Cette semaine :

  • Pot-pourri politique d’A. Soued ;
  • le point de vue d’Élie Barnavi (polémique) ;
  • le commencement d’évacuation d’Amona par la police israélienne ;
  • Trump-Netanyahou : les murs de la honte ;
  • les municipales palestiniennes fixées au 13 mai ;
  • le stand AFPS - CNF CGT des services publics ;
  • les Bédouins d’Israël, victimes de la colonisation intérieure.

Pot-pourri politique sans périodicité ni priorité

Albert Soued et www.nuitdorient.com – N° 183 - le 27 janvier 2017
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Israël
- Il y a entre 196 et 250 pays au monde suivant les définitions. Israël est classé 154ème pour sa superficie et 97ème pour sa population. Selon Bloomberg Innovation Index, Israël est 10ème mondial pour l’économie innovante (11ème en 2016). Dans les sous-classements, l’État juif est 1er mondial pour la recherche, 2ème pour les investissements dans la recherche et le développement, 3ème pour le taux d’entreprises high-tech!

- Dans le Négev, on trouve 240 000 bédouins dont les 2/3 vivent dans 9 cités créées pour eux et 1/3 dans 360 campements sauvages couvrant de très grands espaces qui ne leur appartiennent pas, ce qui pose un problème aigu. À cela s’ajoutent la faiblesse de la conscription (2%) pourtant autorisée pour les bédouins, le chômage, la radicalisation, les accidents de la route.

- Un sondage réalisé par l’Institut Maagar Moh’ot du Prof. Itshak Katz auprès de la population juive israélienne montre que 29% sont en faveur d’une annexion par étapes de la Judée-Samarie, 29% sont en faveur d’une annexion totale et immédiate et…7% se sont prononcés pour la création d’un État arabe palestinien. 18% n’ont pas d’avis. Le sondage montre aussi qu’une large majorité de la population estime qu’un État arabe palestinien ne verra jamais le jour du fait du refus constant des Arabes palestiniens de reconnaître le droit à l’existence d’un État juif.

États-Unis
- Selon l’Institut de recherche Pew, 74% des Républicains ont plus de sympathie pour Israël que pour les Palestiniens, contre 33% pour les Démocrates. Quant à l’inverse, les nombres sont de 11% et 31%. 44% des Républicains pensent qu’il est possible aux deux populations de coexister pacifiquement contre 60% des Démocrates. 50% des Républicains voient favorablement le 1er ministre Netanyahou contre 21% des Démocrates.
- 2 heures avant son départ de la Maison Blanche et malgré un avis défavorable du Congrès, l’ex-président Obama a accordé 227 millions $ à l’Autorité palestinienne...
- Même après son départ Obama continue à diviser l’Amérique. Lors de sa dernière conférence de presse, Obama a dit une petite phrase qui résume bien son futur programme: « Je n’hésiterai pas à intervenir publiquement durant le mandat de Donald Trump si je vois que les valeurs fondamentales des États-Unis sont menacées ». (Sous-entendu, les valeurs fondamentales selon la vision de la gauche). Pour cela, Obama et sa femme, au lieu de rentrer à Chicago, vont s’installer à Washington, ce qui est du presque jamais vu dans l’histoire des présidents américains. Un signe qui confirme que l’ex-président veut rester à proximité du pouvoir.
- Linda Sarsour, conseillère et proche collaboratrice d’Obama, -- donc payée par l’ex-administration -- a organisé la manifestation de Washington contre Trump, lors de sa prestation de serment. Linda Sarsour est aussi membre des Frères musulmans, prône ouvertement la charia, et soutient les terroristes islamistes y compris Daesh. Elle a organisé cette manifestation avec l’aide du milliardaire Soros,
(…)

Grande-Bretagne
Voilà ce qu’écrivait le Haut Commissaire du Mandat britannique en 1925 dans un rapport sur la Palestine: "Après les persécutions russes, il y a 40 ans, l’immigration des Juifs en Palestine a permis de créer des implantations agricoles, développant la culture et l’exportation des oranges (de Jaffa), la culture de la vigne et l’exportation de vins. Ils ont drainé les marécages, planté des eucalyptus et ont pratiqué des méthodes modernes d’agriculture. Aujourd’hui il existe 64 implantations de dimensions diverses et 15 000 habitants. Tout visiteur est impressionné par le contraste saisissant entre ces villages agréables, beaux et prospères et les conditions primitives de vie et de travail dans l’environnement arabe... Ces implantations sont et demeureront celles du Juif pionnier. Toute tentative de lui nier le droit à la Palestine et d’empêcher son entrée et son contrôle de ce pays, désigné pour le peuple juif par la Ligue des Nations, est une violation de la loi internationale, entraînant des poursuites"

Le point de vue d’Élie Barnavi

Mon gendre Jared, un si bon garçon…

Mardi 31 janvier 2017 par Elie Barnavi, Ancien ambassadeur d’Israël

Trump le fantasque et l’imprévisible. Au Proche-Orient comme ailleurs, il faudra du temps avant que le brouillard se lève dans la politique de la nouvelle administration américaine.

