exigences de voir la descendance de la descendance des réfugiés de 1948 regagner leurs foyers pour mieux le submerger.

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Liens récents à www.nuitdorient.comau15/01/17

Tsedek Info d’Israël N° 121 PPPPP N° 182

La Russie s’implante au Moyen-Orient - La Russie s’est impliquée militairement et en grande fanfare dans la guerre civile syrienne et se fraye une présence politique et militaire dans l’ensemble du Moyen-Orient pour policer l’ensemble de la région. La Russie souffre de la baisse du prix du pétrole qui représente deux tiers de ses exportations ainsi que des sanctions imposées par l’Union européenne après l’annexion de la Crimée et le soutien apporté aux séparatistes ukrainiens. - www.nuitdorient.com/n28154.htm

Comment Trump peut annuler la résolution anti-israélienne du Conseil de Sécurité de l’ONU - Barack Obama a fait tout son possible pour mettre Donald Trump devant le fait accompli en permettant l’adoption par le Conseil de Sécurité de l’ONU de la Résolution 2334. Mais l’expert en droit constitutionnel Eugène Kontorovich suggère qu’en fait, Trump dispose de plusieurs moyens pour contourner la Résolution et la rendre caduque. www.nuitdorient;com/n24148.htm

Le Cauchemar des Chrétiens - Samir Qumsieh est sans aucun doute un leader chrétien parmi les plus courageux au Moyen-Orient. Il est l’un des rares qui, au risque de sa vie, dénonce les persécutions que les musulmans infligent aux chrétiens dans les territoires palestiniens et au Moyen-Orient, en général. www.nuitdorient.com/n1824.htm

Limiter la Casse au Moyen-Orient - Dans les 177 ambassades étrangères que compte la ville de Washington, on tente assurément de lire dans le marc de café en se demandant à quoi pourra bien ressembler la politique étrangère du président élu Donald Trump. Or, les incohérences et les contradictions de ce dernier rendent toute prévision en la matière impossible. www.nuitdorient.com/n28153.htm

Palestine: le pape reçoit le président Mahmoud Abbas

Plaidoyer pour des négociations « directes » de paix au Moyen-Orient

14 janvier 2017 Anne Kurian Pape François

Le pape François a reçu le président palestinien Mahmoud Abbas au Vatican, durant plus d’une vingtaine de minutes en privé, le 14 janvier 2017. Le processus de paix au Moyen-Orient a été au cœur de cette visite durant laquelle le président a aussi rencontré le cardinal secrétaire d’État Pietro Parolin et Mgr Paul Gallagher, secrétaire pour les relations avec les États.

La rencontre avait lieu dans le cadre de l’inauguration de l’ambassade de Palestine près le Saint-Siège, après l’entrée en vigueur de l’accord global bilatéral du 26 juin 2015. (…)

D’après un communiqué publié par le Saint-Siège, les échanges ont été l’occasion de saluer la « contribution importante des catholiques en faveur de la promotion de la dignité humaine et dans l’aide aux plus nécessiteux », notamment dans les domaines de l’éducation et de la santé.

Il a aussi été question du « processus de paix au Moyen-Orient » : la reprise des « négociations directes » entre les parties en conflit a été souhaitée, afin de « mettre fin à la violence qui cause des souffrances inacceptables aux populations civiles » et de parvenir « à une solution juste et durable ». À cet effet, les dialogues ont appelé « des mesures qui favorisent la confiance réciproque et contribuent à créer un climat qui permette de prendre des décisions courageuses en faveur de la paix », avec « le soutien de la communauté internationale ».

Durant les discussions, « l’importance de la protection du caractère sacré des Lieux Saints pour les croyants des trois religions d’Abraham » a été soulignée. Enfin, « une attention particulière a été dédiée aux autres conflits qui affectent la région ».

(…)

Il s’agissait de la quatrième visite de Mahmoud Abbas au Vatican après celles d’octobre 2013, du 8 juin 2014 à l’occasion de la prière pour la paix en Terre Sainte, et de mai 2015 pour la canonisation des deux Palestiniennes: la fondatrice des sœurs du Rosaire, Marie-Alphonsine Daniel Ghattas (1843-1927), et la carmélite de Bethléem, Mariam de Jésus Crucifié Baouardy (1846-1878).

ISRAËL

La justice penche pour l’égalité hommes-femmes au mur des Lamentations

Vendredi 13 janvier 2017 par AFP

La Cour Suprême israélienne a affirmé qu’elle penchait pour l’égalité entre hommes et femmes au mur des Lamentations, à Jérusalem, en demandant aux responsables politiques et religieux de justifier pourquoi des femmes ne pourraient pas y lire la Torah.

Conformément à la stricte tradition ultra-orthodoxe, il y a actuellement deux espaces séparés de prière pour les hommes et les femmes devant le mur des Lamentations, l’un des lieux les plus saints du judaïsme.

