Le Père Henri Sanson, jésuite, est né en Algérie et y a vécu plus de cinquante ans. Il est donc bien placé pour parler à la fois de lislam et du christianisme. Dans L’Islam au miroir du christianisme (collection Conversations, éditions Fidélité à Namur et Salvator à Paris, 2001, 126 pages), il resitue les dogmes respectifs éclairés par une étude sérieuse et sans complaisance d’aucune sorte. En voici des extraits pour en préparer la lecture.

Sommaire

1. Premières approches

a. Quel christianisme, quel islam ?

Pour ce qui est du christianisme, je m’en tiendrai à lenseignement de lÉglise catholique, apostolique et romaine, en référence à son récent Catéchisme universel (Catéchisme de l’Église catholique).

Pour ce qui est de l’islam, je men tiendrai à l’islam sunnite. Celui-ci est moniste…, coranique…, malékite…, légaliste…, orthodoxe…, classique… »,

tel quil est enseigné en Algérie et reconnu par la grande majorité des musulmans qui se déclarent sunnites.

Ils en réfèrent tous à ses principaux concepts de base : Mohammed, Dieu, le Coran, les pratiques culturelles, la cité, l’homme, « Issa » ou Jésus.

Un dernier mot. Reprenant une expression de Nostra ætate (1965) de Vatican II, je m’appliquerai à parler avec « estime » de cet islam au miroir duquel mon christianisme cherche également à se mieux connaître.

P. 10.

b. Mohammed prophète, Jésus Dieu

La foi des musulmans se trouve ramassée dans cette attestation : « Il n’y a de dieu que le Dieu, et Mohammed est son prophète. » (…)

Pour tout musulman, Mohammed, le prophète envoyé par Dieu, est le fondateur de l’islam et l’exemple de l’obéissance à la loi de Dieu. (…)

Peut-on dire que, pour les chrétiens et notamment les catholiques, Jésus est, lui aussi, à la façon de Mohammed pour Dieu et l’islam, le prophète-envoyé-messager de Dieu et du christianisme ? Oui, mais seulement d’une manière analogique. De fait, alors que le message apporté par Mohammed est un livre, le Coran, le message apporté par Jésus est sa propre personne, à la fois Dieu et homme. C’est pourquoi le christianisme est une personne, Jésus-Christ, avant d’être un livre, fût-il celui des Évangiles.

P. 11-13.

c. Le Livre, le Coran

L’islam est une religion du Livre parce que le Coran y est le livre de Dieu. (…)

Le rapport au Coran et à la Bible n’est pas le même structurellement parlant :

  • Pour les musulmans, le Coran, parce qu’il est de Dieu et de Dieu seul, doit être entendu selon la lettre. Pour les chrétiens, la Bible, parce qu’elle est, à la fois, de Dieu et aussi des hommes, doit être entendu selon l’esprit signifié par la lettre.
  • En islam, bien que le texte du Coran n’ait été fixé que vingt-cinq ans après la mort de Mohammed, on considère que l’adéquation du texte au dit de Dieu est, par « miracle », parfaite. De la Bible, l’Église pense que les textes ne sont que des témoignages inspirés par Dieu.

d. Les pratiques

Il s’agit ici des pratiques de la foi. Se dire musulman, c’est en référer aux pratiques de la foi, que ce soit pour les observer, que ce soit pour les dédaigner, que ce soit pour en tempérer l’exercice. (…)

Se trouvent regroupées ici aussi bien les pratiques culturelles (les cinq piliers de l’islam : l’attestation du Dieu unique et de son prophète Mohammed, la prière, le jeûne, l’aumône et le pèlerinage à La Mecque) et les pratiques juridiques (charia, droit, prescriptions) que les pratiques festives (premier jour de l’année hégirienne, naissance de Mohammed et, plus encore, les deux fêtes qui suivent le ramadan…). (…)

Toutes ont en commun d’être perçues comme relevant de la volonté même de Dieu.

Là est leur originalité. Celle-ci, en l’occurrence, n’est pas sans analogie avec celle du judaïsme, mais elle est différente de celle du christianisme. (…) Du judaïsme au christianisme, on passe de l’obéissance aux prescriptions à la liberté spirituelle. Du christianisme à l’islam ? Dans les deux cas, il s’agit de religions de la volonté de Dieu ; mais alors que, dans l’islam, cette volonté est toute faite, déjà écrite, dans le christianisme elle est en Église, à faire, à trouver, à discerner.

