Au sommaire cette semaine :

  • le Saint-Siège et Israël ;
  • Netanyahou en visite à Washington en février ;
  • les olim de France au miroir de la société israélienne ;
  • Jérusalem, pierre angulaire de la guerre et de la paix : le transfert de l’ambassade des États-Unis est une grave erreur ;
  • les messages de Riyad Mansour à l’ONU à propos de la situation en Palestine ;
  • une grève générale dans les localités arabes d’Israël ;
  • la démolition de maisons palestiniennes en Israël, la Nakba qui continue ;
  • ambassades à Tel-Aviv ou à Jérusalem ?
  • faire reculer le duo Trump-Netanyahou ;
  • les cultures agricoles brûlées par les autorités de l’occupation à la frontière de Gaza ;
  • Jérusalem : Paris condamne la reprise de la colonisation ;
  • l’inquiétude des diplomates européens devant la dégradation de la situation à Jérusalem-Est.

Saint-Siège et Israël: de nouvelles possibilités de coopération envisagées

Session plénière de la Commission de travail, à Jérusalem

18 janvier 2017Anita BourdinRome

Saint-Siège et Israël envisagent de nouvelles possibilités de coopération, indique un communiqué bilatéral qui salue les « progrès » dans les négociations sur les questions financières et fiscales notamment.

Un accord entre Israël et le Saint-Siège est prévu par l’Accord fondamental signé le 30 décembre 1993. Les négociations de la Commission bilatérale se poursuivent donc depuis plus de vingt ans.

L’Accord, signé par Mgr Claudio Maria Celli, représentant la Secrétairerie d’État, et par Yossi Beilin, alors vice-ministre israélien des Affaires étrangères, a permis l’établissement de rapports diplomatiques stables au niveau d’ambassades.

L’article 10 (§2) est relatif à des « questions de propriétés, économiques, et fiscales, concernant l’Église catholique en général en Israël ou bien des institutions catholiques »: « le Saint-Siège et l’État d’Israël réaffirment ensemble le droit de l’Église catholique à la propriété ».

Il prévoit que «le Saint-Siège et l’État d’Israël négocieront de bonne foi un accord global, apportant des solutions, acceptables pour les deux parties, aux problèmes en suspens, non résolus ou qui font l’objet d’un contentieux, et qui portent sur des problèmes de propriété et des questions économiques et fiscales concernant l’Église catholique en général, ou des institutions ou communautés catholiques particulières ».

« Pour ces négociations, précise cet article, la Commission de travail bilatérale permanente nommera une ou plusieurs sous-commissions bilatérales d’experts afin d’étudier ces questions et de faire des propositions. »

« Les parties prévoient d’engager ces négociations dans les trois mois qui suivront l’entrée en vigueur du présent Accord, et ont l’intention de parvenir à un accord deux ans après le début des négociations » : un point qui n’a pas pu être mis en pratique. « Pendant que se dérouleront ces négociations, toute action contraire à ces engagements sera évitée », ajoute le même paragraphe.

Au cours de la réunion plénière au Vatican, le 5 juin 2013, un communiqué annonçait une « conclusion rapide à court terme » de ces négociations.

Voici notre traduction, rapide, de travail, du communiqué publié par le Saint-Siège en italien et en anglais, ce 18 janvier 2017.

AB

Communiqué bilatéral

« La Commission bilatérale permanente de travail entre le Saint-Siège et l’État d’Israël s’est réunie aujourd’hui, 18 janvier 2017, en session plénière, à Jérusalem, pour poursuivre les négociations sur la base de l’article 10 §2 de l’Accord de base (« Fundamental Agreement ») entre le Saint-Siège et l’État d’Israël de 1993.

« La rencontre a été présidée par M. Tzachi HANEGBI, Ministre de la Coopération régionale de l’État d’Israël et par Mgr Antoine CAMILLERI, sous-secrétaire pour les Rapports avec les États. La session plénière a entériné les progrès accomplis par la Commission de travail pour ce qui concerne les négociations sur la base de l’article 10 §2 et elle se félicite qu’elles se soient déroulées dans une atmosphère réfléchie et construction.

« La plénière reconnaît en outre le travail effectué par le Ministère de la justice concernant l’application de l’Accord bilatéral de 1997, sur la personnalité juridique. Les parties se sont mises d’accord sur les étapes à venir en vue de la prochaine plénière prévue pour mars 2017 dans la Cité du Vatican.

« Après la réunion de la Commission bilatérale de travail, le Saint-Siège et l’État d’Israël ont tenu une session de consultations bilatérales au Ministère des Affaires étrangères. Les délégations ont discuté de matières d’intérêt commun, et elles ont exploré des nouvelles possibilités de coopération. »

Netanyahou en visite à Washington en février

Lundi 23 janvier 2017 par La Rédaction

Le président américain Donald Trump a invité le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou à lui rendre visite à la Maison Blanche en février, ont annoncé dimanche les deux autorités, à l’issue du premier entretien téléphonique entre les deux hommes depuis l’investiture de Trump.

« Une date finale sera fixée dans les jours qui précèderont » la visite, a précisé le bureau de M. Netanyahou en ajoutant que les deux dirigeants ont évoqué au cours de leur entretien « l’accord sur le nucléaire avec l’Iran, le processus de paix avec les Palestiniens et d’autres sujets ».

