Relevés cette semaine :

  • Moyen-Orient : « par votre persévérance, vous alimentez notre espérance » ;
  • Pot-pourri politique sans périodicité ni priorité ;
  • la défense par l’ONU du choix d’un Palestinien comme émissaire en Libye ;
  • Netanyahou contre un État palestinien ;
  • être député arabe en Israël, un « défi permanent » ;
  • Israël-Palestine : Washington délaisse la solution à deux États.

Moyen-Orient: « par votre persévérance, vous alimentez notre espérance »

8 février 2017Anne KurianAudience générale, Pape François

Audience du 8 février 2017, capture CTV

« Par votre témoignage et par votre persévérance, vous alimentez notre espérance », a dit le pape François aux chrétiens du Moyen-Orient, au cours de l’audience générale du 8 février 2017.

Le pape a en effet salué les pèlerins de langue arabe présents salle Paul VI au Vatican pour la rencontre hebdomadaire. Après la catéchèse qu’il venait de donner sur l’espérance « ecclésiale », il a souligné : « On n’apprend pas à espérer tout seul ».

Et le pape de remercier les chrétiens du Moyen-Orient pour leur témoignage d’espérance, avant d’être traduit en arabe par un collaborateur.

Dans sa catéchèse en italien, le pape a souligné que « personne n’apprend à espérer seul » : « Pour être alimentée, l’espérance a nécessairement besoin d’un « corps » dans lequel les différents membres se soutiennent et se raniment mutuellement. Cela veut dire alors que, si nous espérons, c’est parce que beaucoup de nos frères et sœurs nous ont enseigné à espérer et ont gardé vivante notre espérance ».

Il a rendu hommage à « ces frères qui nous donnent le plus beau témoignage, le plus fort, parce qu’ils demeurent fermes dans leur confiance dans le Seigneur, sachant qu’au-delà de la tristesse, de l’oppression et du caractère inéluctable de la mort, la dernière parole sera la sienne, et ce sera une parole de miséricorde, de vie et de paix… cette parole : ‘Viens, viens à moi, mon frère ; viens, viens à moi, ma sœur, pour toute l’éternité’ ».

Pot-pourri politique sans périodicité ni priorité

Albert Soued et www.nuitdorient.com – N° 184 - le 15 février 2017
-

Autorité palestinienne (AP)

- Indignation d’un réfugié palestinien : « Je n’ai pas d’espace pour vivre dans le camp de réfugiés. Pourquoi je vis ici ? Après 69 ans de conflit, c’est une honte d’être considéré comme un réfugié et de vivre cette vie… Depuis 69 ans, l’Autorité palestinienne reçoit beaucoup d’argent grâce à moi. Ils m’utilisent pour obtenir plus de fonds en mon nom. Je ne vois pas de changement… Nous avons les mêmes infrastructures qu’il y a 40 ans. Il y a en moyenne 50 élèves dans la même classe. Quand j’étais étudiant, nous manquions de choses élémentaires à l’école. Nous avions l’habitude de passer l’hiver sans chauffage et il n’y avait même pas un ventilateur en été. Nous avons à peine eu des stylos pour écrire. Je viens d’une famille pauvre. Il n’y avait pas de nourriture à l’école pour ceux qui n’avaient pas d’argent. Ils enseignent l’anglais de la 1ère à la 9ème année, mais les étudiants finissent ce cycle en étant à peine capables de combiner deux phrases ensemble. Dans mon camp, il n’y a pas de terrains de jeux. Ils n’ont jamais enseigné l’art ou la musique ici. Certaines écoles privées l’encouragent, mais la plupart des écoles ignorent l’art et la musique…. En raison de l’apport international de fonds, les conditions auraient dû être meilleures. Je blâme la corruption pour cette réalité. Selon les rapports financiers de l’UNRWA, des choses élémentaires devraient être disponibles dans ces écoles, mais elles ne le sont pas. Concernant l’appui financier que l’UNRWA obtient, en raison de la corruption, nous sommes floués… Un employé de l’UNRWA peut gagner 10 000 $ par mois. D’autres gagnent plus. Ils ont des voitures de luxe et des appartements. Certaines villas sont gratuites. Pendant ce temps, les enseignants palestiniens locaux embauchés par l’UNRWA gagnent de 700 $ à 800 $ par mois. Les gens de l’étranger reçoivent 10 fois plus. Alors que les réfugiés souffrent, ces gens vivent une vie luxueuse. Si je suis encore un réfugié c’est à cause d’eux »