P. 39-40.

Ensuite, le Père Henri Sanson donne quelques explications sur les pratiques de la foi, les dogmes, les cinq piliers, d’autres pratiques, pour terminer sur « la religion comme référent premier » :

En islam, la religion est le référent premier aussi bien de la vie privée que de la vie publique (l’islam y est même la religion de l’État), et c’est à l’État d’en assurer l’exercice (l’islam est aussi religion d’État). En Occident, il en a été de même durant des siècles. Aujourd’hui, avec la laïcité, il en va différemment, et le christianisme s’en accommode et même s’en félicite.

P. 45-46.

e. La Cité

L’État n’est pas la Cité, ni la Cité l’État. (…)

L’État n’est pas la Cité : il désigne la forme d’autorité et de gouvernement qui préside au destin de la Cité. La Cité n’est pas l’État : elle désigne le groupe humain réuni, sur un territoire donné, sous l’autorité et le gouvernement d’un État. (…)

Ce qui importe (aux musulmans) au premier chef, c’est l’islamité de leur Cité. Avant tout, que l’État, quelle que soit sa forme, fonctionne au service de la Cité et d’abord de son islamité ! Pour eux, la forme de l’État relève, au fond, de l’opportunité, alors que l’islamité de la Cité est une fin. Il convient, en effet, que la Cité soit à l’image de l’Umma (c’est-à-dire) que tout devrait y être organisé islamiquement : aussi bien le religieux que le culturel, le politique, le social, l’économique, le scolaire, l’universitaire…

L’Umma est tout simplement l’islam, c’est-à-dire tout ce qu’il y a de musulman dans la création, aussi bien ce qui l’a été de façon prééternelle que ce qui l’est actuellement ou qui le deviendra. Elle préfigure l’humanité qui, renouant avec son pacte constitutif d’obéissance à Dieu, se rassemble au sein d’une même soumission à son seul Maître et Seigneur, le Créateur. (…)

Pour les islamistes, l’idéal est non seulement la cité islamique, mais également « l’État islamique », la Cité et l’État étant soumis à la charia. (…)

Sans doute, il y a, pour les Catholiques, une Cité du Vatican avec son État (le plus petit pays souverain du monde). Mais l’Église en tant que telle n’est ni une Cité ni un État. Elle est une communauté de personnes dans laquelle l’autorité et le gouvernement sont de nature spirituelle, et cela avant de l’être de nature temporelle. Plus précisément encore, comme communauté de personnes, l’Église est moins, comme dans l’islam, un rassemblement d’individus qu’un corps de membres dont la tête est le Christ. (…) Saint Augustin a parlé de la Cité de Dieu ; mais, en l’occurrence, il s’agissait de la cité spirituelle intérieure à la Cité terrestre.

P. 61.

Le Père Henri Sanson développe avec beaucoup de détails ce caractère particulier de la Cité islamique. À propos de la laïcité, il conclut :

Par contre, les musulmans ne sauraient s’accommoder d’une laïcité d’État qui serait non seulement agnostique, mais laïciste, et qui, dans la pratique, relèguerait les religions dans la vie privée, chercherait à en étouffer l’existence, ne fonderait la morale et le droit public que sur le critère de la majorité électorale, prônerait l’avènement de sociétés sans aucun repère transcendant. Cette laïcité-là, les musulmans la qualifient, au sens péjoratif, de matérialiste.

P. 63.

2. Qui est Dieu ?

a. Dieu

La représentation islamique de Dieu est multiple : l’islam lui donne 99 noms ou attributs. Cette multiplicité dans l’ordre de la représentation de Dieu, on la trouve dans l’Ancien Testament. Toutefois, ce qui frappe davantage dans la représentation islamique, du moins prise dans sa globalité, c’est que Dieu y est ce que l’on appelle assez souvent un Tout-Autre : un Tout-Autre radical qui en appelle à une soumission entière (islam veut dire « obéissance » ou encore « soumission »).

Au regard de cette représentation, celle du chrétien est non seulement un Tout-Autre (radicalement autre que moi), mais aussi celle d’un Autre de moi (à l’image et à la ressemblance duquel j’ai été créé) qui m’habite et m’invite à une relation non plus seulement de soumission, mais d’intimité (et même d’intimité mystique).