L’entretien téléphonique a été qualifié de « très chaleureux » par le bureau du Premier israélien. Le contraire serait étonnant. Donald Trump ne condamne absolument pas la colonisation de la Cisjordanie et de Jérusalem-Est. Par ailleurs, le gendre de Donald Trump, Jared Kushner, nommé Conseiller spécial à la Maison blanche notamment en charge du Proche-Orient, est proche des milieux colons en Israël. À travers la Fondation Kushner, sa famille soutient financièrement des projets de développement de la colonie de Beit-El. Elle a également fait don de fonds à la Fondation Etzion, un groupe qui finance des projets dans les colonies de Goush Etzion.

Une communication de la Maison-Blanche précise que Trump et Netanyahou ont discuté des manières de renforcer la « relation particulière » entre les deux pays. Le nouveau président américain et le Premier ministre israélien ont évoqué les « menaces que constitue l’Iran » et sont convenus qu’une paix israélo-palestinienne ne pouvait être que « négociée directement ».

Les échanges concernant l’Iran laissent présager un durcissement de la nouvelle administration américaine vis-à-vis de Téhéran. Netanyahou et Trump sont tous deux très critiques de l’accord international conclu sous l’administration Obama au sujet du nucléaire iranien, et Trump a même évoqué la possibilité de le renégocier.

Les olim de France au miroir de la société israélienne

Jeudi 19 janvier 2017 par Nathalie Hamou

Un sondage national commandé par la nouvelle association Dialogia scrute la perception que les Israéliens de souche ont des nouveaux immigrants français. Une image plutôt négative, même si un grand nombre des sondés ne savent pas se prononcer…

Le nombre de Juifs de France ayant décidé de s’établir en Israël a beau avoir affiché un net recul en 2016, on parle toujours autant de l’alya tricolore, dans l’Hexagone comme dans l’État hébreu. Dernier exemple en date : l’initiative de l’association Dialogia, fondée par le sociologue français Shmuel Trigano, professeur émérite à l’Université de Paris-Nanterre. À l’occasion de sa conférence inaugurale qui se déroulera ce dimanche 22 janvier à Tel-Aviv*, cette nouvelle structure propose de réfléchir à la nature de l’intégration des Juifs de France en Israël dans une société israélienne elle-même traversée par de nombreux clivages.

Pour ce faire, Dialogia a commandé une enquête d’opinion nationale qui renseigne sur l’image que les Israéliens de souche (ou vétérans) se font des nouveaux immigrants d’origine française. Les résultats de ce sondage réalisé par le centre Rushinek auprès d’un échantillon de 517 personnes âgées de 18 à 65 ans habitant Israël depuis au moins dix ans laissent à penser que les « olim » originaires de France souffrent d’une perception plutôt négative dans la société israélienne. « Les qualificatifs auxquels sont spontanément associés les immigrants de France ne sont guère flatteurs, voire choquants », notent les instigateurs de l’enquête, relevant toutefois qu’un pourcentage non négligeable de sondés ne savent pas se prononcer, « ce qui révèle aussi que l’Israélien moyen connait mal cette population ».

Premier enseignement : 81% des personnes interrogées estiment que l’arrivée des Juifs de France résulte de la fuite de l’antisémitisme et non d’un « choix libre ». Pour seulement un Israélien sur dix, les olim français ont émigré « par sionisme », c’est-à-dire par engagement positif. Par ailleurs, le premier mot auquel 16% des personnes interrogées associent le public francophone est « riche », et une partie des sondés incriminent les « Français » de la hausse des prix de l’immobilier, reflet de la crise du logement que connaît Israël, en particulier dans la région Centre. En outre, 22% des sondés associent les olim français aux mots de « gueulards » ou de « culottés ».

Enfin, aux yeux d’une majorité des Israéliens interrogés, les olim de France sont « religieux » (à 53%) et « de droite » (à 63%). D’une façon générale, « les Israéliens religieux affichant des revenus moyens et n’habitant pas dans la région de Tel-Aviv ont le profil le plus favorable à l’accueil des Juifs de France », relèvent encore les initiateurs de l’étude.

Autre chiffre intéressant et en revanche plutôt flatteur, 47% des personnes interrogées estiment que d’ici trois ans, les nouveaux immigrants de France seront intégrés à la société israélienne. Tandis que 58% des sondés pensent que l’alya de France va contribuer à l’élévation du niveau intellectuel du pays. Un point positif sur lequel veut précisément se concentrer la nouvelle association Dialogia, dont l’ambition est de « construire un pont intellectuel entre l’alya de France et la société israélienne ».

Jérusalem, pierre angulaire de la guerre et de la paix : le transfert de l’ambassade des États-Unis est une grave erreur

Le Comité palestinien contre le transfert de l’ambassade américaine à Jérusalem, vendredi 20 janvier 2017

Jérusalem a une importance unique, politique, religieuse et spirituelle, elle a toujours été l’épicentre du conflit au Moyen-Orient et un point crucial pour sa résolution. Toute décision concernant Jérusalem ne peut donc être prise à la légère et ses conséquences ne sauraient être sous-estimées.