Ceux qui s’imaginent que Trump président fera mentir Trump candidat et Trump président élu en seront probablement pour leurs frais.

On dira que Trump n’a pas de « programme ». (…) Pour s’en tenir à la politique étrangère, on n’en discerne pas moins (…) quelques idées-forces. Elles tiennent en trois mots : isolationnisme, protectionnisme, unilatéralisme. À eux trois, ces « ismes » signalent la fin d’un ordre mondial mis en place sous l’égide américaine à la sortie de la Seconde Guerre mondiale. Trump n’a que mépris pour les piliers de cet ordre mondial, notamment l’OTAN, dont il proclame l’obsolescence, et l’Europe unie, que les Américains ont portée sur les fonts baptismaux et dont lui souhaite ouvertement la mort. Il cherche la confrontation avec la Chine, que ses prédécesseurs n’ont eu de cesse à réintroduire dans le jeu international, et entend opérer avec Moscou un véritable renversement d’alliances.

On a déjà abordé dans ces colonnes le volet israélo-palestinien de sa politique. Là aussi, il proclame sa volonté d’en finir avec une diplomatie dont tous les présidents, démocrates comme républicains, ont respecté les grandes orientations : solidité de l’alliance américano-israélienne, soutien à la solution à deux États, hostilité aux implantations censées en empêcher l’avènement. Il y a dit tout le mal qu’il convenait de penser de la résolution 2334 du Conseil de sécurité du 23 décembre dernier sur les implantations (…) parce que cette résolution, qui n’est pas « juridiquement contraignante », mais l’est « psychologiquement », « a trop donné aux Palestiniens » et, ce faisant, a rendu la tâche plus ardue au champion toutes catégories de « l’art du deal » de négocier le moment venu.

Heureusement, quelqu’un est là pour démêler l’écheveau et faire le « deal » du siècle : son gendre Jared Kushner, juif orthodoxe, et par ailleurs très officiellement promu conseiller du président élu au mépris des règles en vigueur contre le népotisme. Mais qu’est-ce qui rend Jared, dont la famille compte parmi les principaux donateurs de la colonie de Beth El en Cisjordanie occupée, apte à faire office d’honnête courtier entre Israéliens et Palestiniens ? (…)

Signe des temps, avec une telle capacité d’analyse et son éloquence de garçon boucher, Trump s’est placé au centre du jeu proche-oriental. Le jour même où son interview était publiée dans le Times de Londres et le Bild allemand, à cinq jours de son inauguration, l’ombre orange du président élu flottait sur les quelque 75 ministres des Affaires étrangères qui se réunissaient à Paris pour tenter de maintenir en vie la solution à deux États. Désireuse de donner des gages à Trump au moment où elle est engagée dans un bras de fer avec ses partenaires européens, Theresa May, Première ministre britannique, avait déjà durement critiqué le discours-testament de son collègue américain John Kerry, ainsi que la résolution 2334 dont les Anglais avaient pourtant été, de l’aveu même de Boris Johnson, son secrétaire au Foreign Office, les principaux maîtres d’œuvre. À Paris, pour faire bonne mesure, elle a envoyé des seconds couteaux, puis a refusé de signer la déclaration finale de la conférence, bien édulcorée pourtant par les soins des Américains. Enfin, elle a empêché le Conseil européen d’en endosser les conclusions.

Au Proche-Orient comme ailleurs, il faudra du temps avant que le brouillard se lève et que l’on voie plus clair dans la politique de la nouvelle administration américaine. Donald Trump a beau ressembler à feu Idi Amin Dada, les États-Unis ne sont pas l’Ouganda. Une administration pléthorique, des agences puissantes, un congrès où la majorité républicaine est ténue et peut s’avérer rétive, une opinion publique majoritairement hostile, tout cela risque de réduire singulièrement la marge de manœuvre du président. Déjà, la cacophonie s’installe dans une équipe présidentielle qui tire à hue et à dia, déchirée qu’elle est entre tropismes idéologiques divergents et intérêts contradictoires.

La grande inconnue reste Trump lui-même. Les lignes de force de sa politique que nous identifions tantôt et leur incidence sur le Proche-Orient étaient valables pour hier. Le sont-elles encore aujourd’hui avec un si fantasque personnage ? Le seront-elles toujours demain ?