La représentation chrétienne d’un Dieu à la fois Tout-Autre et Autre-de-moi se trouve complétée par celle d’un Dieu partenaire invisible d’existence qui, par sa grâce spirituelle, accompagne et assiste nos libertés.

P. 15.

b. Dieu est grand, Dieu est amour

L’homme se nourrit aussi de l’idée d’une immensité sans mesure : l’islam se la représente sous les traits de la grandeur ; le christianisme se la représente sous les traits de l’amour ; dans un cas, Dieu est dit plus grand et, dans l’autre, il est dit charité et infiniment bon.

Mais, si l’islam et le christianisme sont, l’un et l’autre, des religions de la transcendance, le christianisme est aussi une religion de l’immanence : Dieu demeure en l’homme, et l’homme se doit de demeurer en Lui : « Demeurez en moi, dit Jésus, comme je demeure en vous. » Et cette double immanence est, à son tour, sans mesure assignable.

P. 19.

c. Dieu et sa création

Il existe une différence considérable, entre l’islam et le christianisme, au sujet de l’idée du Créateur dans son rapport à la création. Dans l’islam, Dieu crée hors de lui, en gardant, de l’extérieur, la gestion et le contrôle de ce qu’il a créé. Dans le christianisme, le créé est, à la fois, hors de Dieu et en lui. Comme saint Jean le fait entendre dans le prologue de son Évangile, rien n’est créé ou fait qui ne le soit non seulement par Dieu, mais en Lui. C’est également ce que suggère saint Paul quand il affirme que tout est en devenir et en récapitulation dans le Christ Jésus. Dans ces conditions, le créé est, à la fois, extérieur à Dieu qui le produit et intérieur à Dieu dans lequel il s’accomplit. L’existence de l’univers et, en lui, de l’humanité est, à la fois, gérée et contrôlée de l’extérieur et en devenir en Celui qui les a créés et les fait persévérer dans l’être. C’est du dehors et du dedans que Dieu accompagne et assiste sa création. L’homme, en tout cela, est non plus seulement le serviteur de son maître et seigneur, mais aussi son collaborateur et partenaire, son conjoint.

L’islam sépare le créateur et sa création. Le christianisme les intègre : la création devient par Dieu, en Dieu, pour Dieu.

P. 21.

d. Dieu miséricordieux

« Au nom de Dieu, clément et miséricordieux ! » (…)

L’islam et le christianisme sont, l’un et l’autre, des religions non seulement de la miséricorde de Dieu, mais aussi de la miséricorde des hommes les uns à l’égard des autres. Avec toutefois une différence. Si, dans l’islam, le musulman doit être miséricordieux, c’est parce que Dieu le lui prescrit et en fixe les limites (ne serait-ce qu’à l’égard de l’athée). Si, dans le christianisme, l’homme doit être miséricordieux (« Soyez miséricordieux comme votre Père des cieux est miséricordieux »), c’est parce que, créé à l’image et à la ressemblance de Dieu, il est, par création, miséricordieux déjà et pas encore.

Dans les deux cas, la miséricorde est prescrite à l’homme : mais, dans le premier cas, comme à celui qui par nature n’est pas miséricordieux ; dans le second, comme à celui qui se doit de le devenir pour se conformer à la nature qu’il tient de sa création.

P. 24.

3. Qui est l’homme ?

a. La question sur l’homme est centrale…

En tout cas, l’intelligence de l’anthropologie chrétienne trouve des précisions caractéristiques quand elle est conduite au miroir de l’anthropologie islamique.

Trois caractères de l’anthropologie interactive islamo-chrétienne retiendront davantage notre attention :