Le Conseil de Sécurité des Nations Unies, (…) a adopté plusieurs résolutions, dont récemment la résolution 2334 (2016), qui évoque clairement la question de Jérusalem et réaffirme sa centralité, ainsi que les principes applicables à la situation qui prévaut dans la ville sainte. Dans ces résolutions, le Conseil de Sécurité a rappelé, en des termes non équivoques, que toutes les mesures législatives et administratives prises et les actions menées par Israël, puissance occupante, qui visent à modifier le caractère et le statut de la Ville Sainte de Jérusalem n’ont aucune validité juridique et constituent une violation flagrante du droit international et une obstruction grave pour la paix au Moyen-Orient. La résolution 478 (1980) a déterminé les responsabilités de tous les États à cet égard et a déclaré « décide de ne pas reconnaître la « Loi fondamentale » et les autres mesures prises par Israël qui, en vertu de cette loi, cherchent à modifier le caractère et le statut de Jérusalem et demande à tous les États membres d’accepter cette décision » et a appelé « les États qui ont établi des missions diplomatiques à Jérusalem de retirer ces missions de la Ville Sainte ».

(…) Transférer l’ambassade des États-Unis en violation de ces règles claires et fondamentales constituerait un séisme politique et juridique avec des conséquences considérables et imprévisibles, à un moment où la région connaît des bouleversements sans précédent avec un retentissement mondial.

Aucune paix ne peut être négociée sans Jérusalem et aucune solution ne peut être trouvée, et ceux qui agissent pour consolider l’annexion illégale de la ville par Israël ne font que nous éloigner de la paix et se disqualifient eux-mêmes de jouer un rôle quelconque pour la faire avancer.

Le transfert de l’ambassade des États-Unis à Jérusalem (…) pourrait nous rapprocher du point de bascule au-delà duquel la solution à deux États basée sur les frontières de 1967 ne pourrait pas être ressuscitée. La mort de la solution de deux États changerait radicalement le visage du conflit et le cadre pour sa résolution, avec des conséquences graves pour l’ensemble de la région. Cette décision des États-Unis ne porterait pas seulement préjudice au peuple palestinien, mais à ceux qu’elle prétend aider, car promouvoir l’occupation coloniale favorise le conflit.

Nous demandons à la nouvelle administration américaine d’évaluer soigneusement l’impact de ce déménagement sur l’image, les intérêts et la sécurité des États-Unis, car son rôle est de servir au mieux les intérêts du peuple américain, pas ceux des colons israéliens. (…)

L’administration américaine doit choisir entre plier devant les opinions les plus extrémistes du mouvement colonial en Israël et de ses représentants au sein du gouvernement israélien, ou maintenir ses positions et travailler à faire progresser la paix. Il doit être clair que ces deux positions sont irréconciliables. Le Président Trump doit comprendre qu’il s’agit de l’une des décisions les plus importantes qu’il aura à prendre en tant que président. Elle définira sa relation, et par conséquent la relation des États Unis sous sa présidence, avec la Palestine, les pays arabes, le monde musulman et le reste de la communauté internationale.

Nous exhortons également les institutions internationales concernées, tous les États et tous les peuples épris de liberté à travers le monde à se mobiliser pour empêcher une telle perspective, et pour défendre et faire respecter le droit international. La mobilisation des forces morales et politiques de notre époque est plus nécessaire que jamais pour mettre fin à l’injustice et à la dépossession qu’endure le peuple palestinien depuis 70 ans, et l’occupation militaire et coloniale de la Cisjordanie, dont Jérusalem-Est, et la Bande de Gaza depuis 50 ans.

Riyad Mansour envoie des messages à l’ONU à propos de la situation en Palestine

Ma’an News, lundi 23 janvier 2017

Publié le 21/01/2017

New York - Ma’an - L’observateur permanent de la Palestine auprès de l’Organisation des Nations Unies, Riyad Mansour, a envoyé trois lettres identiques à la fois au Secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies, au Président du Conseil de sécurité et au Président de l’Assemblée générale des Nations Unies pour les informer sur la situation de crise dans les territoires palestiniens occupés, et à Jérusalem-Est, où les forces d’occupation israéliennes continuent à semer la mort et la terreur parmi les civils palestiniens, y compris les enfants, par des exécutions extrajudiciaires et l’utilisation excessive de la force.

(…)

Mansour a joint dans ses lettres une liste de crimes et de violations des droits de l’homme et du droit international humanitaire commis ces derniers temps, délibérément et systématiquement par Israël, la puissance occupante, qui ont causé destruction, douleurs et souffrances au peuple palestinien.

Il a appelé la communauté internationale, et le Conseil de sécurité, à condamner ces crimes et exiger fortement qu’Israël, la puissance occupante, mette fin immédiatement à toutes les violations et les crimes contre les civils palestiniens et de se conformer à ses obligations en vertu du droit et des résolutions de l’Assemblée générale et du Conseil de sécurité, y compris la résolution 2334, que l’occupant israélien doit respecter sans condition.