Les femmes n’ont pas non plus le droit de diriger les prières ou d’apporter des rouleaux de la Torah. Des militantes se battent depuis des années pour obtenir le droit, réservé aux hommes, de prier et de lire la Torah collectivement et à voix haute devant le mur des Lamentations et de porter le châle de prière.

Cette revendication est soutenue par les mouvements juifs libéraux qui accordent une place égale aux femmes et aux hommes dans les rituels.

Les autorités politiques et religieuses chargées du mur, dont le bureau du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, doivent expliquer pourquoi les femmes ne "pourraient pas être autorisées à prier (...) sur l’esplanade", a dit mercredi la plus haute juridiction israélienne dans un arrêt consulté jeudi par l’AFP.

Et à défaut, elles « doivent les autoriser selon leurs rituels à un endroit où l’accès au mur est similaire à celui de l’esplanade traditionnelle », a-t-elle ajouté.

La Cour suprême a réclamé une réponse à ces questions sous un mois.

Selon cette instance, l’espace de prière mixte qui attend toujours d’être aménagé au sud du mur des Lamentations ne constitue pas une alternative égale à l’esplanade traditionnelle parce qu’il n’offre pas un accès total au mur des Lamentations.

Après des années de querelle, le gouvernement avait décidé en janvier 2016 de créer cet espace mixte mais celui-ci n’a pas vu officiellement le jour à cause de l’opposition des partis ultra-orthodoxes, partenaires de la coalition gouvernementale de Benjamin Netanyahu.

La mixité au mur des Lamentations est rejetée par le rabbinat ultra-orthodoxe qui a le monopole sur les affaires religieuses.

Ilan Baruch : "Parlons d’égal à égal avec les Palestiniens"

Lundi 16 janvier 2017 par Ilan Baruch, Ancien ambassadeur d’Israël

Dans une tribune publiée dans Le Monde* du 14 janvier 2017, Ilan Baruch, ancien ambassadeur d’Israël en Afrique du Sud, ayant renoncé en 2011 à tout poste pour divergences de vues avec le gouvernement israélien, estime que la conférence de Paris pour la paix au Proche-Orient est le cadre idéal pour rappeler que la solution des deux États est la clé de survie du peuple juif.

La plupart des Occidentaux prennent très au sérieux la stagnation destructrice du processus de paix au Moyen-Orient, qu’ils envisagent principalement sous l’angle du conflit Palestine-Israël. La conférence pour la paix au Proche-Orient, qui doit se tenir dimanche 15 janvier à Paris, est considérée par la plupart des acteurs et observateurs comme une contribution sérieuse de la France et du président Hollande à la stabilisation du Moyen-Orient. Cette région du monde, de par sa proximité avec le continent européen, lui communique en effet une part de son instabilité, et constitue ainsi un défi stratégique pour la sécurité de l’Union européenne.

Mais l’enjeu de la paix au Moyen-Orient doit être également envisagé sous un autre angle, d’un poids historique tout particulier pour l’Europe comme pour Israël : la paix doit aussi être envisagée sous l’angle de la survie du peuple juif. Je suis né en Israël un an après sa création du fait de survivants de l’Holocauste. (…) En ce temps-là, Israël nous enseigna, à nous, jeunes et fragiles écoliers, enfants de survivants de l’Holocauste, que l’objectif ultime de l’État juif était, en des temps de menace et de chaos, de servir de havre, de refuge sûr, au peuple juif.

Cette mission-là, nous expliquait-on, était l’essence même du sionisme. Le monde occidental, parce qu’il avait désastreusement échoué à empêcher les nazis de perpétrer l’Holocauste, offrait à cet État démocratique moderne qu’était Israël la protection nécessaire pour qu’il survive à l’hostilité destructrice de ses voisins arabes. (…) le peuple juif se vit donner l’arsenal nécessaire pour consolider ce havre, ce refuge sûr, pour assurer sa défense et sa prospérité. (…)

Pour les jeunes générations, l’Holocauste n’est plus une expérience, ni un souvenir ancestral, mais un récit, un chapitre dans les livres d’histoire. De façon coïncidente, nous avons assisté ces dernières années à une résurgence foudroyante et générale de l’antisémitisme, que ce soit dans certains discours politiques toxiques ou dans le cadre de campagnes hostiles à Israël, comme « Boycott, désinvestissement et sanctions »[BDS], sans parler de la xénophobie classique. Une Europe déroutée par la réémergence du nationalisme et le choc tectonique du Brexit est en proie à une certaine confusion, et de même l’Amérique, qui a assisté il y a peu à l’étrange et furieuse ascension de Donald Trump jusqu’à la Maison Blanche.