  1. L’islam et le christianisme sont des religions de Dieu, du culte à rendre à Dieu. L’une et l’autre sont-elles des religions de l’homme ? L’islam l’est certainement dans la mesure où il affirme une anthropologie de l’homme par Dieu et pour Dieu. Le christianisme l’est également dans la mesure où il propose une anthropologie de l’homme non seulement par Dieu et pour Dieu, mais aussi s’accomplissant en Dieu.
  2. L’islam et le christianisme sont des religions de l’obéissance à Dieu. Cela est évident pour les musulmans, le mot islam signifiant précisément « obéissance » ou « soumission » (l’obéissance y est de soumission). Quant au christianisme, s’il est, lui aussi, une religion de l’obéissance à Dieu (« Je suis la servante du Seigneur » […] « Je suis venu, Père, pour faire ta volonté »), il est également une religion de la liberté de l’homme (l’obéissance y est de liberté).
  3. L’islam et le christianisme sont des religions de la joie spirituelle. Il est frappant de constater la joie et la paix qu’éprouve le musulman de se savoir soumis à Dieu non seulement en tant que tel, mais aussi à travers les événements du monde et de l’histoire. Mais, s’il y a de la joie spirituelle à l’obéissance et à la remise de soi, il y a aussi, dans le christianisme, de la joie spirituelle à se déterminer de façon libre, à ses risques et périls, pour « faire » — « trouver » la volonté de Dieu. Il y a une mystique de l’obéissance soumise ; il y a une joie de l’obéissance libre.

P. 47-48.

b. Homme et création

Le rapport de Dieu à l’homme et de l’homme à Dieu s’organise, dans l’islam, au sein d’un système dualiste.

L’homme musulman, dans son rapport à Dieu, est par nature une créature, rien qu’une créature. En exprimant cette distance de façon spatiale, il y a, d’un côté, au sommet, Dieu (puis le Livre qu’Il a dicté, et la Loi qui en découle) et, de l’autre côté, en dessous, il y a le monde et, dans le monde, les hommes. Entre ce qui est en haut et ce qui est en bas, il y a une différence de nature infranchissable, celle qui sépare l’incréé du créé. (…)

Au miroir de ce dualisme islamique, il est loisible de prendre une nouvelle intelligence de l’originalité structurelle du christianisme. Dieu y est, en effet, à le fois le Tout-Autre (transcendant) et l’Autre (immanent) de l’homme. Il y a distinction et participation. En Jésus-Christ, l’homme est révélé à lui-même. Il doit lui devenir semblable pour être homme en plénitude. Ce que le Christ est par nature, homme et Dieu, l’être humain l’est par création et il le devient par grâce et liberté.

P. 48-49.

c. Homme serviteur

Le Dieu de l’islam est non seulement le Créateur, mais aussi le Maître et Seigneur. Comme Créateur, il est plus grand, de telle façon qu’il transcende sa création. Comme Maître et Seigneur, il requiert de ses créatures humaines l’obéissance. L’homme est, par nature, serviteur : créature servante. (…)

Dans le christianisme, l’homme se soumet, non pas à un Dieu qui donnerait des ordres, mais à un Dieu qui en appelle à sa conscience et à sa liberté. La volonté de Dieu est alors, non pas un tout-fait à exécuter, mais un à-faire pour répondre au mieux à ce à quoi on est appelé. Une chose, l’obéissance à des ordres, à plus forte raison écrits ; une autre chose, l’obéissance la réponse à une attente… La liberté du serviteur est de ne pas désobéir, et même d’obéir de son mieux au Maître et Seigneur ; la liberté du Fils est de prévenir la volonté du Père, de collaborer à ses projets, de se vouloir inventif à son service. La première est d’exécution ; la seconde relève du partenariat, de la collaboration et de l’inventivité.

P. 50-51.

d. Homme et fraternité

Après l’obéissance à Dieu, passons au rapport à autrui. Dans le christianisme, le rapport à Dieu se caractérise par la filiation, et le rapport à autrui par la fraternité. Dans l’islam, la rapport à autrui se caractérise aussi par la fraternité. Mais celle-ci n’est pas entendue de la même façon que dans le christianisme.

Dans l’islam, la fraternité obéit à une norme confessionnelle. Le frère est, à proprement parler, le frère selon la foi. Viennent ensuite « les gens du Livre », juifs et chrétiens, considérés en quelque sorte comme des demi-frères selon la foi. Au-delà, il y a tous les autres, qualifiés, selon le cas, soit d’amis, soit d’ennemis, mais considérés, de toute façon, comme athées, non-frères. (…) Tout cela en langage collectif de référence. Car, l’expérience le prouve, les rapports entre personnes de confessions différentes peuvent être, de la part des musulmans, confiants, amicaux, gratifiants. (…)

Dans le christianisme, chaque homme est fils d’Adam à titre non pas de serviteur, soumis et obéissant, mais de fils de Dieu créé à son image et appelé à devenir, par grâce et liberté, à sa ressemblance.