Mansour a conclu ses messages en disant que les souffrances du peuple palestinien, et le but de parvenir à la paix continueront de façon tragique, tant qu’Israël, la puissance occupante, bénéficiera d’une impunité pour les crimes et les violations des droits de l’homme qu’elle a commis. À cet égard, "nous sommes fermement convaincus que la "culpabilisation" pourra mettre un terme à la culture d’impunité dont bénéficie Israël, qui le forcera au respect du droit international et des droits de l’homme".

Il ajoute que l’application de la loi, conformément aux résolutions de l’Organisation des Nations Unies, est impérative. Aussi, la communauté internationale se doit de prendre toutes les mesures nécessaires pour mettre un terme au comportement d’Israël comme un état au-dessus de la loi et mettre fin à son occupation illégale et à la répression du peuple palestinien et le vol de sa terre ; c’est le seul moyen pour parvenir à la paix.

Traduction : Moncef Chahed pourl’AFPS

Grève générale dans les localités arabes d’Israël

L’Humanité avec AFP, samedi 21 janvier 2017

Les localités arabes d’Israël observaient jeudi une grève générale pour protester contre la destruction la veille de maisons de Bédouins dans le désert du Néguev qui a donné lieu à des heurts avec les forces de l’ordre israéliennes, faisant deux morts.

À l’origine de l’appel à la grève, le Haut comité arabe de surveillance, qui représente les communautés arabes d’Israël, a également déclaré trois jours de deuil en solidarité avec la famille de Yacoub Moussa Abou al-Qiyan, l’une des deux victimes. Des habitants du village de Umm al-Hiran, où les démolitions ont eu lieu, ont affirmé que des policiers israéliens avaient tiré sur ce Bédouin de 47 ans, qui roulait doucement au volant de sa voiture.

Firas al-Omari, un responsable du Haut comité arabe de surveillance, indique que la grève est très suivie dans le Néguev (sud) où toutes les écoles et les commerces étaient fermés jeudi. Dans la ville arabe de Qalansuwa (nord), théâtre d’une grève la semaine dernière suite à la destruction de 11 maisons, la presque totalité des commerces, services et entreprises étaient aussi fermés jeudi à la mi-journée. À Nazareth, la plus importante ville arabe d’Israël, la grève était également très suivie, selon les médias israéliens. Une grande manifestation est en outre prévue samedi dans le nord d’Israël, a indiqué M. Omari. Selon les autorités israéliennes, les maisons de Bédouins détruites à Umm al-Hiran étaient dépourvues de permis. Le gouvernement a approuvé en 2013 la construction de deux localités à la place du village d’Umm al-Hiran, où vivent depuis des dizaines d’années les Bédouins, et la Cour suprême israélienne a approuvé l’évacuation de ses habitants. Selon Adalah, une ONG de défense des droits des Palestiniens, les nouvelles localités prévues sur le site seront réservées aux juifs.

Les démolitions à Umm al-Hiran interviennent au moment où le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, forcé par la justice de démanteler la colonie juive d’Amona en Cisjordanie occupée, est confronté à une surenchère pratiquée sur sa droite.

La démolition de maisons palestiniennes en Israël, c’est la Nakba qui continue

Seule une protection internationale mettra un terme à la discrimination systématique qui empêche les Palestiniens d’être assurés de conserver un toit sur la tête.

Jihad Abu Raya, Middle East Eye, vendredi 20 janvier 2017

Environ 70 000 familles palestiniennes en Israël vivent dans l’angoisse permanente. Elles craignent que les autorités israéliennes exécutent un ordre de démolition et abattent leur maison. Ces familles vivent littéralement une perpétuelle Nakba (exode palestinien de 1948 au cours duquel quelque 750 000 familles ont fui ou ont été expulsés).

Ce fut précisément, la semaine dernière, le sort de onze familles palestiniennes résidant à Qalansawe, au nord, ville du Triangle, région où se concentrent plusieurs villes palestiniennes à l’intérieur d’Israël. Le soir du 9 janvier 2017, les autorités ont signifié à ces familles leur intention de démolir leurs maisons.

Le matin suivant, des bulldozers israéliens sont entrés en action, soutenus par des milliers d’agents de police et de gardes-frontière, chargés d’exécuter ces ordres de démolition.

(…)

Du jour au lendemain, ces familles se sont retrouvées sans domicile, les autorités restant insensibles aux cris des enfants et à la vague froide qui sévit dans le pays ces jours-ci.

Une affaire de démolitions

Ce problème de la démolition de maisons à l’intérieur d’Israël n’a rien de nouveau. C’est une blessure ancienne, d’abord ouverte par la Nakba de 1948 elle-même, où Israël mit en action tous les bras et outils à sa disposition pour détruire plus de 500 villes palestiniennes, rasant les maisons et bannissant quelque 750 000 occupants.

À peine 150 000 Palestiniens sont restés dans le pays à cette époque. Israël les a traités en ennemis et estimé que leur longue présence – sans avoir saisi l’occasion de les déplacer quand il en était encore temps – constituait une erreur historique à « corriger » en les harcelant et en les poussant à l’exode. La démolition de maisons n’a été qu’un des outils parmi d’autres mis en œuvre pour atteindre cet objectif.