L’antisémitisme faisant donc sa réapparition dans l’hémisphère occidental, il est logiquement attendu de l’État d’Israël qu’il remplisse à nouveau sa mission originelle, qu’il joue pour les juifs son rôle crucial de refuge sûr dans l’éventualité d’une grande vague de violence les visant. Lorsqu’il s’est rendu en France il y a deux ans, immédiatement après les attentats de Charlie Hebdo et de l’Hyper Cacher, le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou s’exprima en public sur un ton plutôt pompeux, affirmant à son auditoire qu’Israël était le refuge sûr de tous les juifs, appelant les juifs français – à la grande consternation, en ce très critique moment de vulnérabilité, des dirigeants français – à émigrer vers Israël, à faire d’Israël – et non plus de la France – leur patrie.

Éternels défis existentiels

Mais Israël peut-il remplir cette mission avec succès ? Non, à moins de se réconcilier avec les Palestiniens, condition absolue à sa survie dans ce très dangereux Moyen-Orient. En dépit de sa formidable supériorité militaire et technologique, l’État d’Israël ne sera jamais en mesure de servir un tel objectif, sauf à s’impliquer dans un processus sérieux de réconciliation avec les Palestiniens. S’il échoue, ses fondements démocratiques s’effriteront, ses valeurs libérales entreront aussi en corrosion, et c’est par l’épée seule que cet État continuera de faire face aux éternels défis existentiels qui se posent à lui. Les Palestiniens, quant à eux, ne pourront jamais s’impliquer dans un processus de réconciliation dont le point de départ est pour l’instant, à leurs yeux, synonyme de défaite. La condition sine qua non d’une réconciliation viable réside donc dans une estime réciproque. Tel est l’enjeu. Et ce résultat ne peut être atteint qu’au moyen d’un processus de paix conduisant à une partition du pays et à la création de deux États : Israël, berceau biblique du judaïsme jouant pour les Juifs son rôle de refuge sûr, et la Palestine, en tant que la manifestation ultime de l’autodétermination du peuple palestinien dans un État souverain lui appartenant en propre, sur sa terre natale et patrie historique.

Aujourd’hui, avec cinquante années d’occupation derrière lui, l’État d’Israël emprunte le chemin exactement inverse, optant pour un nationalisme colonisateur mêlant exclusivisme ethnique et primauté ethnique – un mélange évoquant pour beaucoup le système sociopolitique sud-africain sous l’apartheid. Pareille orientation met en péril le peuple juif.

La question est la suivante : combien de temps encore le monde occidental tolérera-t-il cet acharnement d’Israël à exclure les Palestiniens de Palestine, à annexer leurs terres et à les maintenir dans des enclaves fragmentées, leur déniant tout droit ? Quand donc les pays occidentaux, les États-Unis et l’Europe en particulier, conditionneront-ils la protection qu’ils apportent à Israël à la bonne volonté de ce dernier d’accorder à la Palestine l’espace vital dont elle a besoin, afin que celle-ci accepte d’être un partenaire sérieux dans le processus de paix au Moyen-Orient ? La conférence de Paris pour la Paix est le cadre idéal pour rappeler tous ces enjeux et poser les bases d’un tel processus.

La résolution 2334 du Conseil de sécurité des Nations unies, votée le 23 décembre 2016, et le discours prononcé quelques jours plus tard à Washington par le secrétaire d’État américain John Kerry laissent penser que l’initiative française peut être une occasion formidable de relancer le processus de paix au Moyen-Orient et de créer un collectif international destiné à soutenir et accompagner ce processus sur le long terme. Puisse cette conférence permettre à la Palestine de devenir un partenaire véritable dans un processus de paix au Moyen-Orient renouvelé, et offrir à Israël la possibilité de s’impliquer dans des négociations de paix ouvrant la voie à la réconciliation.

Ilan Baruch
ancien ambassadeur d’Israël en Afrique du Sud,
qui a renoncé en 2011 à tout poste pour divergences de vues avec le gouvernement israélien.

La dernière gifle de Benyamin Nétanyahou à François Hollande

Le 15 janvier au matin s’ouvrira la conférence pour la paix au Proche-Orient convoquée par la France. Benyamin Nétanyahou a refusé qu’Israël y participe, confirmant le peu de cas qu’il fait de son « ami » François Hollande.

Alain Gresh, Orient XXI, vendredi 13 janvier 2017

(…)

Il est vrai que, avec quelques années de retard, l’administration sortante du président Barack Obama semble avoir pris conscience que le gouvernement israélien était hostile à une solution à deux États — ce que, pourtant, n’importe quel observateur un peu au fait du dossier savait depuis longtemps. Elle a laissé passer, par son abstention au conseil de sécurité de l’ONU — une première depuis 1983 —, la résolution 2334 du 23 décembre 2016 adoptée par les quatorze autres membres, qui affirme que la construction et l’extension des colonies mettent « gravement en danger la viabilité de la solution à deux États » et qui demande la « cessation immédiate » de ces activités.

Certes, on peut douter que les États qui l’ont votée prennent des mesures pour imposer cet arrêt, mais comme le reconnaissait Yair Lapid, le chef de file du parti de centre droit Yesh Atid, aujourd’hui dans l’opposition (comme l’essentiel de la classe politique israélienne, il a critiqué le conseil de sécurité) : « Cette résolution ne parle pas de sanctions, mais elle fournit l’infrastructure pour de futures sanctions, c’est ce qui est alarmant. Cela peut donner corps à des plaintes devant des juridictions internationales contre Israël et ses responsables. » [2].