- Quel usage est fait des milliards $ que l’AP reçoit des différentes organisations internationales et des pays occidentaux ? L’argent passe d’abord par le filtre des « commissions » constituées d’apparatchiks qui commencent par se servir. Ensuite, cet argent sert à financer des attentats du Fatah, puis à compenser la famille du terroriste qui touche entre 50 et 70 000 $. Mais l’essentiel va au consortium Falcon du président Mahmoud Abbas et de ses fils, puis à des amis influents. Spécialisé initialement dans le domaine de la construction et des activités associées, où cette famille étouffe administrativement jusqu’aux petits entrepreneurs qui tentent de survivre avec leur petite part de marché, Falcon est par la suite devenu une sorte de holding présente dans de nombreux domaines de l’économie palestinienne, assurances, tabacs et cigares, médias, compagnie d’électricité, agence de développement, taxis jaune-orange pour imiter New York et épater l’américain crédule… (source Dreuz.info)

- Le journaliste Muhammad Al-Sheikh a critiqué les factions palestiniennes qui défendent la résistance armée, comme le Hamas et le Fatah radical. En invoquant cette résistance et en rejetant l’option de la paix, ils consentent à leur suicide politique. Pour lui, le Congrès américain exprime des positions pro-israéliennes et, préoccupé par des crises plus urgentes, le monde arabe ne s’intéresse plus à la cause palestinienne. D’après lui, s’obstiner à la résistance armée, ne fait que du tort aux Palestiniens eux-mêmes…

- L’AP dispose de plus de représentations diplomatiques dans le monde que l’État d’Israël : 103 représentations dans 95 pays, alors qu’Israël dispose de 102 représentations dans 78 pays.

(…) 
Arabie
Un récent sondage réalisé par l’Institut IDC pour la Politique et la Stratégie a révélé que seulement 18% des Saoudiens considèrent Israël comme leur principal ennemi; 22% considèrent que c’est l’État Islamique, tandis que 53% pointent l’Iran.

Israël
- Les menaces actuelles au Moyen Orient proviennent d’une double rivalité ethnique et religieuse, la rivalité ethnique Turquie/Iran et la rivalité religieuse sunnite/chiite pour la domination de la région. Israël ne souhaite pas s’y immiscer, mais l’équipe Trump le laissera-t-il en dehors de ce tumulte, quand la priorité est de venir à bout de l’État Islamique (sunnite) d’abord, et de calmer ensuite l’offensive apocalyptique de l’axe chiite.

- Selon Dr Mordekhay Kedar, professeur à l’Université Bar Ilan, spécialiste des questions arabes, vétéran de 25 ans de Renseignement Militaire, le gouvernement ne fait pas grand-chose en faveur de « Jérusalem capitale éternelle d’Israël ». Il faudrait y installer l’important Ministère de la Défense, considérer l’aéroport Ben Gourion, comme celui de Jérusalem et non pas Tel-Aviv, le décorer en conséquence, commémorer chaque année le transfert par le roi David de la capitale de Hébron à Jérusalem et la construction du 1er Temple, changer le nom arabe de « al Qods » en « Yéroushalayim », rappeler devant chaque église et mosquée, en plusieurs langues « Bienvenue à Jérusalem, la capitale historique et éternelle d’Israël », bref mettre en avant un fait que beaucoup ont tendance à oublier ou à négliger.

- Le saviez-vous ? Il y a 423 000 juifs en Judée-Samarie et 205 000 à Jérusalem-Est, soit près de 10% de la population juive d’Israël. Le Parlement vient d’adopter une loi légalisant toute implantation en Judée-Samarie, même située sur un territoire non revendiqué ; en cas de revendication ultérieure justifiée, le propriétaire doit accepter une compensation, ce qui éviterait les déplacements douloureux de populations.