Les mesures prises sont en cohérence avec les recommandations du mémorandum de Koenig, document gouvernemental israélien interne et confidentiel, rédigé en 1976 – qui fut plus tard divulgué – qui débat des méthodes à employer par le gouvernement israélien pour traiter les populations palestiniennes indigènes encore présentes dans le pays. C’est aussi, de l’avis de certains, le fondement des politiques israéliennes actuelles mises en application à l’encontre des Palestiniens.

(…)

Logement précaire

Le droit au logement en Israël constitue un droit fondamental, en tous cas pour les Juifs. Le gouvernement et ses institutions, tant officielles qu’informelles, se consacrent à inscrire ce droit dans les faits et garantir définitivement une maison à chaque famille juive.

Mais il en va tout autrement des citoyens palestiniens d’Israël. (…)

C’est une politique aussi ancienne que la création de l’État d’Israël. Les statistiques officielles enregistrent la démolition de centaines de maisons palestiniennes chaque année en Israël : en Galilée ainsi que dans le Triangle et le Néguev. C’est pourquoi des milliers de jeunes Palestiniens en Israël remettent sans cesse à plus tard leur projet de mariage, car ils attendent d’avoir assez de ressources pour se construire une maison par leurs propres moyens. Ce qui ne manque pas de créer problèmes et tensions au sein des familles.

À l’intérieur d’Israël, des dizaines de villages et de sites bédouins dans le Néguev et en Galilée – où environ 90 000 citoyens palestiniens vivent à l’heure actuelle – existent depuis de nombreuses décennies. Pourtant, Israël refuse de les reconnaître ou de leur fournir eau et électricité, entre autres services fondamentaux, et leur envoie plutôt des avis de démolition.

Umm al-Hiran, village bédouin, en est une bonne illustration. Il a été menacé de démolition par le gouvernement israélien et ses habitants se sont vus frappés de bannissement, en vue de faire place nette pour qu’une ville juive, Hiran, soit édifiée sur ses ruines.

Moins de terres, plus d’interdictions

Depuis la Nakba, la population d’habitants palestiniens en Israël a été multipliée par huit environ mais les terres sous son contrôle n’ont fait que rétrécir, car elles leur ont été confisquées par le pouvoir aux termes de diverses lois.

Aujourd’hui, les Palestiniens constituent environ 20 % de la population d’Israël, mais contrôlent à peine 3 % des terres. Les deux tiers sont dédiés au logement et un tiers à l’agriculture. Plus de 1 000 villes nouvelles ont été construites depuis la naissance d’Israël : toutes juives. En revanche, pas une seule nouvelle ville palestinienne n’a été construite et les Palestiniens ont été interdits de séjour dans environ 70 % des villes israéliennes.

Une telle situation est rendue possible en raison de l’amendement à la loi des comités d’admissions. Votée à la Knesset, cette loi prévoit que soit assigné à chacune de ces villes un comité d’approbation dont la mission consiste à examiner les candidatures à logement. Comme par hasard, ces comités n’ont pas accepté une seule des candidatures soumises par les familles palestiniennes, au prétexte qu’aucune d’entre elles ne remplissait les critères de sélection pour résider dans ces villes. La Cour suprême israélienne a rejeté les appels qui mettent en doute la constitutionnalité et la légitimité de cet amendement à la loi.

La résurgence des démolitions d’habitations palestiniennes suit les menaces lancées par le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahou, le mois dernier. Il a déclaré que, suite à l’ordre prononcé par une cour israélienne d’évacuer la colonie israélienne illégale d’Amona en Cisjordanie, il riposterait en démolissant les maisons de citoyens israéliens situées dans le Triangle, le Néguev et en Galilée. Netanyahou a justifié cette mesure en déclarant qu’elle garantissait une « application de la loi égale pour tous ».

De toute évidence, le Premier ministre a ignoré les différences notables entre les deux parties. Il se trouve que les citoyens palestiniens sont les premiers à avoir occupé ce pays et ils ne demandent pas mieux que d’être autorisés à construire leurs maisons sur les terres qui leur appartiennent. En revanche, les colons d’Amona ont construit leurs colonies sur des terres appartenant aux citoyens palestiniens, ils les leur ont volées en plein jour.

Qu’à cela ne tienne : le gouvernement israélien a mis tout en œuvre pour apporter de l’aide aux colons d’Amona et rendre légal le vol dont ils se sont rendus coupables.

Discrimination systématique

Pour obtenir un permis de construire, le propriétaire d’une maison a l’obligation d’obtenir l’approbation juridique de ses plans architecturaux. Ces autorisations sont délivrées par une organisation relevant du ministère de l’Intérieur et par des commissions de construction immobilière, dont la tâche est de garantir que les besoins en logements de chaque ville soient pourvus. À l’exception de cas très rares, tous les membres de ces comités sont juifs.

Normalement, les villes juives délivrent en quelques années leur approbation des plans architecturaux, mais dans les villes palestiniennes israéliennes, cela peut parfois prendre jusqu’à vingt ans. Les plans architecturaux juifs bénéficient de l’aide et du soutien financier du gouvernement ainsi que d’institutions diverses et variées, dont l’Israel Land Administration (administration des terres en Israël) et le Jewish National Fund (Fonds national juif), mais ces mêmes agences ne ménagent pas leurs efforts pour créer des obstacles destinés à répondre par une fin de non-recevoir aux plans architecturaux prévus pour les villes palestiniennes.