Quelques jours après le vote du Conseil de sécurité de l’ONU, dans un long discours, John Kerry esquissait sa vision d’une paix juste : deux États, dont les frontières seraient fondées sur les lignes du cessez-le-feu d’avant la guerre de juin 1967 avec des échanges de territoires équivalents ; des droits égaux pour tous les citoyens ; une solution au problème des réfugiés. Jérusalem deviendrait la capitale des deux États et Israël serait reconnu comme « État juif » (ce qui revient à institutionnaliser le statut de citoyens de seconde zone destiné aux Palestiniens qui y vivent). Quant à la sécurité d’Israël, elle serait rendue possible par la démilitarisation de l’État palestinien.

Au-delà des ambiguïtés de ces propositions, le plus important reste la condamnation de la colonisation qui est, selon l’article 8 du Statut de Rome de la CPI, un crime de guerre [3]. Mais on peut s’interroger sur la portée de telles décisions pour les États qui ont signé le Statut de Rome-. N’est-ce pas le président Obama qui, en septembre dernier, a signé un accord pour une aide militaire à Israël de 38 milliards de dollars, la plus importante jamais accordée à Tel-Aviv ? Pourquoi donc le gouvernement israélien devrait-il s’inquiéter maintenant, alors que Donald Trump accède à la présidence ?

Et pourquoi devrait-il se tourmenter de la conférence de Paris qui s’ouvre le 15 janvier ? Nul doute qu’elle adoptera des positions similaires à celles exprimées par le Conseil de sécurité et John Kerry, mais suggèrera-t-elle la moindre pression sur la partie qui refuse tout accord, Israël ? On peut en douter. Même la reconnaissance officielle de l’État de Palestine par la France, demandée par un vote de l’Assemblée nationale en novembre 2014, n’est plus évoquée.

Depuis au moins deux mandats présidentiels, la politique officielle de Paris peut être résumée par les propos de Nicolas Sarkozy devant les ambassadeurs de France en août 2008 : « Restaurer une relation de confiance, forte et durable, avec les dirigeants et le peuple israéliens, était à mes yeux naturel, et la condition même d’un regain de l’influence au Proche-Orient. D’abord parce qu’on ne peut contribuer à la paix si l’on n’a pas la confiance des deux parties concernées. Ensuite parce qu’on peut dire bien des choses lorsqu’on est reçu en ami. » En résumé, plus la France sera proche d’Israël, plus elle pourra agir en faveur d’une solution politique. Un quinquennat plus tard, Sarkozy reconnaissait son erreur en confiant à Barack Obama, lors du sommet du G-20 à Nice en novembre 2011, son appréciation sur le premier ministre israélien : « Je ne peux plus le voir ; c’est un menteur ! »

Loin de tirer les leçons de cet échec, François Hollande a poursuivi dans la même voie de rapprochement avec Israël (…) Durant la guerre de Gaza de l’été 2014, il a interdit plusieurs manifestations de solidarité avec la Palestine tout en affirmant, contre toute évidence, qu’il voulait garder une position « équilibrée » (…) Il a augmenté la pression contre le mouvement Boycott désinvestissement sanctions (BDS) et contre ses militants traînés devant les tribunaux, faisant de la France un des seuls pays dans le monde à criminaliser ces actions pacifiques.

De toutes ces concessions, Nétanyahou n’a cure. Il a rejeté avec dédain l’invitation faite à Israël de participer à la conférence de Paris. Et, malgré un appel téléphonique personnel de Hollande, il a même refusé une simple rencontre avec Mahmoud Abbas pour être informé des conclusions de cette réunion, une dernière gifle pour François Hollande qui tendra sans doute l’autre joue.

Ce qui frappe, c’est le double langage de la France, proclamant d’un côté son soutien au droit international, renforçant de l’autre les relations bilatérales avec Israël comme si ce pays ne violait pas en permanence ce droit international. Et une récente information confirme que Nétanyahou n’a rien à redouter de Paris. Pour la première fois, des avions militaires israéliens se sont entraînés à partir d’une base en Corse durant les premiers jours de novembre. Cinq F15-E israéliens ont procédé à une campagne d’entrainement avec 13 Rafale de l’armée de l’air. Verra-t-on bientôt les deux armées mener des actions communes sur des théâtres d’action extérieurs ?