Cisjordanie

La police israélienne commence l’évacuation d’Amona

Mercredi 1 Février 2017 par AFP

Alors qu’Israël annoncé hier soir la nouvelle construction de 3.000 logements de colonisation en Cisjordanie, quatrième annonce du genre en moins de deux semaines depuis l’investiture de Donald Trump, la police israélienne a commencé ce mercredi matin l’évacuation d’Amona qui était depuis plusieurs années au cœur d’une bataille politique et légale.

(…)

Amona est habitée depuis la fin des années 1990. La Cour suprême israélienne en a ordonné l’évacuation d’ici au 8 février parce qu’elle avait été construite, selon elle, sur des terres privées palestiniennes. Il s’agit donc d’une colonie dite sauvage, c’est-à-dire illégale au regard du droit qu’Israël applique à la majorité de la Cisjordanie.

La colonie d’Amona a mis à l’épreuve la cohésion du gouvernement de Benjamin Netanyahou, confronté sur sa droite au forcing des plus ardents défenseurs de la colonisation, à commencer par les ministres du Foyer juif, parti nationaliste et religieux.

Trump-Netanyahou : les murs de la honte

Communiqué de l’AFPS, lundi 30 janvier 2017

Si Trump est un maître du genre, Netanyahou lui aussi sait utiliser Twitter pour exprimer sa pensée. D’un minimessage bien balancé, il a célébré cette brillante idée de l’ami américain : la construction du Mur à la frontière avec le Mexique. Cette mesure a choqué le monde entier et valu à Trump une protestation de la communauté juive du Mexique et une condamnation du maire de Berlin qui sait d’expérience ce que signifie un Mur.

Mais peu importe à Netanyahou, trop heureux de pouvoir afficher sa communauté de vue avec Trump : un Mur du même type a permis à Israël de bloquer toute arrivée de migrants venant du Sinaï. Bravo donc à ceux qui suivent l’exemple israélien !

Il oublie de dire que l’autre Mur, construit sur des terres palestiniennes volées au prétexte de la sécurité et condamné par la Cour internationale de Justice, qui pourrit la vie quotidienne de centaines de milliers de Palestiniens est chaque jour contourné par de nombreux Palestiniens qui vont travailler en Israël au péril de leur vie.

Israël, passé maître dans la violation des Conventions de Genève, a trouvé à Washington un acolyte à sa mesure. Nul doute que Netanyahou brûle d’envie de le féliciter aussi pour son décret anti musulmans, même s’il en est empêché par le tollé général soulevé sur toute la planète.

Il vient le 29 janvier d’inviter l’ensemble des pays ayant leur ambassade à Tel Aviv à la transférer à Jérusalem. Pas sûr qu’il convainque facilement les Mexicains, auxquels il a refusé de faire des excuses, de procéder à ce transfert pour la seule satisfaction de se retrouver ainsi, pour une fois, du supposé « bon côté » du Mur !

Le Bureau national

Les municipales palestiniennes fixées au 13 mai

L’Orient le Jour avec AFP, mercredi 1er février 2017

Le gouvernement palestinien a fixé mardi au 13 mai la tenue des élections municipales, suspendues à l’automne, a indiqué à l’AFP un ministre, assurant qu’elles auraient lieu en Cisjordanie et dans la bande de Gaza, tenues par des directions rivales.

Aucune élection n’a été organisée en même temps dans les deux territoires palestiniens depuis 2006, et ce dernier rendez-vous électoral avait été finalement suspendu. La justice à Ramallah avait estimé que les conditions n’étaient pas réunies pour un scrutin à Gaza, tenue par le Hamas islamiste, à couteaux tirés avec l’Autorité palestinienne qui siège à Ramallah.

Mardi, peu après que Hussein al-Aaraj, ministre des Collectivités locales, a annoncé à l’AFP que les municipales "se tiendront le 13 mai en Cisjordanie et dans la bande de Gaza", le Hamas a dénoncé une décision "invalide" renforçant la "division" et "servant les intérêts politiques du Fatah", le parti du président Mahmoud Abbas.

Le Hamas avait, selon les observateurs, pris de court l’Autorité palestinienne en acceptant les élections à l’automne après avoir boycotté les précédentes. Le mouvement avait ensuite vivement dénoncé la suspension du scrutin et refuse aujourd’hui son report.

La Cisjordanie et la bande de Gaza sont séparées géographiquement par le territoire israélien et politiquement par des années de querelles entre l’Autorité palestinienne et le Hamas.