Par conséquent, les citoyens palestiniens n’ont pas d’autre alternative que de construire leurs maisons sur leurs propres terres – sans permis de construire. C’est ainsi que le gouvernement israélien se sent légitimé à constater l’infraction, à les poursuivre en justice, à les menacer de démolition, en les accusant d’avoir enfreint la loi ou de ne pas respecter l’État de droit.

Petit à petit, les villes palestiniennes se sont muées en ce qui ressemble à des ghettos, assaillis de tous les côtés. Le gouvernement israélien a obtenu un tel résultat après s’être emparé du contrôle d’environ 93 % des terres, dont celles appartenant aux Palestiniens déplacés et celles confisquées aux citoyens palestiniens. Ces villes sont entourées de terres administrées par l’Israel Land Adminisration.

En tant que tel, il est quasiment impossible d’étendre la zone constructible des villes palestiniennes. (…)

En réaction à la démolition de leurs maisons, les citoyens palestiniens d’Israël organisent manifestations et grèves de la faim. (…)

La démolition de maisons palestiniennes en Israël ne pose ni un problème juridique, ni un problème de délivrance de permis. C’est un enjeu national, tournant autour du fait que les premiers occupants de ces régions subissent non seulement des discriminations raciales, mais sont, depuis la Nakba, également victimes d’une tentative de nettoyage ethnique, culturel et historique.

Par conséquent, la solution se trouve en dehors du système judiciaire israélien, dans la protection par les instances internationales des habitants palestiniens résidant en Israël.

Jihad Abu Raya, avocat palestinien et militant basé au nord d’Israël, est l’un des fondateurs du mouvement Falastenyat.

Traduit de l’anglais (original) par MEE

Ambassades à Tel-Aviv ou à Jérusalem ?

par Alain Legare

Dans son programme électoral, Donald Trump indiquait qu’une des premières mesures qu’il prendrait une fois élu serait de transférer l’Ambassade des États-Unis de Tel-Aviv à Jérusalem. Il est vrai que ce serait une nouveauté puisque pratiquement toutes les ambassades en Israël sont installées à Tel-Aviv. Or cette décision du président américain fraîchement élu soulève un tollé, puisque même le ministre français des affaires étrangères, Jean-Marc Ayrault, a fustigé cette idée de transfert, la qualifiant de provocation. Lui-même oubliant sans doute que la France a officiellement nié le lien qui lie le peuple juif à Jérusalem, ce qui à ses yeux ne serait donc pas une provocation, l’obscénité française n’ayant plus de limite.

Or qu’y a-t-il de révoltant à ce que les ambassades soient installées à Jérusalem ? 

Ma position quant au peuple palestinien est toujours la même, c’est-à-dire que c’est une imposture créée dans les années 60 pour venir à bout du peuple juif. Cette position est largement documentée, contrairement à celle des incultes volontaires qui soutiennent la position "deux États pour deux peuples" basée sur rien, si ce n’est sur la stratégie arabe qui permet de s’approcher un peu plus du but initial et qui n’a jamais changé, à savoir jeter les juifs à la mer. 

Or même si on se place dans l’optique frauduleuse de la solution à deux États, il y a toujours été question de séparation de Jérusalem, à savoir Jérusalem-Ouest pour les juifs et Jérusalem-Est pour les Arabes. Par conséquent, je ne comprends pas comment ose-t-on venir contester l’installation d’ambassades à Jérusalem-Ouest. Ou alors, j’ai peur de trop bien comprendre : en effet, contester aussi aux juifs la gestion de la partie ouest de la ville revient à leur refuser toute souveraineté sur Jérusalem aujourd’hui, et demain sur Tel-Aviv, Haïfa et Beer-Sheva. Cela vient donc confirmer ma version sur les adeptes de la formule "deux États pour deux peuples" même assortie du mot magique "paix", qui contestent en réalité tout ce qui n’est pas arabe et épousent de manière sournoise la solution finale qui consiste à vouloir jeter les juifs à la mer.

Le véritable scandale est que les ambassades soient aujourd’hui situées à Tel-Aviv, ce qui représente une forme passive de négation de l’appartenance aux juifs de la moindre parcelle de leur capitale Jérusalem.

J’ai réussi à écrire tout cet article sans utiliser le mot antisémitisme, mais ça a été très difficile.

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Ambassades à Tel-Aviv ou à Jérusalem?

Mardi 24 janvier 2017 par AFP

Un accord difficilement forgé par le gouvernement israélien pour éviter d’avoir à évacuer de force une colonie emblématique de Cisjordanie occupée menace de s’écrouler, deux semaines avant l’échéance.

Le gouvernement de Benjamin Netanyahou est confronté avec la colonie d’Amona à un casse-tête qui a mis à l’épreuve la cohésion de son gouvernement.

Le gouvernement est en effet tenu par une décision de la justice israélienne de démolir d’ici au 8 février cette colonie illégale aux yeux de la justice israélienne.

Toutes les colonies, les implantations civiles israéliennes en territoire occupé, sont considérées comme illégales au regard du droit international. Elles sont aussi vues par une grande partie de la communauté internationale comme un obstacle majeur à la paix entre Israéliens et Palestiniens. Mais Israël distingue entre les colonies qu’il a approuvées, et les autres, dites sauvages, comme Amona.