L’épineux dossier du déménagement de l’ambassade américaine à Jérusalem

Les dirigeants palestiniens brandissent la menace du retrait de la reconnaissance d’Israël

Piotr Smolar, Le Monde, samedi 14 janvier 2017

De la sérénité à l’inquiétude : le glissement est spectaculaire dans les propos des dirigeants palestiniens. Cela fait des mois que Donald Trump et son entourage évoquent leur intention de déménager l’ambassade des États-Unis de Tel-Aviv à Jérusalem. Ce geste, qui marquerait une rupture historique et pourrait avoir des conséquences sécuritaires imprévisibles, a longtemps paru trop énorme, trop radical, aux yeux de Mahmoud Abbas, le président de l’Autorité palestinienne, et de ses proches. Mais plus l’entrée en fonction de M. Trump s’approche, et plus leur changement de ton est clair.

Au moment de sa désignation comme ambassadeur en Israël, à la mi-décembre 2016, David Friedman avait manifesté son enthousiasme à l’idée d’œuvrer à la paix " depuis la capitale " Jérusalem. Quelques jours plus tard, lors d’une rencontre avec les -correspondants étrangers, le secrétaire général de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP), Saeb Erekat, vétéran des négociations avec les Israéliens, s’était montré réservé sur ce dossier. Il avait lâché : " Ils ne le feront pas. " Jeudi, au cours de son audition au Sénat, James Mattis, le futur secrétaire à la défense, s’est aligné sur la ligne traditionnelle des États-Unis : Tel-Aviv est la capitale d’Israël.

" Cadeau aux extrémistes "

Mais les Palestiniens ont dû intégrer ce déménagement comme un horizon possible. La presse israélienne bruit de spéculations à ce sujet. L’enjeu est considérable. Il existe un consensus international sur le fait que le statut de Jérusalem ne sera déterminé qu’au cours de négociations bilatérales finales, avant l’émergence d’un État palestinien. En déménageant l’ambassade, les États-Unis sembleraient valider l’annexion complète de la cité.

Or, la question des lieux saints dans la vieille ville reste explosive. Jérusalem-Est est, aux yeux de l’ONU, une zone occupée. La gestion de l’esplanade des Mosquées (mont du Temple pour les juifs), où se trouve la mosquée Al-Aqsa, est confiée à un organisme jordanien, le Waqf. Chaque entrave réelle ou supposée au statu quo régissant l’accès à ce site peut enflammer la rue palestinienne, avec des répliques dans le monde arabe.

En Jordanie, le ministre de -l’information, Mohamed Al-Momani, a évoqué il y a quelques jours les conséquences " catastrophiques " d’un éventuel déménagement, une " ligne rouge " qui deviendrait un " cadeau aux extrémistes ". Le secrétaire d’État sortant, John Kerry, redoute une " explosion absolue " au Moyen-Orient.

De son côté, Mahmoud Abbas a écrit à Donald Trump pour l’alerter au sujet de l’impact " désastreux " d’un déménagement. Il espère aussi le soutien du pape François, qui le recevra au Vatican samedi 14 janvier. Les dirigeants palestiniens brandissent des menaces anciennes, comme le retrait de la reconnaissance d’Israël. Ils appelaient également à protester dans toute la région au cours de la grande prière, vendredi, deux jours avant la conférence de Paris. Mais leur marge de manœuvre est réduite, alors que se profile, pour la première fois, une administration américaine penchant ouvertement du côté israélien, sans chercher à préserver les apparences de la neutralité. D’autant que Mahmoud Abbas veut éviter une explosion populaire, en cette année de 50e anniversaire de l’occupation. L’Autorité palestinienne pourrait être la première victime de ses déflagrations.

Conférence de Paris pour la paix au Proche-Orient : attentes et craintes

(…)

Guilhem Delteil et Marine Vlahovic, RFI, dimanche 15 janvier 2017

Les uns y voient la conférence de la dernière chance. Faute d’avancée « l’an prochain, nous nous retrouverons pour parler d’une solution à un État », assure un conseiller de Mahmoud Abbas.

Face à des négociations bilatérales au point mort depuis 2010, un autre proche du président palestinien se félicite de l’implication de la communauté internationale. Citant les efforts de paix en Syrie, l’accord nucléaire iranien, il s’interroge : « Pourquoi le conflit israélo-palestinien serait le seul à devoir être réglé de manière bilatérale ? »

Mais cette implication internationale, c’est précisément ce que rejette le gouvernement israélien. Cette conférence, dit-il, donne l’illusion aux Palestiniens qu’ils peuvent faire avancer leur cause auprès des autres pays quand la paix ne sera obtenue, souligne-t-il, que par des négociations directes avec lui.

Les Palestiniens espèrent que cette conférence endossera la récente résolution des Nations unies condamnant la colonisation israélienne en Cisjordanie et qu’elle mettra en place un comité de suivi, capable de rendre compte des progrès ou des reculs sur le terrain. Des positions anti-israéliennes, assurent le Premier ministre Benyamin Netanyahu qui d’ores et déjà les rejettent : « elles ne nous engageront à rien », lance-t-il.

Les Palestiniens en faveur d’un État binational

En Cisjordanie, des voix dissidentes ont déjà enterré la solution à deux États souhaitée par Mahmoud Abbas et plaident plutôt pour la création d’un État binational.