- Judée-Samarie : Selon Maître Bertrand Ramas-Muhlbach, éminent juriste sur le plan international, la réalité juridique est que la Judée Samarie n’est ni palestinienne, ni occupée.

États-Unis
Depuis l’élection de Donald Trump comme président, les manifestations provoquées par la gauche ne cessent pas dans le pays et les actes antisémites sont en pleine recrudescence aussi bien aux États-Unis qu’au Canada, sans qu’on puisse expliquer le lien. En janvier, les institutions juives ont recensé plus d’une centaine de menaces de bombes dans une vingtaine d’états. Les écrits, tags et slogans antisémites s’intensifient venant des 2 extrêmes de l’horizon politique.

(…)

L’ONU défend le choix d’un Palestinien comme émissaire en Libye

Romandie avec AFP, lundi 13 février 2017

Nations unies (États-Unis) - Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a défendu samedi par la voie de son porte-parole son choix de l’ancien Premier ministre palestinien Salam Fayyad comme émissaire de l’ONU en Libye, une nomination qui a été bloquée par les États-Unis.

Sa candidature "reposait uniquement sur les qualités personnelles reconnues de M. Fayyad et sur sa compétence pour ce poste", a déclaré le porte-parole de l’ONU, Stéphane Dujarric.

"Les employés des Nations Unies servent à titre strictement personnel et ne représentent aucun gouvernement, ni aucun pays", a-t-il ajouté.

L’ambassadrice américaine à l’ONU, Nikki Haley, s’est opposée vendredi à la nomination de Salam Fayyad, déclarant dans un communiqué que les États-Unis n’étaient pas "en faveur du signal que cette nomination enverrait aux Nations Unies", où l’État de Palestine n’est pas reconnu comme un membre à part entière.

"Pendant trop longtemps, l’ONU a été injustement biaisée en faveur de l’Autorité palestinienne et au détriment de nos alliés en Israël", peut-on lire dans le communiqué.

(…)

Les nominations des représentants spéciaux du secrétaire général de l’ONU doivent obtenir l’approbation unanime des 15 membres du Conseil de sécurité.

Guterres pris par surprise

La décision américaine de bloquer Salam Fayyad a pris le chef de l’ONU par surprise.

"Sur la base des informations qu’il avait reçues, le secrétaire général avait le sentiment, qui s’est avéré faux, que cette proposition était acceptable pour les membres du Conseil de sécurité", a dit Stéphane Dujarric à l’AFP.

(…)

La Palestinienne Hanan Ashrawi, membre du comité exécutif de l’Organisation de libération de la Palestine, a condamné la décision américaine comme étant une "discrimination flagrante".

Le président américain Donald Trump avait menacé les Nations Unies de mesures de rétorsions après l’adoption, en décembre, par le Conseil de sécurité d’une résolution condamnant les colonies israéliennes dans les Territoires palestiniens.

"À partir de maintenant, les États-Unis agiront et ne feront pas que parler pour soutenir nos alliés", a ajouté Nikki Haley.

L’ambassadeur français François Delattre a apporté son soutien au choix de Salam Fayyad, "une personnalité de grande qualité, unanimement appréciée pour son expérience et son expertise", a t-il déclaré.

"La France renouvelle sa pleine confiance au Secrétaire général pour identifier la personnalité qui représentera les Nations unies sur le dossier libyen, sur lequel la communauté internationale doit être plus que jamais mobilisée", a-t-il ajouté.

L’ambassadeur israélien a au contraire applaudi la décision américaine, la décrivant comme "le début d’une nouvelle ère dans laquelle les États-Unis se tiennent fermement aux côtés d’Israël contre toute tentative de s’en prendre à l’État juif".

Le Conseil de sécurité discutera du conflit israélo-palestinien mercredi, jour où Donald Trump doit recevoir le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, à la Maison Blanche.