Les 40 familles d’Amona ont longtemps refusé de déménager, confrontant le gouvernement Netanyahou à la perspective, lourde de dommages politiques potentiels, de devoir employer la force.

Après des semaines de surenchère des défenseurs de la colonisation au sein de sa majorité, le gouvernement a obtenu en décembre que l’échéance initiale du 25 décembre pour l’évacuation soit repoussée à février. Les habitants ont accepté de partir pacifiquement contre la promesse d’être relogés sur des terrains voisins.

Mais l’accord est en passe de capoter, ravivant le spectre d’une évacuation forcée et de violences entre habitants et leurs supporteurs d’une part, forces israéliennes de l’autre.

La Cour suprême israélienne a interdit ce lundi à titre provisoire à l’État israélien de prendre possession des terrains sur lesquels le gouvernement prévoyait de déplacer les résidents d’Amona, et d’y entreprendre des travaux, jusqu’à ce que la Cour ait démêlé la situation légale de ces terres, a rapporté l’ONG Yesh Din. Yesh Din avait saisi la Cour suprême et soutient des Palestiniens qui revendiquent des droits sur les terres en question.

Le chef de cabinet de B. Netanyahou, Yoav Horowitz, a admis dimanche devant des ministres à huis clos que l’accord ne pouvait être appliqué à cause de complications légales, a rapporté la presse.

"Nous nous rendons compte aujourd’hui que le gouvernement et les responsables nous ont menti", a dit à l’AFP Eli Greenberg, un habitant d’Amona qui fait office de porte-parole pour les autres.

Environ 400.000 colons israéliens mènent une coexistence souvent conflictuelle avec 2,6 millions de Palestiniens en Cisjordanie.

Faire reculer le duo Trump-Netanyahou

Communiqué de l’AFPS, lundi 23 janvier 2017

48h à peine après l’entrée en fonction de Donald Trump, le premier échange téléphonique avec Netanyahou a été aussitôt suivi de l’annonce de la construction de 566 logements à Jérusalem-Est. Fin décembre Netanyahou avait demandé de « geler » leurs permis de construire en attendant le 20 janvier.

(…) « ils ne sont qu’un coup d’envoi : nous avons des plans pour la construction de 11000 logements ».

(…)

L’annonce d’une rencontre Trump-Netanyahou dès février, et au menu la mise à bas de l’accord international avec l’Iran, impose une réaction forte et rapide face à ce qui deviendrait très vite une mécanique infernale non maîtrisable, avec le transfert de l’ambassade américaine à Jérusalem ou l’annexion de zones stratégiques coupant pratiquement la Cisjordanie en deux.

(…) Quand monte à travers le monde le rejet de tout ce que représente Trump, il est possible de faire reculer le tandem Trump-Netanyahou.

À la France de jouer son rôle, elle qui a soutenu la résolution 2334, et de ne plus se contenter de déclarations verbales. Elle doit aujourd’hui interdire l’entrée des produits et services liés à la colonisation et reconnaître l’État de Palestine dans les frontières du 4 juin 1967 avec Jérusalem-Est pour capitale.

Le Bureau national

Les autorités de l’occupation brûlent les cultures agricoles à la frontière de Gaza

Ma’an News, mercredi 25 janvier 2017

Les avions israéliens ont repris la pulvérisation des cultures agricoles saisonnières à l’aide d’herbicides, tout le long de la bande frontalière, qui s’étend du nord jusqu’au sud est de Gaza, une zone où est concentrée toute la réserve de nourriture de la population de la bande de Gaza et cela sans aucune considération pour leurs besoins alimentaires.

Ces attaques israéliennes se sont répétées pour la deuxième année consécutive sous prétexte de maintenir une visibilité de sécurité tout le long de la frontière pour empêcher toute infiltration, ce que rejettent les Palestiniens et considèrent comme une justification supplémentaire pour détruire leur économie.

(…)

L’ingénieur Wael Thabet, de la Direction générale de la protection des végétaux a confirmé que le ministère de l’Agriculture s’est adressé au cours de ces deux dernières années à plusieurs organismes de droits de l’homme et aux institutions internationales pour faire arrêter les pratiques israéliennes, contre les agriculteurs de Gaza qui dépendent de l’agriculture pour leur subsistance.

(…)

Il a souligné que les pulvérisations des herbicides transportés par ces avions pénètrent jusqu’à un kilomètre voire un kilomètre 200 à l’intérieur des terres, ce qui endommage les cultures tout le long de la frontière et cause de lourdes pertes aux agriculteurs.

(…)

La bande frontalière, du nord au sud, représente un tiers des terres agricoles dans la bande de Gaza, en particulier la région, qui se trouve à l’est de l’avenue Salah al-Din, qui est fertile et qui est considérée comme la réserve nourricière pour les habitants de Gaza.

Les herbicides utilisés par les avions de l’occupation sont des produits chimiques qui tuent les plantes vertes, et surtout empêchent la germination des graines plus tard si elles sont plantées dans le sol.