Points de contrôle, restrictions de circulation et colonisation israélienne galopante. Autant de raisons qui ont poussé le Palestinien Radi Jarai à abandonner l’idée d’une solution à deux États. L’ancien membre du Fatah milite désormais pour la création d’une entité binationale où Israéliens et Palestiniens vivraient ensemble, et en toute égalité. « Les Israéliens veulent la terre et ne veulent pas la paix. Donc on a besoin de changer d’état d’esprit et d’adopter une nouvelle stratégie », estime-t-il.

Ce constat d’échec était encore minoritaire il y a quelques années. Mais un récent sondage démontre que 65% des Palestiniens estiment qu’une solution à deux États est impossible à mettre en œuvre aujourd’hui. Pour Khalil Shikaki, directeur du Centre palestinien de recherches et d’études, un glissement naturel s’opère. « On atteint un record d’opinion en faveur d’un État binational. Parce qu’on atteint aussi un taux record de gens qui pensent que la solution à deux États n’est pas envisageable à cause de la colonisation », dit-il.

Déçus par le processus de paix et leurs dirigeants, les jeunes Palestiniens sont les plus fervents partisans de cette solution binationale. Une opinion qui comptera un jour. En Cisjordanie et à Gaza, près de 70% de la population a moins de 29 ans.

ISRAËL/PALESTINE

David Chemla : "Le statu quo est un choix politique qui ne peut aboutir qu’à deux scénarios suicidaires pour Israël"

Lundi 16 janvier 2017 par Nicolas Zomersztajn

Alors que la Conférence de Paris pour la paix au Proche-Orient s’est ouverte le 15 janvier 2017, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou a qualifié cette initiative française de « futile ». À cette occasion, nous avons sollicité le point de vue de David Chemla, secrétaire général de J Call en France, sur la place de la Diaspora dans le débat sur l’avenir de l’avenir de l’État d’Israël.

Les Juifs de diaspora doivent-ils faire quelque chose pour que la solution des États se réalise un jour ?

Il ne s’agit nullement d’une précaution oratoire mais il me paraît essentiel de préciser que les décisions concernant l’avenir d’Israël incombent exclusivement aux citoyens israéliens. Les Juifs de diaspora ne peuvent se substituer aux Israéliens. Toutefois, on ne peut ignorer, ni feindre d’ignorer, que ce type de décisions aura un impact sur le destin de l’ensemble du peuple juif. Bien que certains responsables politiques israéliens prétendent que le statu quo actuel soit la conséquence de circonstances indépendantes de la volonté d’Israël, il résulte aussi d’un choix politique qui ne peut aboutir qu’à deux scénarios possibles suicidaires pour Israël : l’État binational ou l’État d’apartheid.

C’est-à-dire ?

Pour des raisons démographiques longuement commentées depuis longtemps et pour des raisons de politique internationale, on ne pourra pas concevoir qu’un État puisse maintenir sous occupation une population de près de trois millions d’individus. La droite israélienne prétend que ces territoires sont « contestés » et non pas occupés. Ils sont peut-être contestés mais les populations palestiniennes qui y vivent sont occupées. Les pressions démographiques et internationales se multiplieront et s’intensifieront pour que les Palestiniens puissent bénéficier de droits civiques. Ce qui nous mène vers un État binational où les Juifs seront minoritaires. Ce scénario binational est de plus en plus possible si le statu quo est maintenu. Le second scénario, non démocratique, est celui d’un État d’apartheid. De facto, certains ingrédients sont déjà présents en Cisjordanie notamment suite aux mesures sécuritaires mises en place par les autorités israéliennes. Dans les deux cas de figures, cela entrainera des conséquences pour les communautés juives de diaspora. Dans le cas de l’État binational, il ne s’agira plus d’un État juif avec sa souveraineté, ses symboles, sa langue, son hymne, etc. Et un État d’apartheid serait insupportable pour les Juifs, quel que soit l’endroit où ils vivent. Ce type d’État non démocratique va non seulement à l’encontre des valeurs universelles des droits de l’homme mais aussi des valeurs qui nous été transmises par la tradition juive. C’est la raison pour laquelle les Juifs de diaspora peuvent et doivent se mobiliser pour que la solution des deux États soit mise en œuvre et sortir de ce statu quo suicidaire.

Est-il difficile pour des Juifs de diaspora de dénoncer cette politique d’occupation et de colonisation que poursuit le gouvernement israélien ?

Je pense que les difficultés sont liées à l’évolution du contexte international. À cause de l’occupation qui dure depuis bientôt 50 ans, Israël fait face à une campagne de dé-légitimation à laquelle les Juifs de diaspora doivent faire face. Il ne s’agit pas d’un mouvement de dé-légitimation de l’occupation des Territoires palestiniens. C’est l’existence de l’État d’Israël en tant que tel que ces mouvements anti-israéliens remettent en cause. Ce qui signifie que les Juifs dénonçant l’occupation et soutenant le camp israélien de la paix doivent se déployer simultanément sur deux fronts : à l’intérieur du monde juif, défendre nos idées concernant l’avenir d’Israël en tant qu’État juif et démocratique d’une part, et nous battre contre toutes les campagnes de dé-légitimation d’Israël tels que les boycotts d’autre part.