Netanyahou est contre un État palestinien, dit un ministre israélien

L’Orient le Jour avec Reuters, mardi 14 février 2017

Benjamin Netanyahou est opposé à la création d’un État palestinien, a indiqué lundi un membre du gouvernement israélien, sans préciser si le Premier ministre exprimerait publiquement cette position lors de sa rencontre avec Donald Trump mercredi à Washington.

Cette remarque émane du ministre de la Sécurité Gilad Erdan, membre du Likoud, le parti conservateur de Netanyahou, dont les dirigeants ont souvent adopté des positions plus intransigeantes que leur chef de file.

"Je pense que tous les membres du cabinet de sécurité, et en premier lieu le Premier ministre, sont opposés à un État palestinien", a dit Erdan sur la radio de l’armée.

"Personne ne pense que dans les prochaines années un État palestinien soit quelque chose qui puisse ou qui doive se produire, à Dieu ne plaise", a-t-il ajouté.

Interrogé pour savoir si Netanyahou pourrait exprimer cette position en public lors de sa rencontre avec Donald Trump, le ministre de la Sécurité a répondu : "le Premier ministre doit évaluer les choses en fonction de ses impressions lors de la rencontre et des positions qu’il découvrira sur place. Personne ne sait quelles sont les positions du président (Trump) et de son administration".

Les dirigeants palestiniens mais également l’administration Obama se sont souvent interrogés sur la détermination de Netanayhou à trouver une solution à deux États, une position qu’il avait exprimée pour la première fois dans une déclaration en 2009.

Pour Wasel Abou Youssef, membre de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP), les actions menées sur le terrain par l’extrême droite israélienne empêchent la création d’un État palestinien.

Depuis l’investiture de Donald Trump le 20 janvier, Benjamin Netanyahou a approuvé la construction de 6.000 logements supplémentaires en Cisjordanie et à Jérusalem-Est, s’attirant une condamnation de la communauté internationale à laquelle les États-Unis ne se sont pas joints.

Au cours des derniers jours, l’administration Trump a semblé adopter une position plus nuancée à l’égard d’Israël admettant que la poursuite de la colonisation ne contribuait pas à l’établissement de la paix.

Être député arabe en Israël, un « défi permanent »

L’Orient le Jour avec AFP, mardi 14 février 2017

Arabes, citoyens israéliens, se revendiquant également pour beaucoup comme Palestiniens, mais aussi élus de l’État hébreu : les députés arabes au Parlement israélien se retrouvent régulièrement pris en étau. Une position difficile à tenir et de plus en plus inconfortable, assurent-ils.

C’est un paradoxe : en 2015, ils ont enregistré leur plus large victoire en remportant 13 sièges sur les 120 de la Knesset, le Parlement israélien ; mais depuis, ils ne se sont jamais sentis autant visés et impuissants.

Ces derniers mois, ces députés ont notamment vu leurs collègues débattre de la possible interdiction de l’appel à la prière musulmane. Cette loi vise, selon eux, tout particulièrement les Arabes israéliens, les descendants des Palestiniens restés sur leur terre à la création d’Israël, qui représentent aujourd’hui 17,5 % de la population, mais affirment être traités en citoyens de seconde zone. Il y a ensuite eu la loi sur la légalisation de la saisie de terres palestiniennes au profit des colons israéliens. Choqués, souvent vindicatifs, ils ont participé aux débats sans pouvoir faire pencher la balance.

Et certains d’entre eux estiment désormais qu’« il y a certaines lois que nous sommes dans l’obligation de ne pas respecter », affirme Ahmad Tibi. « C’est un défi permanent : la Knesset est de plus en plus extrémiste et ce n’est pas facile pour nous d’y siéger », témoigne ce député élu pour la première fois en 1999 et quatre fois réélu. L’actuelle mandature « est la pire » car elle se déroule sous un gouvernement « extrémiste de droite ». Avec de nombreux collègues, assure-t-il, « on ne se salue pas, on ne se parle pas ».

Lors des législatives de 2015 qui ont porté au pouvoir la coalition la plus favorable à la colonisation, les Arabes israéliens ont pour la première fois depuis la création d’Israël en 1948 décidé de former un front commun.