L’Autorité, reconnue internationalement, siège en Cisjordanie occupée par l’armée israélienne. Le Hamas, considéré comme une organisation terroriste par Israël, les États-Unis ou l’Union européenne, gouverne sans partage sur Gaza depuis qu’il en a évincé l’Autorité par la force en 2007 après avoir été privé de sa victoire aux législatives de 2006.

Stand AFPS - CNF CGT des services publics

AFPS, mardi 31 janvier 2017

La Fédération CGT des Services publics a invité l’AFPS à tenir un stand de solidarité avec la Palestine à l’occasion de son Conseil National Fédéral au siège Confédéral à Montreuil les 25 et 26 janvier dernier.

Excellent accueil de la part de la Fédération des services publics CGT., mais surtout des militants (un indice : 1 500 € de ventes de produits pour quelques 150 personnes du CNF !... ce n’est pas de la consommation... c’est véritablement de la solidarité !... boostée par la mission en Palestine de la direction fédérale prévue en mars prochain) Cette mission à la rencontre des syndicats indépendants palestiniens et israéliens, mais également d’autres rencontres politiques et de terrain en Palestine et en Israël est bien avancée. La fédération a acheté pour les participants à cette mission toutes les brochures éditées par le GL AFPS 66 qui étaient en notre possession.

Gros succès des cartes "reconnaissance de l’État de Palestine" mais également des tracts de la campagne BDS Banques menée en partenariat entre autres avec la CGT.

Les Bédouins d’Israël, victimes de la colonisation intérieure

Les Bédouins sont l’objet de harcèlement de la part des autorités israéliennes, qui voudraient les parquer dans des réserves et des bantoustans, et installer des familles juives à leur place. Le Fonds national juif (KKL-FNJ) sert de paravent pour expulser les Bédouins sous couvert de création de forêts. Reportage.

Pierre Barbancey, l’Humanité, lundi 30 janvier 2017

C’est la triste histoire des habitants de deux villages jumeaux, Umm al-Hiran et Atir. Deux villages peuplés par les membres d’une tribu de Bédouins, les Abou Al Qi’an. Nous sommes dans le Néguev, en Israël. La semaine dernière, la police a débarqué en force – comme à son habitude – pour tenter de démolir des maisons. La manifestation a dégénéré. Un habitant, Yakoub Abou Qi’an, a été tué par balles et un policier a perdu la vie, percuté par une voiture. Venu soutenir la population, le député de la Liste unie (à laquelle participe le Parti communiste israélien) Ayman Odeh a été sérieusement blessé, touché en pleine figure par une balle non létale, recouverte de mousse. La gravité des incidents a fait éclater le problème aux yeux du monde entier : les Bédouins d’Israël, tout comme les Palestiniens des territoires occupés, sont expulsés et leurs maisons détruites. Fruit d’une politique de colonisation, y compris interne. Une « judaïsation » du territoire.

Quelque temps auparavant, nous nous trouvions justement à Umm al-Hiran. Le chef de la tribu, Raed Abou Qi’ian, nous avait reçus. Il avait expliqué la première expulsion de leur terre originelle, en 1948, à Khirbet Zubaleh (entre Beer Sheva et Gaza), que les Bédouins cultivent depuis des siècles. Ils ont alors été déplacés d’un endroit à l’autre, au bon vouloir de l’armée israélienne et de son administration. Jusqu’à ce qu’en 1954 un ordre militaire leur ordonne de se rendre à Wadi Atir où la tribu construit les deux villages : Umm al-Hiran et Atir. Pour autant, l’État israélien ne reconnaît pas ces deux entités. (…)

Pour le mouvement sioniste, les Bédouins ne sont que des nomades sans attache permanente

La majorité des habitants du Néguev (Nakab en arabe) étaient des Bédouins palestiniens. En 1947-1948, à partir du partage de la Palestine mandataire par l’ONU et jusqu’à la création de l’État d’Israël, la plupart d’entre eux ont été expulsés vers Gaza et vers la Jordanie. Seuls 12 % de la population arabe originelle sont restés, devenant plus tard citoyens israéliens. Avant cette date, l’économie des Bédouins était essentiellement basée sur l’agriculture et l’élevage. Mais le mouvement sioniste, comme il l’avait fait au début du XXe siècle avec l’installation de colonies en Palestine, a propagé l’idée que le Néguev n’était pas habité, les Bédouins n’étant, à leurs yeux, que des nomades sans attache permanente et donc sans titre de propriété. Le fameux slogan « Une terre sans peuple pour un peuple sans terre », dont on connaît la fausseté. C’est sous ce prétexte que les Bédouins qui sont restés dans le Néguev ont été transportés d’un endroit à un autre, d’abord au nord et au nord-est de Beer Sheva, dans un endroit particulièrement aride et austère nommé Siyag. Mais, même là, les Bédouins ont été considérés comme indésirables. Il fallait qu’ils laissent la place à des familles juives. (…)