Comment expliquez-vous l’hystérie au sein de la communauté juive déclenchée par l’adoption de la résolution 2334 pour laquelle les États-Unis n’ont pas opposé leur véto ?

Je pense que le gouvernement israélien et les forces politiques qui le soutiennent en Israël instrumentalisent ce type de résolution de l’ONU pour multiplier les amalgames et faire croire que toute initiative internationale concernant Israël et le conflit israélo-palestinien relèvent de l’antisémitisme et d’une hostilité irréductible à Israël. Une partie de la communauté juive se laisse emporter par ce discours. Cela ne doit pas nous empêcher de défendre nos idées et de rappeler aussi que ces amalgames sont faux. Netanyahou et ses alliés se plaisent à dénigrer Obama mais de tous les présidents américains, il est celui qui a mené réellement une politique particulièrement favorable à Israël, notamment en ne s’abstenant qu’une seule fois au Conseil de sécurité lorsqu’un vote dénonçant la politique israélienne était adopté. Ce qui n’est absolument pas le cas de Poutine qui vote toutes les résolutions condamnant Israël. C’est aussi sous Obama qu’une aide militaire de 38 milliards a été accordée à Israël et que le bouclier anti-missile a été mis en œuvre par les Américains ! Mais il faut reconnaître que ce n’est pas la première fois que le gouvernement israélien s’efforce de développer un climat hystérique où la moindre critique de la politique d’occupation est considérée comme une trahison du peuple juif. Et comme les campagnes de dé-légitimation se multiplient, son discours a hélas plus de chances de trouver un écho favorable dans les communautés juives de diaspora.

Un fossé risque-t-il de se creuser entre Juifs de diaspora attachés à Israël et aux valeurs démocratiques et Israël ?

Non. Je pense qu’il y a et qu’il y aura encore un fossé qui se creusera entre la diaspora et un certain Israël, et non pas entre la diaspora et Israël dans sa globalité. Je fais cette distinction car il existe aussi une fracture énorme au sein de la société israélienne sur cette question de la démocratie. On voit bien le sort que veut réserver la droite nationaliste aux ONG militant pour les droits de l’homme et la paix. Toutes ces ONG réorientent aujourd’hui leur action vers la société israélienne. Et notre rôle est de les soutenir et les aider dans leur combat en faveur de la démocratie.

Avez-vous le sentiment que la question soutien inconditionnel au gouvernement israélien soit toujours présente ?

C’est un faux débat. Cette question est posée depuis que des mouvements juifs de soutien à la gauche israélienne et aux mouvements qui militent pour la paix existent. À aucun moment, la question du soutien inconditionnel n’est posée à ceux qui soutiennent la droite israélienne. Quand Yitzhak Rabin a lancé le processus d’Oslo avec les Palestiniens, la droite ne s’est pas gênée pour mener des campagnes virulentes de dé-légitimation de son gouvernement et de sa politique. Or, ce sont les mêmes qui nous parlent sans cesse de soutien inconditionnel au gouvernement israélien. Cela ne m’empêche pas de poursuivre le combat que je mène. J’estime même que c’est parce que je suis indéfectiblement attaché à Israël que je soutiens activement ceux qui se battent contre l’occupation et pour qu’Israël soit un État juif et démocratique aux côtés d’un État palestinien. Ne pas le faire, c’est se résigner à accepter ce qu’on ne veut pas : la fin d’Israël.

La première ambassade de Palestine inaugurée près le Saint-Siège

En présence du président de l’autorité palestinienne, le pape François a inauguré la première ambassade de Palestine, au Vatican. Un geste fort.

RCF, mardi 17 janvier 2017

Les relations entre le Vatican et les autorités palestiniennes ont franchi une nouvelle étape en 2015, avec la signature d’un accord qui aboutit à la création d’une ambassade palestinienne près le Saint-Siège. Et c’est cette ambassade que Mahmoud Abbas est venu inaugurer lors d’un déplacement à Rome.

"Il faut lier l’ouverture de cette ambassade à la reconnaissance réciproque entre les deux États, à la suite de la signature des accords bilatéraux il y a deux ans. Des accords selon lesquels le Saint-Siège reconnaît l’État palestinien comme un État membre, selon les frontières définies en 1967. Les Palestiniens ont été comblés par cette reconnaissance à cause de l’importance du Saint-Siège dans l’opinion publique. Mahmoud Abbas est reconnaissant envers le pape pour cette initiative et il va ouvrir cette ambassade avec cet optimisme. Pour les Palestiniens chrétiens également, ce geste est très bon" explique Mgr William Shomali, vicaire patriarcal à Jérusalem.