« Pas parler en arabe »

Ils se sont regroupés au sein de la Liste arabe unie, une coalition rassemblant des islamistes aux communistes. Avec 12 députés arabes et un juif, elle est la troisième force d’opposition, mais reste fragilisée par ses divisions internes. Cinq autres Arabes israéliens siègent à la Knesset dans différents partis dont certains de la majorité.

Associés aux Palestiniens, les députés arabes ont senti des pics de tension au moment des trois offensives menées par Israël contre Gaza. À ces moments, affirme M. Tibi, ses collègues « ne voulaient pas entendre le point de vue arabe, ni même entendre parler en arabe, ils voulaient qu’on se fonde dans le consensus ». Récemment, le chef de la coalition gouvernementale à la Knesset, David Bittan, les a accusés de « représenter les intérêts palestiniens » plutôt que ceux d’Israël. Mais Abdallah Abou Maarouf, député de la minorité druze, défend son « droit légitime en tant que citoyen » de chercher à « changer la politique de discrimination anti-Arabes en Israël ». M. Tibi assure avoir été la cible d’appels à la violence. Le très nationaliste ministre de la Défense Avigdor Lieberman a appelé à le « faire passer devant un peloton d’exécution », car « nous sommes des terroristes et des ennemis de l’État », raconte-t-il.

Procédure inédite

Son collègue Bassel Ghattas fait désormais l’objet d’une procédure sans précédent. Son immunité parlementaire a été en partie levée par la Knesset parce qu’il est accusé d’avoir fait passer des téléphones à des détenus condamnés à de lourdes peines. Zeev Elkin, ministre de l’Environnement, également en charge de la très sensible question de Jérusalem dans le gouvernement de Benjamin Netanyahu, a rassemblé 72 signatures réclamant l’éviction de M. Ghattas. La loi israélienne prévoit qu’un tel vote peut être inscrit à l’ordre du jour si au moins 70 signatures sont rassemblées. Ce n’est jusqu’ici jamais arrivé. Le conseiller juridique du gouvernement a lui aussi réclamé que des poursuites soient engagées contre le député. Une requête « illégale » aux yeux d’Adala, ONG de défense des droits des Arabes israéliens, dans la mesure où n’a pas été accordé à M. Ghattas le délai légal pour répondre aux accusations qu’il réfute.

Pour autant, les députés arabes marquent parfois des points. Comme l’a fait la féministe Aïda Touma, qui est devenue la première femme, mais aussi la première Arabe, à présider une commission permanente à la Knesset : celle des femmes.

Majeda EL-BATSH/AFP

Israël-Palestine : Washington délaisse la solution à deux États

Le Point avec AFP, mercredi 15 février 2017

La Maison-Blanche rompt avec les administrations précédentes concernant le règlement du conflit israélo-palestinien. Mardi 14 février, elle a annoncé ne plus être arc-boutée sur la solution à deux États. Cette solution dite à deux États sert depuis des décennies de référence à la communauté internationale pour tenter de trouver un accord de paix au Proche-Orient. La dirigeante palestinienne Hanane Achraoui a rapidement réagi à ce changement de cap. Mardi, elle a déclaré que la position de l’administration Trump sur la solution à deux États n’avait « aucun sens ».

« Cela n’a aucun sens », a dit Hanane Achraoui après que la Maison-Blanche a indiqué ne plus être arc-boutée sur la solution à deux États. « Il est clair que l’administration américaine est en train d’essayer de satisfaire la coalition extrémiste de (Benyamin) Netanyahou », le Premier ministre israélien, a-t-elle dit.

Rupture

Mais, à la veille de la première rencontre officielle dans le bureau ovale entre le président américain et le Premier ministre israélien, un responsable de la Maison-Blanche a signalé une rupture avec ce principe : il a expliqué que les États-Unis n’insisteraient pas sur une solution à deux États entre Israël et les Palestiniens. « Une solution à deux États qui n’apporte pas la paix est un objectif que personne ne cherche à atteindre », a déclaré ce responsable. « La paix est l’objectif, que cela soit sous la forme d’une solution à deux États si c’est ce que les parties veulent ou quelque chose d’autre si les parties le veulent », a-t-il précisé. « Nous ne dicterons pas les termes de ce que sera la paix », a-t-il insisté. Le principe de deux États « vivant côte à côte en paix et en sécurité » a été défendu depuis un demi-siècle par tous les présidents américains, démocrates comme républicains.