L’Église reconnaît la dignité de tout homme, baptisé ou non, du moment qu’il s’emploie à se conduire au mieux de sa conscience et de sa liberté. Elle aime les hommes de bonne foi et de bonne volonté.

P. 53-54.

e. Les hommes, les femmes

Du point de vue théologique,

la femme musulmane est, comme l’homme, de la race d’Adam, de la communauté des croyants du Coran et du groupe des pratiquants de la voie droite donnée par Dieu. En conséquence, elle est revêtue de la même dignité de la personne humaine que l’homme musulman. Adamique, croyante et pratiquante, la femme jouit d’une dignité égale à celle de l’homme. Tout cela semble parfaitement exact, mais seulement théologiquement parlant, car dans la pratique, cette égalité en dignité peut être déniée, voire bafouée. (…)

La pensée de l’Église à l’égard de la femme est beaucoup moins précise aujourd’hui que par le passé, et cela en raison de l’évolution, souvent contrastée, des mœurs et des recherches sur ce sujet. (…) Il reste qu’en ce qui concerne la statut de la femme, l’Église est libre. Elle est libre parce qu’elle n’est liée, de façon déterminante, par aucun modèle de société, soit nécessaire, soit préétabli, soit révélé.

Plus généralement en ce qui concerne les droits de l’homme. En islam, ce sont les droits de Dieu qui, le plus souvent, sont affirmés plutôt que ceux de l’homme. Les droits de l’homme, en effet, ne sont que des droits conférés, directement ou indirectement, par Dieu à ses serviteurs. Dans le christianisme, on parle, en plus, des droits de l’homme en tant que tel ; les droits sont ceux de l’homme, créé libre à l’image et à la ressemblance de Dieu, en quête de soi et finalement de Dieu.

P. 54-56.

f. Modèle de l’homme

Dans le cas de l’islam, ce modèle est Mohammed. Dans celui du christianisme, c’est Jésus. Mais le rapport de l’homme à son modèle n’est pas le même dans un cas et dans l’autre.

Dans l’islam, Mohammed est le modèle de l’homme musulman non pas tant comme messager de Dieu (…) que comme pratiquant de la voie droite tracée dans le message coranique. C’est comme pratiquant exemplaire qu’il est le modèle à imiter. (…)

Il n’en va pas de même dans le christianisme. Sans doute, Jésus est le modèle de l’homme chrétien. Mais il ne s’agit pas tant de l’imiter que de s’en inspirer. (…)

Entre l’islam et le christianisme, il y a ici toute la distance qui existe entre un modèle à imiter, et un modèle dont on s’inspire.

P. 57.

g. Jésus dans l’islam : Jésuslogie

Traiter de jésuslogie, ce sera ici traiter de Jésus dans l’islam et le christianisme, ou encore de celui que le Coran appelle ‘Issa et que les Évangiles nomment Jésus.

Or, de façon décisive, entre l’islam et le christianisme, il y a le ‘Issa du Coran et de l’islam, d’un côté, et de l’autre, le Jésus des Évangiles et du christianisme. De fait, ‘Issa/Jésus est, pour les musulmans et les chrétiens, de façon contradictoire, à la fois, un personnage sans pareil qui, en cela, leur est commun, et un personnage étonnant qui, à cet égard, les sépare. De part et d’autre, on diffère à son sujet non pas tant sur sa nature humaine que sur sa nature divine.

P. 71.

Sur plusieurs pages le Père Henri Sanson développe une « jésuslogie » (Jésus dans l’islam) pour la distinguer de la christologie chrétienne : Jésus et le Christ, c’est tout un : Jésus-Christ, Jésus le Christ, le Christ Jésus, Fils de Dieu, son Fils unique, Dieu.

La jésuslogie musulmane fait de ‘Issa un personnage non pas tant du présent que du passé et de l’avenir (…) pour la fin des temps et le jour du Jugement. (…)

Au miroir, il est notable que la jésuslogie chrétienne fait de Jésus une personne non seulement du passé et de l’avenir, mais aussi du présent : de notre présent et de celui du monde. Jésus est aussi le Christ, le Vivant. Son existence est, à la fois, historique et, parce qu’elle est éternelle, transhistorique. (…)

Il est aussi d’un présent, celui du déroulement de l’histoire, de la Genèse à l’Apocalypse.

P. 79-80.

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