Les Palestiniens espèrent que cette décision aura un poids dans la résolution du conflit qui les opposent à Israël, et que d’autres pays européens pourraient eux-aussi, à la suite de cela, reconnaître la Palestine comme un État à part entière. Une décision qui commence déjà à porter ses fruits, notamment au Conseil de Sécurité de l’ONU.

La semaine dernière, lors de ses vœux au corps diplomatique accrédité près le Saint-Siège, le pape François a reformulé ses vœux de la reprise d’un dialogue entre Israéliens et Palestiniens. Un geste positif selon Mgr Shomali. "Le fait que le pape ait mentionné le conflit israélo-palestinien, le fait qu’il ait demandé que ce conflit ne soit pas oublié, le fait d’avoir demandé que les négociations reprennent, c’est déjà une prise de conscience très importante. Le pape a bien fait d’en avoir parlé" conclut-il.

Les Palestiniens ne pourraient pas bloquer le transfert de l’ambassade américaine (ministre israélien)

L’Orient le Jour avec AFP, mardi 17 janvier 2017

Un ministre israélien a déclaré lundi que les Palestiniens ne pourraient pas empêcher le prochain président Donald Trump de transférer l’ambassade des États-Unis en Israël de Tel-Aviv à Jérusalem.

Les dirigeants palestiniens ont mis en garde M. Trump contre les conséquences qu’aurait le transfert de la représentation diplomatique américaine. Mais le ministre israélien de la Coopération régionale Tzachi Hanegbi a assuré lundi que les Palestiniens seraient impuissants.

(…)

M. Trump, qui prendra ses fonctions vendredi, a promis pendant sa campagne électorale de reconnaître Jérusalem comme la capitale d’Israël et de déplacer l’ambassade des États-Unis de Tel-Aviv à Jérusalem.

Il romprait ainsi avec la politique historique des États-Unis qui est aussi celle de la très grande majorité de la communauté internationale et selon laquelle le statut de Jérusalem, également revendiquée par les Palestiniens comme capitale de leur futur État, doit se régler par la négociation.

Le secrétaire d’État américain sortant John Kerry a mis en garde contre le risque d’une "explosion absolue dans la région" en cas de déménagement. Son homologue français Jean-Marc Ayrault a dit dimanche que le transfert serait une "provocation" qui pourrait être "extrêmement lourde de conséquences".

Du côté des Palestiniens, le président Mahmoud Abbas a menacé de revenir sur la reconnaissance d’Israël par l’Organisation de libération de la Palestine, ce qui renverrait l’effort de paix plus de 20 ans en arrière. Revenir sur cette reconnaissance, "cela ne relève pas de la menace", a répondu Tzachi Hanegbi, "ce serait comme se tirer une balle dans la tête" pour les Palestiniens.

Quant à un nouveau soulèvement populaire palestinien, "je ne crois pas qu’Abou Mazen (Mahmoud Abbas, ndlr) ait intérêt à déclencher une intifada, je ne crois pas que les Palestiniens veuillent une nouvelle intifada", a dit M. Hanegbi, membre du parti Likoud du Premier ministre Benjamin Netanyahu.

Le statut de Jérusalem est l’une des questions les plus épineuses d’un règlement du conflit israélo-palestinien. Israël considère tout Jérusalem comme sa capitale indivisible, y compris Jérusalem-Est, partie palestinienne de Jérusalem occupée par Israël depuis 1967 et annexée en 1980. Les Palestiniens veulent faire de Jérusalem-Est la capitale de l’État auquel ils aspirent.

Le Hamas et le Fatah annoncent un accord pour former un gouvernement palestinien d’unité

(…)

Jack Khoury, Haaretz, mercredi 18 janvier 2017

Le Hamas et le Fatah se sont accordés pour la formation d’un gouvernement palestinien d’unité, ont déclaré les deux partis dans un communiqué depuis Moscou, où ils tenaient des discussions depuis dimanche.

Selon l’accord auquel ils sont parvenus à Moscou, les partis palestiniens, y compris le Jihad islamique, rejoindront les institutions de l’OLP pour former un nouveau Conseil National Palestinien. Le nouveau Conseil désignera le Comité Exécutif de l’OLP, la plus haute institution palestinienne au niveau politique et diplomatique.

Les partis palestiniens sont convenus que dans les deux mois de nouveaux membres seront élus au Conseil National et que les parties en présence s’efforceront de former un nouveau gouvernement.

Un responsable de haut niveau du Fatah, qui participait aux discussions à Moscou, a déclaré à Haaretz que "les conditions sont mûres pour un nouveau gouvernement d’unité, à la fois sur le plan interne et sur le plan international".

Ce responsable a mentionné la récente conférence pour la paix à Paris, la résolution du Conseil de sécurité contre les colonies, et l’élection du futur président Donald Trump comme une partie des raisons qui ont poussé à cet accord. "Un gouvernement d’unité est d’une importance stratégique pour les Palestiniens", a-t-il déclaré.

Traduit par BH pour l’AFPS.

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