« Malgré l’ordre militaire (il existe d’ailleurs une lettre qui confirme les dires de ce chef bédouin), nos villages n’ont pas été reconnus », souligne Raed Abou Qi’an. « En conséquence, le village n’a jamais été connecté à l’eau, à l’électricité ou au réservoir d’égouts et on a dénié aux habitants les services de base auxquels ont le droit tous les citoyens », dénonce l’organisation israélienne Adalah, qui se bat pour le droit des minorités arabes. (…) Colère mais pas abattement pour Maryam et les autres membres de la communauté. Des panneaux solaires ont été installés. Une crèche a été ouverte ainsi qu’une bibliothèque. Et le comité a mis en place des activités de nettoyage des déchets autour du village. « Parce que la dignité passe aussi par le respect de notre environnement », précise la jeune femme.

Dans les décennies précédentes, le gouvernement israélien a également fait intervenir un acteur clé de sa politique de colonisation et de maquillage de l’histoire, le KKL ou Fonds national juif (FNJ). Comme l’écrit l’historien israélien Ilan Pappé dans un ouvrage qui fait date, le Nettoyage ethnique de la Palestine (éditions Fayard), « c’était le service installation du FNJ qui décidait du sort des villages (arabes – NDLR) détruits une fois qu’ils étaient rasés – de ce qui allait les remplacer, implantation juive ou forêt sioniste ». Le FNJ ou le mythe de l’organisation qui allait faire « fleurir le désert » ou dont les activités de boisement sont présentées comme une mission écologique.

La tribu Abou al-Qi’an, elle, a eu affaire au KKL-FNJ dès 1963. Une forêt a vu le jour sur leurs terrains et des familles juives se sont installées, bénéficiant de toutes les infrastructures, comme on peut le voir. Des poteaux partent de ces fermes reliées par des câbles électriques en évitant soigneusement les villages bédouins. « Apparemment, dans la démocratie israélienne, l’État a le droit de déraciner des Arabes de leurs maisons et de planter des arbres à la place », ironise Ali Abou Qi’an.

À El Arakeb, non loin de là, la communauté bédouine connaît un harcèlement similaire. Le village a été détruit 102 fois par les autorités israéliennes. En juillet 2010, le 27, 1 700 policiers accompagnés de chiens et épaulés par des hélicoptères ont rasé complètement le village, ont arraché près de 4 500 arbres dont des oliviers et des figuiers. (…)

« C’est une véritable politique d’apartheid, dénonce Salem Abou Mdegen, avocat et membre du secrétariat du mouvement Hadash (Front démocratique pour la paix et l’égalité, dont la principale composante est le Parti communiste israélien). Ce qu’ils veulent, c’est prendre de plus en plus de terres aux Arabes. Ceux qui s’installent sont des colons extrémistes qui portent une kippa tricotée (signe des extrémistes en Israël – NDLR) et sont membres du parti de Naftali Bennett (chef du Foyer juif, opposé à un État palestinien et ministre dans le gouvernement de Netanyahou – NDLR). »

L’État poursuit l’installation de juifs israéliens sur les ruines des villages bédouins

Au début des années 2000, les habitants d’Umm al-Hiran et d’Atir ont retrouvé espoir. Celui-ci n’a pas duré. On leur a dit que leurs villages et 23 autres allaient être reconnus. Fini l’instabilité, l’incertitude. Mais rien n’a été fait et, dès 2011, Netanyahou a abandonné le projet. Aidés par Adalah, ils sont allés en justice. Le 25 mai 2015, la Haute Cour de justice a reconnu que les Bédouins n’étaient pas là illégalement mais a estimé que les autorités avaient tout de même le droit de les déplacer pour la quatrième fois. ( …) Israël veut donc à nouveau les expulser et les installer dans ce qui ressemble fort à une réserve indienne. Une ville créée pour confiner l’ensemble des Bédouins. Dans le même temps, l’État poursuit l’installation de juifs israéliens, sur ces mêmes terres, sur les ruines des villages bédouins. C’est ainsi qu’est né « Hiran », à Wadi Atir. Aucun document approuvé en avril 2003 par le Conseil national pour la planification et la construction ne fait référence aux villages bédouins d’Atir et Umm al-Hiran et encore moins à la nécessité de les reconnaître. Au contraire, les documents indiquent que la zone est totalement vide et inhabitée.

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