Traduit pour l’AFPS par Moncef Chahed

Jérusalem : Paris condamne la reprise de la colonisation

Le Figaro avec AFP, mardi 24 janvier 2017

La France a condamné aujourd’hui le feu vert donné par Israël à la construction de centaines de logements à Jérusalem-Est.

"La colonisation constitue une menace grave pour la solution à deux États, à laquelle la communauté internationale a rappelé son attachement lors de la conférence internationale de Paris le 15 janvier dernier", a déclaré le porte-parole du Quai d’Orsay, Romain Nadal.

Les diplomates européens s’inquiètent de la dégradation de la situation à Jérusalem-Est

Dans un rapport confidentiel, les chefs de mission de l’UE soulignent une aggravation de l’abandon des quartiers arabes de la ville et l’avancée des colonies.

Piotr Smolar, Le Monde, mercredi 25 janvier 2017

L’installation éventuelle de l’ambassade américaine à Jérusalem suscite en Israël d’innombrables commentaires. Mais la vie quotidienne dans la partie orientale, palestinienne, de la cité, demeure une sorte de « trou noir », ignoré par le grand public. Silwan, Jabel Mukaber ou encore Wadi Joz, ces quartiers délaissés et discriminés, sont au cœur d’un rapport interne, rédigé par les chefs de mission de l’Union européenne à Jérusalem et à Ramallah. Ce rapport, dont Le Monde a pris connaissance, dresse un bilan très alarmant pour 2016. Les tendances observées les années précédentes « se sont aggravées », « compromettant sérieusement la viabilité d’une solution à deux États ».

Selon les auteurs, « l’aliénation et la marginalisation des Palestiniens » aura un prix pour tous. « Les tensions devraient encore s’accroître », notamment en raison du 50e anniversaire, en juin, de l’occupation et de la prise de contrôle israélienne sur Jérusalem-Est. Les auteurs reconduisent les recommandations du rapport 2015, en visant notamment le commerce avec les colonies en Cisjordanie. Ils proposent à l’UE de développer de nouvelles notices interprétatives pour différencier les colonies et Israël, au-delà de l’étiquetage des produits fabriqués dans les implantations, déjà adopté en novembre 2015. Celui-ci devrait être strictement appliqué par tous les États membres.

Taux de pauvreté de 75 %

Le rapport illustre l’abandon des quartiers arabes et l’avancée des colonies. Les Palestiniens sont 316 000 à vivre dans le territoire de la municipalité de Jérusalem, soit 37 % de la population. Comme le rappelle le document, la politique démographique israélienne vise à empêcher les Palestiniens de dépasser le seuil de 40 %. Israël utilise, pour y parvenir, la révocation du statut de résident, la limitation sévère depuis 2014 de l’obtention de la citoyenneté israélienne, mais, surtout, le maintien d’obstacles quasiment insupportables en matière de logement, alors que les besoins sont criants.

Confrontés au mur bureaucratique, beaucoup cherchent à contourner les interdictions de construire. Le nombre de démolitions (172) et d’évictions a plus que doublé en 2016, par rapport à l’année précédente, alors que des « politiques hautement restrictives » obligent de nombreux Palestiniens à agrandir leur logement en toute illégalité. Près de 22 000 foyers sont ainsi menacés de démolition, un acte pourtant illégal pour une force occupante au regard du droit international, rappelle le rapport. En dix ans, 900 bâtiments, résidentiels ou non, ont été détruits à Jérusalem-Est.

Malgré un système fiscal identique pour tous les habitants de Jérusalem, la part du budget municipal consacré aux Palestiniens « n’atteint pas 10 % », note le texte. Cela se traduit par l’effacement des services publics (…) s’ajoute l’impact de la barrière de sécurité, qui isole encore davantage (…) Le préjudice causé par la barrière en termes d’emploi et de commerce s’élève à environ 200 millions de dollars par an. Le taux de pauvreté est passé de 64 % en 2006 à 75 % en 2016.

Le système scolaire est aussi en déshérence à Jérusalem-Est. (…)

« Une narration historique uniforme »

Les colonies, elles, n’ont pas à se plaindre : les autorités les couvent. Près de 211 000 colons vivent à Jérusalem-Est, qui selon tous les projets de paix négociés depuis les accords d’Oslo, doit devenir la capitale d’un État palestinien. Leurs communautés connaissent un taux de croissance de 3 % par an. En 2016, « le nombre de nouveaux permis de construire a augmenté », note le rapport. Il faut ajouter à cela 2 600 colons vivant dans des enclaves au milieu de quartiers palestiniens.

Le plus sensible est celui de Silwan, qui monte de la vallée jusqu’au pied de la Vieille Ville. Près de 500 juifs radicaux y vivent sous haute protection. (…) L’organisation d’extrême droite Elad, qui contrôle le parc de la Cité de David tout au nord de Silwan, a lancé des dizaines de demandes d’éviction en justice. Elle joue un rôle décisif, dans le tourisme et l’archéologie, pour « promouvoir une narration historique uniforme qui ignore celle des Palestiniens ».

Rare bonne nouvelle : l’année 2016 a été marquée par une décrue des tensions sur l’esplanade des Mosquées (mont du Temple pour les juifs), où se trouve la mosquée Al-Aqsa. (…)

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