Son « ami le président Trump »

Pendant la campagne, Donald Trump s’était clairement affiché pro-israélien, tout en affirmant que, s’il était élu, il présiderait à un accord de paix entre l’État hébreu et les Palestiniens. Benyamin Netanyahou, qui avait vu dans la victoire de son « ami le président Trump » une « chance formidable » pour Israël, devra toutefois confronter les promesses du milliardaire américain avec la réalité encore floue de sa politique sur le conflit israélo-palestinien.

Sous pression de la frange la plus dure de son gouvernement de droite et favorable à l’annexion d’une partie de la Cisjordanie occupée, Benyamin Netanyahou comptait dire à Donald Trump qu’il soutenait toujours une solution à deux États.

Une alliance forte

Le dirigeant israélien « doit arriver en présentant la solution à deux États comme une vision et esquisser, en attendant, de possibles accords intérimaires acceptables par les Palestiniens », avait indiqué son conseiller diplomatique Michael Oren avant de se rendre à Washington.

Benyamin Netanyahou a dîné mardi soir au département d’État avec le chef de la diplomatie américaine Rex Tillerson, avant d’avoir, mercredi, les honneurs de la Maison-Blanche et des dirigeants du Congrès. En quittant Tel-Aviv lundi, il avait réaffirmé que « l’alliance avec les États-Unis avait toujours été extrêmement forte » et qu’elle allait l’être « encore plus ».

Le président Trump a toutefois modéré ses propos de campagne après son entrée à la Maison-Blanche le 20 janvier.

Limites à la colonisation

L’exécutif américain a posé, depuis, des limites à la colonisation dans les Territoires palestiniens, tout en disant ne pas avoir de position définitive sur le sujet. Et le président a prévenu vendredi dans un journal israélien que l’expansion des colonies n’était « pas bonne pour la paix ». Mais ce « n’est pas suffisant », a taclé le numéro 2 de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP), Saëb Erakat, avant les déclarations du responsable de la Maison-Blanche.

Donald Trump doit « dire à Netanyahu ça suffit, la colonisation afin de conserver l’option de la solution à deux États », a-t-il martelé. Pour Robert Satloff, analyste au Washington Institute for Near East Policy, « vu le fossé sans précédent entre les deux camps, les conditions d’un accord de paix ne sont pas réunies ».

Négociations bilatérales

L’expert conseille à Washington une politique des petits pas entre Israël et les Palestiniens, plutôt que de « pousser pour la reprise de négociations bilatérales à la recherche d’une solution globale » au point mort depuis près de trois ans.

Benyamin Netanyahou compte aussi dire à Donald Trump tout le mal qu’il pense de l’Iran, la bête noire de l’État hébreu. Le chef du gouvernement israélien fut l’un des plus farouches détracteurs de l’accord sur le nucléaire iranien conclu en 2015 entre Téhéran et les grandes puissances, et Donald Trump, s’il a apparemment renoncé à « déchirer » ce règlement international scellé par son prédécesseur Barack Obama, le considère aussi comme un texte « désastreux ».

Faisant allusion à la puissance chiite iranienne, Benyamin Netanyahou a assuré lundi que « le président Trump et (lui) voy(aient) d’un même œil les dangers émanant de la région ».

Connexion

Si vous êtes inscrit, la connexion vous donne accès à certaines informations privées.

Inscription

Si vous n’êtes pas encore inscrit, demandez à l’être :

Inscription

Calendrier

Octobre 2018
D L Ma Me J V S
30 1 2 3 4 5 6
7 8 9 10 11 12 13
14 15 16 17 18 19 20
21 22 23 24 25 26 27
28 29 30 31 1 2 3